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À 60 ans, l’entraîneur de l’OM, Bruno Genesio, a frôlé la sortie de route avant même d’avoir vraiment démarré. Selon Jean-François Péres, du Journal du Dimanche, qui s’exprimait sur le live YouTube de La Tribune OM, il a « mis en jeu sa démission » au moment où la vente d’Igor Paixao à Sunderland semblait quasiment bouclée. Un coup de poker, ou plutôt un cri d’alarme, que personne n’avait vu venir au bord du Vieux-Port.
Pour comprendre ce geste, il faut mesurer le dénuement dans lequel Genesio a été plongé. Il savait qu’il arrivait dans un club soucieux de ses comptes, au lendemain des départs de Pablo Longoria et de Mehdi Benatia. Mais perdre Rulli, Balerdi, Medina, Timber, Aubameyang et Greenwood sans obtenir la moindre arrivée en échange. Les « recrues » de l’été se résument à des retours de prêt, de Cornelius à Meïté, et à quelques jeunes (Abdallah, Koum, Mmadi, Kamissoko) lancés dans le grand bain faute de mieux. Quand l’effectif fond à ce point, vendre le dernier atout offensif de poids, c’est demander à un chef d’orchestre de jouer sans pupitre de cordes.
Si Frank McCourt voulait encaisser 30 millions d’euros, Stéphane Richard et Grégory Lorenzi ont plaidé pour la patience. Le calcul se tient : Paixao, 26 ans, est sous contrat jusqu’en 2030, et sa cote n’a aucune raison de s’effondrer d’ici l’hiver, voire l’été 2027. À condition, bien sûr, que son entraîneur sache le mettre en valeur. Le message adressé à l’actionnaire est limpide : dans cette maison, la logique comptable a des limites, et elles s’appellent la crédibilité sportive et la cohérence d’un projet. Reste à savoir si ce répit est une vraie victoire ou un simple sursis.
Sur la pelouse, en tout cas, l’histoire commence à lui donner raison. Après un début de saison poussif, l’ailier brésilien a claqué deux buts en deux matchs de Ligue 1, face à Angers puis au Havre, de quoi justifier le pari de son coach. Genesio, déjà plébiscité par les supporters, a gagné là une double légitimité : celle du tribun qui a tenu tête à sa direction et celle du stratège dont l’intuition paie. Mais un ultimatum, même gagné, laisse des traces. Le prochain mercato dira si Marseille a vraiment entendu le message ou s’il s’est seulement offert quelques mois de calme.