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« Ça fait 5 opérations en 3 mois, je n’ai jamais vu ça de toute ma vie » : le coach du Stade Rochelais Basket Germain Castano contrarié mais combatif
Germain Castano lors de la conférence de presse précédant le début du championnat.

Dans un début de saison complexe, La Rochelle, qui a recruté Timothé Crusol comme joker médical de Sasha Derradji, dispute à domicile face à Évreux vendredi 23 octobre (20 heures) un match très important dans l’orientation de sa saison. Interview de son entraîneur

Le Stade Rochelais vit une bien vilaine loi des séries concernant son effectif, et plus particulièrement ses recrues de la ligne arrière. Aux absences longue durée de Josh Bascoe (blessé en août et indisponible 4 mois) et de Jase Townsend (blessé en septembre, coupé de toute façon) s’est ajoutée celle de Sasha Derradji, n°1 à l’évaluation (23) et aux passes décisives (8,8), qui sera absent toute la saison (genou). Dix-huitième avant de recevoir l’ALM Évreux (vendredi 23 octobre à 20 heures), La Rochelle vit une crise d’effectif et n’est pas loin d’une crise de résultats...

Le Stade Rochelais vit une bien vilaine loi des séries concernant son effectif, et plus particulièrement ses recrues de la ligne arrière. Aux absences longue durée de Josh Bascoe (blessé en août et indisponible 4 mois) et de Jase Townsend (blessé en septembre, coupé de toute façon) s’est ajoutée celle de Sasha Derradji, n°1 à l’évaluation (23) et aux passes décisives (8,8), qui sera absent toute la saison (genou). Dix-huitième avant de recevoir l’ALM Évreux (vendredi 23 octobre à 20 heures), La Rochelle vit une crise d’effectif et n’est pas loin d’une crise de résultats. Son coach Germain Castano est contrarié mais combatif.

Lors de la conférence de presse d’avant-championnat, vous aviez dit que votre équipe n’était « pas prête » et que les cinq premières journées de championnat seraient « compliquées »…

Très honnêtement, ce 1-4, je l’avais imaginé… même si j’espérais autre chose. Je regrette de ne pas avoir pris un autre match, que ce soit Saint-Chamond (81-84) ou à Rouen (76-75), car malgré nos circonstances, il y avait la place. Désormais contre Évreux, ce n’est pas un match de basket, c’est une mission ! Il faut injecter de la victoire.

Ce match à Rouen, ce shoot de la gagne dont personne ne veut, n’est-ce pas le signe d’une équipe sans hiérarchie ?

Un match ne se joue pas dans les cinq dernières minutes. À la mi-temps, on doit tourner à +10 et on est à -2. La dernière action ? Si je ne m’excite pas comme un fou, personne ne prend ce tir. On dribble 1 000 fois. (Evan) Gilyard me regarde et doit se dire « apparemment, il faut que je shoote ». Le garçon est là pour prendre ce type de tir mais dans de meilleures conditions.

« Le petit (Evan) Gilyard, qui ne paie pas de mine, laissez-lui quinze jours et il va se mettre l’équipe dans la poche »

L’annonce de l’absence de Sasha Derradji pour toute la saison a marqué votre semaine, ce nouveau coup dur fait-il que la situation est de plus en plus préoccupante ?

C’est un mot trop grave. Ça fait cinq opérations en trois mois (Yetna, Bascoe, Townsend, Chiheb, Derradji), je n’ai jamais vu ça de toute ma vie. C’est dur d’avancer et c’est ce qui m’énerve le plus. J’espère très sincèrement que l’on n’aura plus de mauvaises nouvelles. Il n’y a pas de secret dans notre situation, il faut seulement se mettre à travailler avec la même équipe pendant quelques semaines. C’est l’unique ambition.

Existe-t-il des regrets d’avoir beaucoup fait jouer Sasha Derradji, qui était arrivé blessé de son stage estival en équipe de France U20 ?

Le souci de base c’est qu’on pète Josh (Bascoe) en présaison. C’est la théorie des « si ». S’il n’y a pas cette blessure, Sasha joue moins et alors peut-être que… C’est un cercle vicieux. Quand on joue à 8 au lieu de 10, on sait que mécaniquement on va augmenter les temps de jeu. Tu tires sur les mêmes. Tout est lié.

Je le suis depuis des années, il a toujours été dans mes listes. Le marché des meneurs JFL était restreint et on avait une contrainte budgétaire. On voulait un poste 1 avec de la taille, sinon on aurait empilé les joueurs « petits » dans ce secteur. C’est un garçon costaud, capable de défendre sur les postes 1, 2, 3 et même 4 sur certaines séquences. Il a une vraie intelligence de jeu. On a eu la chance de le signer vite.

Retour à votre spirale actuelle : quels sont vos leviers ?

Le début de saison est très difficile et l’enjeu est de limiter cette difficulté. Il y a deux options : soit on se met dans le droit chemin par la qualité de notre travail, on prend des victoires et ça va faire du bien à tout le monde ; soit on continue à se mettre dans la difficulté si on ne fait pas les efforts nécessaires. Là, on risquerait de s’exposer à une saison galère.

Une inquiétude flottait sur l’aspect leadership en début de saison, votre mauvaise séquence actuelle renforce-t-elle cette crainte ?

Aujourd’hui les seuls qui mettent du leadership, ce sont les coaches. Je pense que c’est un problème. Quelques joueurs doivent prendre ce relais. Le leadership, ce n’est pas qu’applaudir ou encourager, c’est un tout. Ce sont des exemples à donner, une façon de travailler, une méthode, des conseils, des gestes. Comme il y a des mecs qui, actuellement, ne performent pas comme ils le souhaitent, ils oublient un peu cet aspect. Il suffit d’une étincelle, d’un mec qui performe. Par exemple, Jimmy Boeheim montre son nez dans le leadership. C’est un grand timide, pas un vocal, mais il est écouté quand il prend la parole. Le petit (Evan) Gilyard, qui ne paie pas de mine, laissez-lui quinze jours et il va se mettre l’équipe dans la poche.

Y a-t-il quelque chose qui vous fait dire « pas de panique » ?

Je ne suis pas inquiet mais j’ai besoin de faits. Je parlais de mission contre Évreux dans le sens où je vais laisser trois minutes aux gars qui vont commencer et s’ils ne sont pas prêts, ils iront s’asseoir. Car moi je serai prêt. On est dans les meilleures attaques et on fait beaucoup de passes décisives, c’est bien, mais maintenant il faut arrêter d’encaisser 95 points. Et ça, ce n’est pas que de la tactique, c’est aussi accepter de ne pas perdre son duel.

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