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"Grandir au Canada m’a fait voir les choses différemment de certains Croates" : comment Niko Sigur, joueur de Toulouse, s'est construit entre ses deux pays
Niko Sigur, le Canado-Croate du TFC FREDERIC CHARMEUX

l'essentiel International canadien, le milieu de terrain Niko Sigur, qui découvre la Ligue 1 avec Toulouse, a également porté, dans sa jeunesse, le maillot de la Croatie, où sont nés ses grands-parents. Le milieu de terrain du TFC porte en lui l'histoire de ces deux pays qui ont forgé son identité, autant marquée par la foi que par l'expérience de la multiculturalité.

L'été dernier, Niko Sigur a vécu ce que peu de joueurs ont la chance de vivre dans leur carrière : des matchs de Coupe du monde à domicile, dans "sa ville". C'était avec le maillot du Canada, à Toronto, et il était entré en jeu sept minutes lors de la démonstration des "Canucks" face au Qatar (6-0). "C’était un rêve qui devenait réalité, et qui ne se reproduira probablement jamais", savoure le natif de Burnaby, de l'autre côté du pays, non loin de Vancouver.

L'histoire aurait pourtant pu être différente pour le milieu de terrain de 23 ans, qui a porté le maillot de la Croatie dans les catégories de jeunes, avant de définitivement choisir la nationalité sportive canadienne. La Croatie, Sigur y est relié par ses grands-parents, qui y sont nés, avant de traverser l'Atlantique au début des années 1960. Ses parents avant lui sont nés au Canada, où il a grandi, avant de découvrir la terre de ses aïeux à la sortie de l'adolescence. "Honnêtement, c'était surtout une opportunité sportive", glisse celui qui, alors qu'il évoluait avec les U19 du NK Radomlje, en Slovénie, a eu l'opportunité de rejoindre le Hajduk Split, l'un des clubs mythiques du pays. "Gamin, j’étais fan de Split, et la moitié de ma famille vient de Dalmatie, donc je voulais vraiment y aller, découvrir ce pays, qui est une part de qui je suis" concède tout de même le Canado-Croate.

La valeur travail en point cardinal

Aujourd'hui, l'ancien lycéen de Toronto supporter du Hajduk Split parvient à déceler ce qu'il est allé piocher chez l'une et l'autre de ces différentes cultures. "En Croatie, il y a des piliers importants, comme la famille et la religion. Je suis quelqu’un de très croyant, et très attaché à mes proches" raconte celui qui s'est installé à Toulouse avec sa fiancée à la fin de l'été. "Grandir au Canada m’a fait voir les choses différemment de certains Croates, je pense, parce que j’ai une perspective différente qui vient du fait que j’ai grandi entouré par des personnes d’horizons très différents, dans une société multiculturelle, très ouverte d'esprit. Au final, je suis un mélange de ces deux cultures. Parfois, les gens me disent, 'ah, ce côté de ta personnalité est très croate, ou à l’inverse, celui-ci très canadien', mais c’est parfois difficile à identifier. Il y a un peu partout dans qui je suis des marques de ces deux identités" s'auto-analyse l'international canadien (25 sélections), qui était à nouveau appelé par Jesse Marsch lors de la dernière trêve internationale.

Il retrouve toutefois certains points communs entre ses deux pays, comme la valeur du travail : "Je suis arrivé en Croatie à 18 ans, et j’ai découvert une ambiance où tout le monde travaille dur, ce qui caractérise les Balkans en général. Mais on retrouve ça aussi au Canada, et plus globalement dans la société nord-américaine. Je crois que c’est quelque chose qui me définit comme personne : je considère qu’il faut se relever les manches et travailler dur pour mériter tout ce qu’on a", pose le milieu de terrain qui voit le TFC comme "une nouvelle étape importante" de sa carrière, et où il est progressivement en train de se tailler une place dans le onze titulaire.

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