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l'essentiel Dans le quartier du Mirail, un éducateur et quatorze jeunes enfants de l'AS Toulouse Mirail veulent faire changer les regards. Une génération dorée qui pourrait bien faire bouger les lignes dans un quartier trop souvent au cœur d'une actualité morbide.
Alors que ces derniers mois le quartier du Mirail à Toulouse faisait, encore, les gros titres pour des fusillades, certains se mobilisent pour décaper cette funeste image. Comme souvent, cela passe par le sport. Bamady Diakité est directeur de CLAE, mais aussi entraîneur à l’AS Toulouse Mirail depuis 12 ans. Aujourd’hui, il est à la tête d’une génération dorée, une équipe U11 qui figure parmi les meilleures de France.
Au-delà des performances sportives, cet éducateur, avant d’être entraîneur, se sert du football pour façonner la jeunesse de son quartier. "Je suis très très dur avec eux sur les questions de respect et de politesse. Le respect de soi et le respect des autres. Ce n’est pas le quartier qui va définir qui ils sont. Ce n’est pas parce que tu viens d’ici que tu es une mauvaise personne. Tu te définis par tes actes, ta façon d’être et de penser. C’est ça que je leur répète. Le foot reste un prétexte pour leur inculquer tout cela." Pour ce faire, les trois entraînements par semaine sont un bel outil de travail.
Mais ce n’est pas tout ! Une fois par mois, minimum, l’équipe fait des sorties hors football. Dernière en date : la fête foraine. Comme une grande famille. "Ils ont grandi avec moi et j’ai grandi avec eux aussi, dézoome Bamady Diakité. Et j’essaie de repousser les limites à chaque fois. Que ce soit dans le foot mais aussi dans leur confiance en eux. C’est comme une petite famille." Impliqué jusqu’au bout, l'éducateur de 35 ans n’hésite pas à mettre des sanctions. "Ils jouent tous s’ils sont disponibles. La seule fois où je peux dire non, c’est s’il y a un problème de comportement."
Et ce, que ce soit sur le terrain, à l’école ou même à la maison, étant donné qu’il assure un lien fort avec les parents et les professeurs. Pour quatre d’entre eux, et à la demande des parents, c’est même lui qui assiste aux réunions parents/professeurs. Preuve que ce travail fonctionne, les 14 enfants, dont leur capitaine élue à l’unanimité, Leyla, ont tous évolué vers le positif que ce soit à l’école ou dans leur comportement.
Et cela se répercute sur le terrain ! Meilleure équipe d'Occitanie l’an dernier et sixième de la Coupe de France U11, les jeunes de l’ASTM se sont fait un nom. Ils ont d'ailleurs été invités à l’IscarCup en mars prochain. Un tournoi à Madrid où se rassemblent quelques-uns des meilleurs clubs professionnels espagnols et français. "On a la chance d’être invités, mais au niveau budget, c’est compliqué. C’est un peu dur pour les familles donc je n'ai pas envie de les mettre en difficulté."
Et pour cause, rien que l'inscription de l’équipe coûte 4 000 € (2 000 € pour le club puisque l’organisation a fait un geste financier, Ndlr), sans compter le déplacement, l'hébergement et toutes les dépenses annexes. "C’est important sur le côté sportif puisqu’ils ont un très bon niveau, mais aussi sur le plan social et éducatif, car ils rencontrent d’autres personnes, de cultures différentes." C’est pourquoi les enfants sont à la recherche de sponsors et d’entreprises susceptibles de pouvoir les aider pour financer les déplacements cette saison à travers l’hexagone et à l’étranger. Une cagnotte a également été ouverte, pour que chacun puisse aider cette équipe qui dépasse les limites du sport.
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