flag
back Retour
"On a des jeunes qui ne peuvent plus jouer" : vainqueur du plus grand tournoi de foot du monde des moins de 18 ans, pourquoi ce club de football se retrouve aujourd'hui sans licenciés ?
Les joueurs de l’équipe Une de Cap jeunes 31 pénalisés par les difficultés financières du club. DDM archives.

l'essentiel Le club de football amateur toulousain Cap Jeunes 31, qui œuvre dans les quartiers, est dans une mauvaise passe. Plombé par une dette de 6 000 euros, il ne peut plus délivrer des licences à ses joueurs suites à une décision des instances de football. Un coup dur pour son président Rachid Temmar. De son côté, le district de football fait valoir qu'il a appliqué la règle qui s'impose aux 200 clubs de Haute-Garonne. Explications.

Le 22 juillet 2017 à Göteborg, en Suède, de jeunes Toulousains, originaires de Bagatelle, la Faourette ou encore la Reynerie, remportaient le plus grand tournoi de football du monde des moins de 18 ans. Sous les couleurs de Cap Jeunes 31, une association investie depuis 20 ans dans les quartiers, ces 16 licenciés avaient pu se confronter à des équipes venues des quatre coins du monde, plus de 1 700 équipes de 85 nationalités étant engagées dans cette épopée. Depuis ce titre, l'association est devenue un club il y a quelques années et a poursuivi son chemin sur les pelouses de la Haute-Garonne. 

Mais cette saison, aucun des aspirants footballeurs inscrits au sein de ce club ne pourra jouer sous son maillot. Ce dernier a en effet perdu la possibilité de pouvoir délivrer des licences en raison d'une dette auprès des instances de sa discipline.

"On fait de la prévention de la délinquance à travers le sport"

"On est monté pendant trois ans, jusqu'en D2, on espérait aller en D1 puis en régionale. La saison dernière on nous a retiré six points parce qu'on n'a pas pu payer pour les arbitres", explique tout de go Rachid Temmar, qui préside l'association et œuvre depuis des années auprès des jeunes. Pour obtenir des subventions auprès de la mairie, et trouver une solution à ses problèmes budgétaires, on lui a demandé de refaire un dossier l'hiver dernier. Mais cela n'a pas abouti et il s'est retrouvé à nouveau en difficultés pour éponger les dettes de son club. 

"On a demandé un aménagement à la Ligue, on a essayé de négocier pour qu'on puisse régulariser, mais ils n'ont rien voulu savoir. Aujourd'hui, on se retrouve avec des jeunes à qui on ne peut pas faire de licences, c'est très dur car on est reconnu pour le boulot qu'on fait, le travail de prévention de la délinquance à travers le sport surtout dans le contexte actuel. On proposait des licences pas chères pour que tout le monde puisse jouer, et là on se retrouve avec des jeunes qui ne peuvent plus jouer", déplore le dirigeant.

La même règle pour tous les clubs

Un rôle de terrain que Jean-Marc Sentein, le président du district de football de Haute-Garonne, ne nie pas : "comme d'autres clubs de quartier, il fait un travail important d'inclusion, ce qui est aussi le cas de clubs ruraux, qui parfois sont confrontés à des difficultés financières". 

Mais pour le président du district de football de Haute-Garonne, la règle s'applique aux 200 clubs du département, de la même manière. "Lorsque vous engagez vos équipes, vous devez payer, pour les arbitres aussi, les licences et parfois les sanctions", rappelle le responsable.

"Dès le mois d'octobre 2025, ce club n'a plus rien payé. Nous l'avons relancé plusieurs fois au mois de janvier-février et il a été sanctionné de six points fermes. Il y a des règlements que tous les clubs de Haute-Garonne connaissent : si au 15 juillet, vous n'avez pas soldé votre saison 25-26, le district, en effet, interdit au club de s'engager pour la saison suivante. Le solde était de 6 000 euros, exceptionnellement, on a indiqué au club qu'on attendait de sa part un solde à fin août, le temps qu'il trouve des financements privés ou des subventions, on ne l'a pas eu", déplore Jean-Marc Sentein qui indique que c'est le seul club dans ce cas du département.

Recours devant le Comité olympique

Rachid Temmar espère de son côté que l'aventure ne s'arrêtera pas là. Il espère encore obtenir le soutien de ceux qui, il y a quelques années encore, le recevaient pour montrer en exemple le rôle d'insertion joué par son club auprès des jeunes. Il a fait appel de la décision de la Ligue et du district auprès du conciliateur du Comité National Olympique et Sportif Français. Et il se dit prêt à aller jusqu'au tribunal administratif car "le plus grave c'est pour ces jeunes".

Cet article est réservé aux abonnés

Accédez immédiatement à cet article

1 semaine offerte

Découvrez nos offres spéciales avec Google

Le paiement de votre abonnement La Dépêche du Midi a été refusé par votre banque.

Pour accéder de nouveau à cet article et à l'ensemble de vos contenus abonnés, il vous suffit de régler votre impayé.

Réactivation immédiate après paiement

Vous aimerez peut-être

« Chacun a sa place chez nous », ce club de handball du Morbihan est riche de 240 licenciés

Actu il y a 3 heures

Du dynamisme et de nombreux projets pour le Tennis-club et ses 331 licenciés

Midi Libre il y a 4 heures

Quint-Fonsegrives. Football féminin : 100 ballons offerts

LA DÉPÈCHE il y a 3 heures

Football amateur : du pied des tours de la Reynerie à l'équipe de France, Anousone Prasitharah, u...

LA DÉPÈCHE il y a 1 jour

La Teste-de-Buch : l’ancien dirigeant et arbitre Noël Bonnieu est décédé

SUD OUEST il y a 15 heures

Crise au Stade Montois Rugby : le président Jean-Robert Cazeaux « assume » et appelle à la « pati...

SUD OUEST il y a 12 heures

Football : Avec des signatures dans des grands clubs, comment le Rouen Sapins FC est devenu un ré...

Actu il y a 1 jour

Football : les seniors de L’Isle-Jourdain arrachent le nul, la réserve brille face à Touget

LA DÉPÈCHE il y a 3 heures

"Au début, c'était une bande de potes" : Bruno Lecam-Caron, pionnier du foot US en France et figu...

Actu il y a 2 heures