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« Si on met de l’intensité, on l’emportera » : Camille Droguet et Basket Landes attendent Vilnius avec prudence mais détermination
Camille Droguet a vécu un an en Lituanie. Un séjour riche en enseignements, aussi bien concernant ses études pour devenir ingénieure que dans sa carrière de basketteuse.

Les Landaises disputent ce mercredi soir (19 h 30), face au Kibirkstis, leur premier match d’Euroligue de la saison à domicile. Une rencontre à ne pas manquer pour préserver leurs chances de qualification sur laquelle la capitaine bleu et blanc pose un regard particulier : elle a joué un an en Lituanie

Sur le papier, c’est l’équipe qui faisait le moins frémir dans ce groupe A d’Euroligue dont a hérité Basket Landes cette saison. Faisait car en sport plus qu’ailleurs, la vérité d’un jour n’est pas toujours celle de la semaine suivante. Il aurait d’ailleurs peut-être fallu se méfier de cette qualification tambour battant du Kibirkstis Vilnius pour la phase de poules (victoires 91-69 contre Poznan puis 62-81 à Sopron). Dernier arrivé, premier au classement au soir de la première journée : le club lituanien a totalement rebattu les cartes en quarante minutes et un 103-65 infligé aux...

Sur le papier, c’est l’équipe qui faisait le moins frémir dans ce groupe A d’Euroligue dont a hérité Basket Landes cette saison. Faisait car en sport plus qu’ailleurs, la vérité d’un jour n’est pas toujours celle de la semaine suivante. Il aurait d’ailleurs peut-être fallu se méfier de cette qualification tambour battant du Kibirkstis Vilnius pour la phase de poules (victoires 91-69 contre Poznan puis 62-81 à Sopron). Dernier arrivé, premier au classement au soir de la première journée : le club lituanien a totalement rebattu les cartes en quarante minutes et un 103-65 infligé aux Grecques d’Athinaïkos. De quoi mettre un peu plus en alerte les sens des Landaises au moment de disputer leur deuxième rencontre européenne de la saison.

Au final, cela ne change pas grand-chose aux affaires des joueuses de Julie Barennes qui avait prévenu avant même le match perdu à Saragosse (76-75 ap) : pour espérer quoi que ce soit, il faut déjà commencer par rester maître chez soi. Ce flou mystérieux qui entoure la formation lituanienne ne fait que rajouter à l’excitation de lancer leur campagne européenne 2026-2027 à domicile.

« On n’a pas le droit à l’erreur : il est extrêmement important de gagner pour engranger de la confiance et d’un point de vue purement mathématique. Le résultat de Saragosse fait mal à la tête mais il est aussi de bon augure parce qu’il veut dire qu’on est capable de jouer les yeux dans les yeux avec une belle équipe d’Euroligue. On a notre place ici. Maintenant il va falloir réitérer et faire même une meilleure prestation pour notre première à la maison, où l’Euroligue a une saveur vraiment particulière avec la banda. »

Championne de Lituanie

Ces propos sont de Camille Droguet. Peu importe la pression : la capitaine est tout sourire. Elle a doublement de quoi : elle a étudié un an à Vilnius, et donc joué au Kibirkstis, où elle tournait à 10,8 points de moyenne. Elle y a même été sacrée championne de Lituanie. C’était en 2021-2022. « Je suis trop contente de recroiser leur route. J’espère que j’aurai le temps d’aller me balader lorsqu’on ira là-bas », glisse l’arrière.

En attendant le 25 novembre, date de la manche retour, elle a hâte de saluer Justina Miknaite et l’assistante coach Sandra Linkeviciene, qu’elle avait alors côtoyées. Mais aussi l’arrière française Zoé Wadoux, « on a fait du 3x3 ensemble cet été ». La native du Pas-de-Calais sera d’ailleurs LA joueuse à surveiller : ses 11 points, 9 rebonds et autant de passes décisives (23 d’évaluation) contre Athinaïkos ont marqué les esprits, tout comme ses 19,7 points de moyenne inscrits en trois rencontres européennes.

« Il va falloir faire une meilleure prestation pour notre première à la maison, où l’Euroligue a une saveur vraiment particulière »

Son séjour, Camille se le remémore avec plaisir malgré un vrai choc culturel, avouant n’avoir guère retenu de mots de vocabulaire dans la langue locale, « à part les grands basiques et un gros mot. Ça a été une année riche en enseignements. Déjà, j’ai appris à parler anglais, totalement sur le tas. Mon accent est toujours catastrophique mais au moins je comprends et je me fais comprendre maintenant. J’étais la seule étrangère alors je n’avais pas le choix. J’ai aussi compris ce que ça représente de se retrouver seule dans un autre pays, sans sa famille, surtout que les Lituaniens sont assez froids et fermés, du moins au début. Depuis, j’essaie de me montrer la plus chaleureuse et accueillante possible avec les joueuses étrangères car je sais ce que c’est. »

La jeune femme prolonge : « Je me suis rendu compte que sur beaucoup de questions de société, on a de la chance de vivre en France : j’avais des coéquipières qui n’osaient par exemple pas dire à leur famille qu’elles étaient homosexuelles. J’ai adoré cette expérience à l’étranger, mais elle m’a surtout permis d’apprécier encore plus la vie en France. » Un relativisme dans lequel elle englobe aussi le côté basket. Camille la curieuse a évidemment absorbé ce qui s’est présenté à elle, même si, là aussi, elle avoue son étonnement sur certains aspects.

Camille Droguet a hâte de retrouver l’ambiance des grands soirs d’Euroligue à Mitterrand.
Camille Droguet a hâte de retrouver l’ambiance des grands soirs d’Euroligue à Mitterrand.

Attention aux tirs extérieurs

« Le jeu y est beaucoup moins intense, beaucoup moins dans la relance, le jeu de transition, la course. Le basket lituanien repose sur un jeu placé, avec beaucoup de tirs extérieurs. Un peu à l’opposé de Basket Landes où l’on court beaucoup, où on met beaucoup d’intensité. Même à l’entraînement, on faisait beaucoup de demi-terrain, c’était assez tranquille », pose l’infatigable capitaine, qui rigole : « Je crois que ça leur a fait du bien d’avoir quelqu’un d’un peu plus actif ».

Si les données ont forcément changé depuis quatre ans, Camille Droguet en est convaincue : « Si on arrive à mettre de l’intensité, de la course, si on prend les espaces et qu’on leur rend le shoot difficile, on l’emportera. » Une certitude qui dépasse très largement les suppositions envisagées sur le papier. Et alors Basket Landes pourra frémir, et seulement de plaisir.

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