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« Le statut de Major est une ambition inspirante »… Le marathon de Paris a-t-il les moyens de ses ambitions ?

Tous les changements opérés sur le marathon de Paris ont pour but de le voir intégrer l’élite des courses mondiales, mais est-ce possible en l’état ?

Bien des choses ont changé pour le marathon de Paris 2027, depuis la reprise de son organisation par le groupe Cadence. Tirage au sort, changement de parcours, de partenaire et même d’identité visuelle… Les dispositifs d’accès aux dossards et leurs modalités ont évolué. Le groupe ambitionne même d’atteindre la parité d’ici 2030, en mettant en place un accompagnement spécifique dédié aux femmes. Et derrière toutes ces transformations se cache un objectif bien précis : faire partie des plus grands marathons du monde.

« Notre ambition est que le Marathon de Paris franchisse progressivement un cap »

Pourquoi tous ces changements avec le marathon de Paris ? Pour s’aligner avec les « World Marathon Majors » réunissant New York, Boston, Chicago, Tokyo, Londres, Berlin, et depuis l’année dernière Sydney.

Interrogé par 20 Minutes, Laurent Sturtz, président de Cadence Running United, ne cache pas son désir d’emmener la distance reine parisienne au panthéon de ces marathons d’élite : « Notre ambition est que le marathon de Paris franchisse progressivement un cap et affirme encore davantage sa place parmi les très grands rendez-vous mondiaux de la discipline ». Eddy Ferhi, directeur marketing d’Asics France avoue à son tour que « le statut de Major est évidemment une ambition inspirante ». « Dire que le sujet n’a jamais été évoqué avec Cadence ne serait pas dire toute la vérité », confie-t-il à notre journal.

Pour ce faire, le groupe Cadence déclare « s’inspirer » des plus grands pour cette 50e édition, le 4 avril 2027. Eddy Ferhi affirme vouloir « créer l’expérience la plus pertinente et la plus mémorable possible pour les coureurs sur cette première édition d’un nouveau cycle ». Mais pour Yasmine Cherif, sociologue du sport, ce changement traduit aussi la vision du sport actuelle.

Participer à un marathon n’est plus seulement une façon de montrer son engagement, prendre du plaisir, cela devient aussi « un trophée social ». « Certains vont jusqu’à parler de « collectionner » les Majors comme si l’on cochait une liste », avance-t-elle. Liste sur laquelle Paris veut désormais figurer.

Le marathon de Paris peut-il devenir un major ?

Mais alors, le marathon de Paris peut-il vraiment prétendre à entrer dans cette sorte de Team Avengers de la course à pied ? Oui, mais « l’enjeu reste clairement le prestige », décrypte la sociologue du sport. « Le premier signe d’un succès, c’est quand trop de gens veulent courir et qu’il faut tirer au sort ». C’est déjà une case de cochée pour l’Asics marathon de Paris avec ses 166.000 inscriptions pour deux fois moins de dossards. Toujours est-il que ce n’est pas suffisant. Bien qu’impressionnant, ce chiffre paraît anecdotique face aux 1,33 million d’inscrits à la loterie du Marathon de Londres 2027.

Les conditions pour rentrer dans les Majors sont aussi coriaces que Parcoursup. « C’est un « club » qui s’ouvre au compte-gouttes », grimace Yasmine Cherif. « Dans un premier temps, il faut candidater, puis faire l’objet d’une évaluation sur plusieurs années qui porte sur la qualité du parcours, le niveau du plateau élite, l’attractivité auprès des coureurs étrangers mais aussi la couverture médiatique », explique-t-elle.

Outre les nouveaux dispositifs, le Marathon de Paris doit aussi gagner en visibilité, en coureurs étrangers, en sponsors, mais aussi en retombées touristiques (restauration, hôtels…). Comment ? « En attirant un plateau élite de meilleure qualité, en reconsidérant son parcours et l’organisation de la course en elle-même », énumère Yasmine Cherif. Des points sur lesquels le groupe travaille déjà. « Nous avons une vision sur plusieurs éditions : faire grandir la dimension sportive de l’événement, renforcer son rayonnement international, tout en préservant ce qui fait sa singularité et son ancrage parisien », assure Laurent Sturtz.

Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais dans la durée. « 2027 sera une première étape, dont nous tirerons aussi les enseignements pour continuer à progresser les années suivantes », répond le président de Cadence avec lucidité.

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