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Route du Rhum : Éric Péron a quitté Brest, « si je ne casse rien, j’arriverai en Guadeloupe les bras levés »
Nouveau partenaire de l'équipe, l'hôtelier Oceania s'affiche désormais sur les voiles du trimaran.
Nouveau partenaire de l’équipe, l’hôtelier Océania s’affiche désormais sur les voiles du trimaran. ©Team French Touch Oceania

Installé à Brest depuis l’été dernier, le skipper Éric Péron voit son prochain rendez-nous nautique approcher. Mardi 20 octobre, il est arrivé à Saint-Malo à bord de son trimaran French Touch Océania, il y prendra le départ de la Route du Rhum, la transatlantique mythique dont le départ sera donné le 1er novembre prochain.

French Touch Océania, un trimaran de la classe Orma, est taillé pour l’épreuve. « Florence Arthaud et Laurent Bourgnon ont gagné la Route du Rhum sur des Orma », rappelle Éric Péron.

Il sait que son trimaran est une bête de course de 60 pieds (18 mètres) de longueur qui porte un mât de 32 mètres capable de déployer une cathédrale de voiles. Dans sa catégorie, les multicoques vintage, il peut prétendre à la victoire. « Si je ne casse rien, je pourrai arriver à Point à Pitre les bras levés, mais on sera quand même derrière les Ultims, qui affichent 40 nœuds de vitesse quand les Orma ne dépassent pas les 30 nœuds. » Tel est l’enjeu de la course et de la victoire : pousser le bateau à son maximum, sans le mettre sur le dos. Et tout cela en commençant l’épreuve par une traversée du golfe de Gascogne.

French Touch Oceania est arrivé au village de la Route du Rhum à Saint-Malo.
French Touch Océania est arrivé au village de la Route du Rhum à Saint-Malo. ©Team French Touch Oceania

28 entreprises locales à bord

La Route du Rhum est la première grande course de la team French Touch Oceania qui a pris un anneau au port du Moulin pour les cinq prochaines années. En créant un club de partenaires qui a séduit une trentaine d’entreprises de la métropole, Éric Péron a ouvert une voie dans le financement des écuries de courses.

L’hôtelier Océania vient également de s’engager à ses côtés jusqu’aux prochaines Fêtes maritimes. « C’est une bouffée d’air financier d’autant qu’Oceania hôtels est un acteur brestois de calibre et qu’entre nous le courant passe très bien ».

Ce partenariat pourrait aussi ouvrir de nouvelles portes à cette équipe originale qui a prouvé qu’avec un budget à taille humaine, la course au large peut être un domaine ouvert à toutes les entreprises locales. « Nous avons créé un nouveau modèle économique pour financer l’équipe et ce nouveau bateau est parfait pour cela et la rade de Brest est aussi idéale dans ce modèle », explique Éric Péron. Car entre les courses, les partenaires et d’autres entreprises naviguent aussi avec le skipper dans la rade de Brest dans le cadre d’opérations de communication ou de réunions de collaborateurs.

Une première transat au printemps

French Touch Océania est un bateau qui arrive de loin. « Nous l’avons acheté à un propriétaire de Chicago qui le faisait courir essentiellement sur les grands lacs américains », explique le skipper. Le trimaran a donc traversé l’Atlantique au printemps pour rejoindre son nouveau port d’attache, Brest.

15 écluses avaient été franchies lors de ce périple épique au contact des dernières glaces dérivantes de l’hiver depuis Chicago, en passant par les grands lacs, dont le Michigan et la descente du fleuve Saint-Laurent avant d’enfin rejoindre l’océan.

Hier en arrivant à Saint-Malo, French Touch Océania a franchi sa 16e écluse pour se positionner à sa place au sein du village de la course.

« Brest offre un plan d’eau idéal pour naviguer mais manque de professionnels pour travailler sur les bateaux de course », regrette Éric Péron. Tous se sont installés là où sont les équipes : à Lorient. L’installation de la team French Touch Océania Brest pourrait créer cet élan et attirer d’autres équipes dans la cité du Ponant. C’est aussi le but de l’équipe.

Mais en attendant, direction la Guadeloupe. Les Brestois et plus particulièrement les 28 entreprises partenaires seront tous à bord du trimaran d’Éric Péron pour cette traversée.

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