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À 31 ans, le Britannique Jay Baggaley affirme être devenu culturiste professionnel en seulement dix mois, grâce à une préparation qu’il juge « plutôt facile ». Derrière cette ascension express, son récit soulève pourtant des questions sur les sacrifices et la santé.
À 31 ans, le Britannique Jay Baggaley, originaire de Standish près de Wigan, a décroché en un temps record ce que beaucoup mettent des années à obtenir : une carte de culturiste professionnel. Sélectionné pour représenter la Grande-Bretagne lors d’une compétition en Pologne et attendu au Mister Universe à la fin du mois, ce quasi inconnu du grand public résume son parcours en une phrase désarmante : "Ça a été une folie et, pour être honnête, plutôt facile". De quoi fasciner tous ceux qui rêvent de devenir culturiste professionnel en 10 mois.
Dans les faits, ce statut renvoie à l’obtention d’une pro card, une licence délivrée par une fédération comme la World Fitness Federation qui autorise l’accès aux catégories professionnelles. Baggaley, qui disputera le Championnat d’Europe WFF en Pologne en novembre, semble avoir coché toutes les cases très vite. Reste une question qui dérange un peu : ce "plutôt facile" reflète-t-il la réalité d’un tel niveau, et ce chemin est-il réellement accessible, voire souhaitable, pour le commun des mortels ?
Dans un entretien accordé au site Men's Health Espagne, spécialisé en fitness, Jay Baggaley raconte avoir découvert le culturisme en feuilletant un magazine où figuraient des photos d’Arnold Schwarzenegger à son apogée de Mr Olympia. Inspiré, il monte sur scène et "J'ai réussi à gagner mon premier show, ce qui est assez rare et cela a été un changement d'état d'esprit pour moi. Je me suis présenté au show seulement parce que je pensais que ce serait le dernier et que j'allais ensuite oublier le culturisme, mais non...". Cette victoire lance sa course vers le monde pro.
Ce coach personnel, surnommé "El Cyborg", enchaîne les compétitions jusqu’à obtenir sa carte professionnelle en 10 mois. Il combine désormais préparation pour le Championnat d’Europe WFF et ambition affichée de briller à Mister Universe. À la maison, son fils Hunter contemple ses médailles et répète que "papa se rend à la salle pour développer ses muscles". Bref, une trajectoire familiale et sportive qui construit un personnage aussi spectaculaire que rapide.
Une "pro card" de culturisme est une licence officielle qui permet à un athlète de concourir dans les catégories professionnelles d’une fédération donnée. Les documents de la World Fitness Federation expliquent que ce statut se gagne lors de compétitions dites "pro qualifiers", où seuls certains lauréats jugés au niveau adéquat reçoivent cette licence, après validation de critères précis. Autrement dit, gagner un show ne suffit pas toujours pour entrer chez les pros.
D’autres circuits, comme la Fédération internationale IFBB, fonctionnent sur la même logique générale : briller dans des championnats nationaux ou internationaux, puis obtenir la fameuse carte professionnelle qui ouvre la porte à des compétitions réservées. Pour la majorité des athlètes, ce parcours prend plusieurs saisons et requiert déjà un niveau musculaire élevé avant même la première montée sur scène, ce qui rend l’idée de devenir culturiste professionnel en 10 mois très exceptionnelle.
Derrière la formule "Ça a été une folie et, pour être honnête, plutôt facile", Baggaley décrit pourtant des sacrifices concrets. Il explique avoir dû être "100 % sûr que c'était la passion qu'il voulait poursuivre", car cela impliquait un régime strict et l’abandon de ses plats favoris comme pizza, hamburgers et frites. Cette discipline alimentaire s’ajoute à des heures d’entraînement quotidien, à la fatigue et à la pression de la scène.
Les médecins du sport rappellent que des progressions très rapides, avec restrictions caloriques marquées, peuvent augmenter le risque de blessures musculaires ou tendineuses, de troubles du sommeil et de relation compliquée à l’alimentation. Pour qu’une démarche inspirée par ce type de parcours reste compatible avec la santé, plusieurs garde-fous s’imposent :
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