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La jeune femme évolue dans la section roller sport du Biarritz Olympique omnisports. Début octobre...
La jeune femme évolue dans la section roller sport du Biarritz Olympique omnisports. Début octobre, elle s’est envolée pour l’Amérique latine avec l’équipe de France, sélectionnée pour les Championnats du monde de roller dans trois disciplines : le skatecross (course d’obstacles chronométrée), le teamcross (par équipes) et le saut en hauteur. Dans cette dernière, Mayrin tutoie les records mondiaux féminins. Au Paraguay, elle visait l’or.
« On a eu quelques jours pour s’acclimater, raconte-t-elle. Les entraînements se passaient à merveille. » Les qualifications individuelles confirment : elle signe le meilleur temps. En équipe, avec ses coéquipières françaises, elle décroche l’argent.
Puis, le sable se glisse dans les rouages. Pas de quoi encore faire dérailler la machine, mais un premier signe. « On est dans le couloir extérieur, donc avec les Italiennes, qui sont à l’intérieur, on arrive en même temps dans le virage. Instinctivement, j’ai envie de me décaler pour leur prendre l’intérieur. On va très vite et j’ai mes deux roues qui décrochent. » Elle tombe, mais se relève presque aussitôt, replace sa genouillère, repart. À l’arrivée : deux doigts cassés, un genou sérieusement écorché. Qu’importe. Les doigts solidement strappés, juste assez pour saisir les poignées de départ, la Biarrote reprend la compétition.
Mais la machine se grippe pour de bon en finale individuelle de skatecross. Mayrin occupe alors la deuxième place quand, juste derrière elle, une concurrente tombe. Son patin tourne et vient accrocher celui de la Biarrote. « Je suis devant, je tape l’épaule en premier et j’atterris sur le dos. Mon casque est cassé… Cette fois, je ne me relève pas », souffle-t-elle. Direction l’hôpital. Le verdict tombe : une inflammation acromio-claviculaire, sorte d’entorse de la clavicule, et une commotion cérébrale. A quelques jours de l’épreuve de hauteur pure (qui consiste à sauter au-dessus d’une barre horizontale), son épreuve de prédilection. « J’ai prévenu tout le monde que c’était mort… », soupire Mayrin.
« Ma plus grosse peur, c’était de tomber et de me refaire mal ailleurs »
« Mais un peu de temps passe et je me rends compte qu’avec le bras immobilisé, la douleur est là, mais elle n’est pas insoutenable. » L’épreuve de saut ne paraît plus hors de portée, mais il faut encore convaincre l’encadrement.
On teste : le bras est scotché autour de la poitrine de Mayrin. Elle tente les trainings de saut juste avant l’épreuve. « Je vois que j’arrive à passer la barre de 1m10. J’arrive à rester debout aussi, car ma plus grosse peur, c’était de tomber et de me refaire mal ailleurs. »
Elle a le feu vert pour disputer l’épreuve. « Je me suis motivée, j’ai scotché mon bras et j’ai passé 1,15 m là où mes concurrentes terminaient à 1,10 m. » La barre franchie, Mayrin vise plus haut, sans enjeu de classement : « Pour mon plaisir, je voulais absolument passer 1,25 m. » Mais avec le bras scotché, elle n’y arrive pas. Qu’à cela ne tienne. « J’ai coupé la corde et je suis allée sauter le 1,25 m. Et c’est passé ! » Un temps, puis un rire : « J’ai eu super mal », concède-t-elle.
Au bout du compte, elle repart du Paraguay avec deux médailles : l’argent en équipe et le bronze en saut individuel. « Malgré cette fin de compétition difficile, ces deux médailles constituent une très belle récompense pour Mayrin et pour la section roller sport du BO, qui voit une nouvelle fois l’un de ses athlètes porter haut les couleurs du club et de la France sur la scène internationale », réagit le club.
Pour l’athlète, ces mondiaux laissent un goût doux-amer. D’un côté, la fierté d’avoir persévéré jusqu’au bout, médailles au cou malgré la douleur. De l’autre, un deuil : « Celui de ces médailles d’or, qui étaient atteignables au saut et en skatecross. Beaucoup de frustration sur le moment, beaucoup de colère et de tristesse. »
À l’hôpital, elle ne se retrouve pas seule, puisqu’un autre athlète de l’équipe de France s’est blessé. « J’ai beaucoup relativisé en le voyant. On a beaucoup ri ensemble à l’hôpital. Ça m’a permis de digérer, car je n’étais pas toute seule. » Il y a eu aussi l’émotion de ses soignants et coéquipiers qui l’ont vue sauter malgré tout.