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l'essentiel Trois Français dans un mouchoir de poche (Dembélé, Mbappé, Olise), un Sir anobli (Kane), un Espagnol au firmament (Yamal)… Le 70e BO n’aura jamais été aussi indécis. Et le gagnant resté confidentiel jusqu’à lundi 26 octobre au soir. Seul au monde à connaître son nom, le Toulousain qui pilote l’"opé" nous dit tout – ou presque – côté coulisses.
C’est l’homme le plus important de la planète foot. Tous les ans à la même époque, au mois de septembre ou octobre. Celui qui connaissait encore seul – jusqu’à ce week-end – l’identité de l’heureux élu, 70e Ballon d’or de l’histoire. Avant, pour des questions d’organisation, d’avoir dû partager le secret depuis 48 heures avec des privilégiés "dont le nombre ne dépasse pas les doigts d’une main".
Garcia, prénom Vincent, signe particulier : Toulousain pure souche. "Je suis 100% toulousain, revendique-t-il. Né dans la ville rose (47 ans), j’y ai grandi et étudié ; je suis originaire de Montbrun-Lauragais, sud-est de Toulouse, où j’ai toujours de la famille."
Rédacteur en chef depuis avril 2023 du mensuel France Football du nom éponyme de l’objet sacré, Vincent Garcia est en charge de l’opération – la cérémonie est coorganisée avec l’UEFA – qui, rappelons-le, récompense le meilleur joueur du monde. "Sans distinction de championnat ni de nationalité" comme le stipule le règlement BO. Pour le lauréat 2026, c’est-à-dire concernant la période entre le 3 août 2025 et le 19 juillet 2026 (finale du Mondial), les votes s’étalonnaient du 8 septembre – et la divulgation des 30 nommés – au 28 du même mois. Les jurés sont au nombre de 100 journalistes, un par pays des 100 premières nations Fifa lors de la parution de la liste. Voilà pour… l’avant-match.
"Concrètement, même si je tiens à ne pas trop dévoiler les détails et vous comprendrez pourquoi, c’est moi qui collecte les résultats arrivant sur une plateforme sécurisée. Les classements sont automatisés, je relève les compteurs et je vérifie."
Eh alors, cette cuvée 2026 ? "Ce que je peux juste vous révéler, sourit l’ancien journaliste de L’Équipe, c’est que le classement est dense. Sympa et serré. Et tous les ’’gros’’ sont là. D’un autre côté, reprend le Toulousain, c’est assurément la première année où il y a autant de prétendants à même de gagner."
Au fait, pourquoi être passé au "secret défense" alors qu’auparavant le lauréat était mis dans la confidence plusieurs jours avant la soirée du BO ?
"Lorsque j’ai pris le train en marche en 2023, on a eu une réflexion collégiale : pourquoi on n’imiterait pas d’autres remises de distinction où le vainqueur n’est pas au courant à l’instar des César… Ça pimente, cela ajoute de l’intérêt et du suspense. Surtout les années où le verdict est autant incertain. En 2023, sous l’ancien système, j’avais été voir Messi à Miami : y’a pire, non ? Mais, c’est inévitable, la famille du joueur va être au courant, son agent être au parfum, le club bientôt. Et ainsi tu multipliais les possibilités de fuite…"
En tout cas, un nom pour un grand oui : "Absolument, reprend le rédacteur en chef. Le bout de papier sacré est précautionneusement glissé dans une enveloppe scellée par mes soins à la cire. Comme du temps d’Henri IV, quoi. Puis direction un coffre, sur place, le jour-même, jusqu’à la révélation."
Vincent Garcia, gardien du temple. "Ou plutôt une tombe, corrige-t-il malicieusement. Je suis totalement muet. Collègues, famille, amis : personne ne doit savoir. Les journalistes du Groupe, surtout pas ; les actionnaires, le directeur de la rédac’ : non plus. Heureusement, rigole-t-il, ma femme n’est pas trop fan de foot ; et les enfants, je les tiens à l’écart ; les potes, à force, me connaissent et savent que je ne lâcherai rien. Bref, ponctue-t-il joliment, je suis un homme incorruptible." Et le plus important de la planète foot.
Diffuseur français de la cérémonie (dont les maîtres seront l’iconique présentatrice sportive Kate Scott et, nouveauté, Thierry Henry), la chaîne L’Équipe met les petits plats dans les grands avec une prise d’antenne ce lundi 26 octobre dès 11h50 et un verdict attendu vers 22h45 dans le cadre du London Palladium Theatre. En hommage au 1er récipiendaire, l’Anglais Stanley Matthews en 1956. En dehors du Ballon d’or féminin, sont décernés – pour la saison : espoir féminin et masculin (anc. Trophée Kopa), gardien/ne (Trophée Yachine), entraîneur/neuse (Cruyff), buteur et réalisatrice (Müller), club masculin et féminin.
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