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Une semaine après la Diagonale des Fous, le duo évoque son épopée...
Marjorie Amiel et Thibault Mabire, le reconfort après l'effort sur l'Ile de la Réunion.

Eugénie Amiel et Thibault Madire, sociétaire du RAC St-Estève, ont bouclé la Diagonale des Fous il y a une semaine. Ils nous racontent leur épopée. 

ls auront écrit leur épopée à dix, maximum trente minutes d’intervalle, sans jamais croiser leurs foulées sur les 180 kilomètres et les 10 000 mètres de D + de la Diagonale des Fous. Deux aventures en parallèle, deux solitudes au long cours, lancées dans le même bras de fer avec les montagnes réunionnaises. Chacun son chemin, chacun ses douleurs. « Et c’est finalement pas plus mal, car notre assistance pouvait s’occuper dans la foulée de l’un et de l’autre », sourit Marjorie Amiel, 33 ans, en saluant le soutien indispensable de son frère Florian, de sa compagne Céline et d’une amie, Nadège. Dans cette course où les jambes finissent parfois par vaciller, les proches deviennent des balises euphorisantes. « Sans eux, nous aurions mis davantage de temps », enchaîne Thibault Mabire, 42 ans.
Les deux sociétaires du RAC Saint-Estève n’auront finalement renoué le fil de leur aventure qu’au bout du chemin, sur la ligne d’arrivée du stade de La Redoute, à Saint-Denis. L’urbaniste chez Orca a bouclé son périple en 41 h 11, le spécialiste de la climatisation en 41 h 28. Dix-sept petites minutes pour départager deux immenses traversées.
Dans la touffeur réunionnaise, les deux Catalans auront finalement échappé aux grands naufrages intérieurs, aux hallucinations.Mais le terrain, lui, n’aura rien épargné. Gorgés d’eau, les sentiers se sont mués en pièges de boue, ajoutant encore à la rudesse d’un parcours qui semble avoir été dessiné pour éprouver les limites humaines. « En fait, ce n’est jamais roulant : des racines, des marches… C’est parfois horrible, résume Thibault Mabire qui loue leurs entraînements communs. Nous l’avons relativement bien passé car nous étions très bien préparés ». Avec de la distance et du dénivelé.Comme à Caunes-Minervois sur un 65 km en mars, l’UTPMA (Ultra Traildu Puy Mary Aurillac) sur un 112 km (5.500 m de D+) en juin et enfin sur la Traversée du Mercantour sur un 190 km en août. L’an dernier déjà, ils s’étaient testés sur le 100 Miles entre Bolquère et Argelès. A l’arrivée, sur 2.800 partants, les deux Catalans bouclent leur aventure à la 376e place et une 20e chez les féminines, une 387e pour Thibault.
« Quand on a appris ça, nous ne nous attendions pas », s’amusent-ils en chœur, de retour d’une randonnée. « Nous voulions voir si les cannes n’étaient pas trop entamées. mais ce sera notre programme quotidien jusqu’à notre retour en Roussillon dans une dizaine de jours ». Prochain défi, le Miut de Madère en 2028. De 112 km et 7.200 m de D+ à peine…

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