Retour
Il y a des défaites qui rassurent. Pour Yannick Cahuzac, celle concédée mardi face au Sporting (0-2) en Ligue des champions en fait visiblement partie. Vendredi, en conférence de presse à la veille du déplacement à Troyes (samedi, 20h45, 7e journée de Ligue 1), l’entraîneur lensois a tenu un discours résolument positif, rapporte Orange Sports. « J’aime beaucoup ce qu’on dégage et j’estime qu’on est sur le bon chemin », a-t-il lancé.
Fier de ses joueurs malgré le revers européen, il reconnaît les erreurs commises mais salue l’état d’esprit et l’envie de son groupe. Le message est clair : on ne change pas une philosophie après une défaite.
Bonne nouvelle pour les Sang et Or : Jean-Clair Todibo fait son retour dans le groupe, et pourrait même figurer dans le onze de départ. Un renfort précieux pour une défense qui doit composer avec l’absence de Jonathan Gradit, touché musculairement et forfait après avoir déjà manqué le match contre le Sporting. Maik Nawrocki et Abdallah Sima, eux, restent indisponibles pour une longue durée.
L’infirmerie se vide un peu. Juste ce qu’il faut.
Cahuzac n’a pas pris l’adversaire à la légère. Il attend une équipe de Troyes « très costaude, très agressive », et prévient : ce sera un match très difficile. Promu et avant-dernier de Ligue 1, l’ESTAC a pourtant tout du piège : un club qui joue sa survie, chez lui, avec l’énergie du désespoir.
Mais l’avant-match troyen a pris une tout autre dimension depuis vendredi. Le club aubois a annoncé la fin de sa collaboration, avec effet immédiat, avec son directeur sportif Jocelyn Blanchard, visé par une enquête judiciaire après des signalements de salariées pour des propos et gestes présumés à caractère sexiste. Les faits restent à établir.
Or Blanchard n’est pas un inconnu à Lens. Ou plutôt, c’est un nom qui fait partie de l’histoire récente du club : il en a été le directeur sportif à deux reprises, en 2011-2012 puis de 2013 à 2017. Ironie du calendrier, c’est donc face à son ancien club que l’ESTAC disputera son premier match depuis son départ.
Pour Lens, l’enjeu dépasse ce seul déplacement. Cahuzac l’a dit sans détour : le match de Troyes compte autant que celui de Bruges, quatre jours plus tard en Ligue des champions, puis que la réception du Paris FC, samedi 24 octobre. Trois rendez-vous, trois tests, dans une période où chaque point compte.
Arrivé sur le banc mi-septembre après le départ de Dino Toppmöller, l’ancien milieu lensois poursuit sa reconstruction. Rarement un entraîneur fraîchement nommé aura affiché une telle sérénité au cœur d’une semaine aussi chargée.
Ce samedi soir, dans un stade de l’Aube forcément particulier, Lens devra prouver que ce « bon chemin » mène aussi aux trois points. Les dés sont jetés.