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On connaît le Tour de France cycliste qui a lieu chaque mois de juillet : une épreuve sportive mondialement connue, mais celui qu’a réalisé Édouard, originaire de Buchy, est tout aussi méritant et valeureux. Ce jeune étudiant en géographie qui aspire à devenir professeur d’Histoire-Géographie a en effet enfourché son vélo, le 10 juin dernier pour un périple de 6 214 kilomètres à travers le pays, soit 45 départements traversés. Particularité : il a pris la route avec zéro en poche pour son hébergement ! Rentré le 20 septembre 2026, il nous a raconté son aventure, peuplée d’anecdotes en tout genre.
Des souvenirs plein la tête, il envisage d’ailleurs déjà de repartir à vélo, destination cette fois l’Angleterre, peut-être au printemps prochain.
Deux sacoches pour transporter ses affaires, c’est-à-dire le strict minimum, des sacoches de selle, de cadre, certaines sur les roues avant et une autre sur le guidon : c’est ainsi équipé qu’Édouard a pris le départ, avec 11 kilos à transporter, comprenant notamment sa tente de camping pour les bivouacs improvisés.
C’est en effet l’une des gageures de ce périple à vélo entrepris par Édouard : trouver en cours de route des lieux pour planter sa tente, voire, éventuellement être hébergé chez l’habitant. « J’ai entrepris ce voyage pour me guérir un peu de mon anxiété et de mes crises d’angoisse. Même si j’étais un peu pétrifié avant de partir, je dois dire que ce voyage a été une vraie thérapie », raconte Édouard. Les premiers jours, il n’osait pas aller vers les gens, mais au fur et à mesure des kilomètres, il s’est pris au jeu des rencontres et s’est forgé une vraie confiance en lui.
« Les premiers jours, en Normandie, je n’osais pas demander et j’ai planté ma tente le long des pistes cyclables : j’ai eu un peu peur au début mais je n’avais rien trouvé d’autre. Puis quand je suis arrivé en Bretagne, je suis allé au-devant des gens. J’ai reçu bon accueil et les gens m’ont même hébergé chez eux », sourit Édouard, qui se remémore les riches rencontres humaines qu’il a vécues au cours de cet extraordinaire voyage.
De passage à l’Île de Ré, il a eu la chance de pouvoir dormir chez des « locaux, des personnes qui vivent sur l’île depuis dix générations », précise Édouard. Puis un peu plus tard, il a discuté avec un homme qui collait des affiches et qui lui a montré les maisons qu’il vendait… Plus tôt dans son voyage, à Dieppe, c’est avec un habitant de Metz qu’il a sympathisé et promesse a été faite qu’ils se retrouveraient plus tard, à Metz justement.
Rouen, Lisieux, Caen, le Mont-Saint-Michel, Rennes, Angers, Tours, Chambord, La Rochelle, Biarritz, Carcassonne, Perpignan, Béziers, Montpellier, Avignon, Marseille, Nice, les Alpes via la route de Napoléon, Gap, Annecy, le Jura, le Doubs, puis Colmar, Strasbourg ou encore Lille, en effectuant une petite boucle en Suisse et le Lac Leman… à chaque étape, Édouard a découvert des paysages magnifiques et des gens chaleureux qui étaient comme une récompense précieuse après les efforts consentis sur son vélo.
Il ne faut en effet pas croire que le voyage s’est déroulé sans anicroche : même s’il n’a été victime que d’une seule crevaison sur le parcours, il a toutefois dû effectuer quelques petites réparations en cours de route. Mais qu’importe, le plus important pour Édouard était bien de faire des rencontres, d’échanger et de se forger de magnifiques souvenirs.
Au chapitre des difficultés, n’oublions pas, non plus, les périodes de canicule qui ont sévi au cours de l’été et qui ont surpris le jeune Bucheois alors qu’il devait aussi affronter des étapes difficiles, en montagne, avec des dénivelés imposants dans les grands cols alpins. Izoard, Lautaret, Le Galibier… des noms que les passionnés de Petite Reine connaissant et où se sont écrites de grandes et parfois tragiques histoires du cyclisme. Et c’est sur le chemin de ces gloires qu’Édouard a lui aussi pédalé pour écrire sa propre histoire.
Une histoire qui s’est déclinée en 72 étapes, dont la plus longue a atteint 150 km et la plus courte 35 km, « mais avec beaucoup de dénivelés ». Au final, Édouard éprouve la satisfaction d’avoir concrétisé son rêve : « Je voulais faire un grand voyage en parcourant la France. J’ai vu des paysages magnifiques, j’ai rencontré des gens extraordinaires », martèle Édouard qui ne manquait pas, chaque jour, d’appeler sa mère pour la rassurer. « Mes parents étaient un peu réticents au départ, de me laisser faire ce voyage, surtout ma mère, mais ils n’ont jamais tenté de me dissuader de partir », confie le jeune homme qui revient de ce périple avec une confiance en lui beaucoup plus affirmée et la certitude qu’il faut oser pour recevoir en retour.
Avant de repartir pour de nouvelles aventures, Édouard va donc poursuivre son cursus étudiant et il compte aussi écrire un livre pour raconter l’histoire qu’il vient d’expérimenter durant cet été. Il a également créé un compte Instagram sur lequel il a publié de nombreuses photos et vidéos qui témoignent de son aventure. Une belle histoire en tout cas, qui vient confirmer la célèbre expression selon laquelle « les voyages forment la jeunesse ».
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