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Jannik Sinner : « J’aimerais effacer le déchirement que j'ai ressenti de quitter la maison à 13 ans et demi »

Il n'a pas joué depuis juillet et fera son retour à la fin de l'année. Dans un nouvel entretien, Jannik Sinner se confie : « Le corps est le seul adversaire qu'on ne peut pas battre. S'il dit stop, il faut l'accepter. »

Jannik Sinner

Jannik Sinner voit loin et c'est une bonne nouvelle. « Je veux durer, avoir une longue carrière. J’ai dû m’arrêter un moment et lever la tête au-delà des lignes, mais je veux la baisser à nouveau sur la balle. Je sais qu'il existe autre chose en dehors, mais ma place est là. Dans ce rectangle qu'on appelle le tennis. » C'est sur ces mots que se conclut l'entretien du joueur de tennis avec le journal italien La Repubblica. Absent des courts depuis juillet — et n'occupant plus actuellement la place de numéro un mondial —, il devrait faire son retour à la fin de l'année, selon les bruits qui courent autour du Six Kings Slam. Par ailleurs, aux côtés de Simone Vagnozzi, Magnus Norman pourrait remplacer Darren Cahill. Entre sa blessure au genou et le départ à la retraite de son mentor Cahill, la vie de Jannik Sinner a changé ; pourtant, le tennis demeure au centre de tout, même si ces mois loin des courts ont laissé place à la PlayStation, à la lecture, à la Formule 1 et aux défilés de mode.

« J'ai toujours beaucoup travaillé, que ce soit en salle de sport, sur le court ou avec les kinésithérapeutes. "Patience" est le mot qui convient le mieux à cette période. Le corps est le seul adversaire qu'on ne peut pas battre : quand il dit "stop", il faut l'accepter et suivre les conseils des spécialistes », confie-t-il, rappelant que les blessures font partie intégrante du sport. « Il faut avoir une vision à long terme ; il n'y a pas que l'instant présent. On sème aujourd'hui, mais la récolte demande du temps. Et ce qui fait la différence, c'est toujours le travail, la préparation, et non la chance. La chance peut aider à gagner un point, mais pas un match. »

Au sujet de sa mère, il confie qu'elle a fait des progrès : elle ne quitte plus les tribunes lorsqu'il joue. Quant à son père, il évoque un moment précis — le jour le plus marquant de sa vie, et celui qu'il ne voudrait surtout pas revivre. « J'aimerais effacer ce que j'ai ressenti le jour où j'ai quitté la maison. Le déchirement, à l'âge de 13 ans et demi, à Milan, quand j'ai dit au revoir à mon père : nos chemins se séparaient, un lien se brisait. Nous étions en train de nous quitter ; je pleurais face à cette rupture, et lui aussi. J'aurais bien aimé éviter cette journée-là ; l'émotion était trop intense. » Il sait que cette décision, si difficile et si coûteuse sur le plan émotionnel, ne devait pas être vaine : elle a constitué l'opportunité qui est devenue le moteur de sa vie. « Il faut tout faire pour en tirer le meilleur parti, sans aucun regret. Avec engagement, constance et travail. »

La perfection ne se trouve pas sur les courts, mais plutôt dans les Dolomites ou au volant d'un kart. Toujours la vitesse : sur des skis ou en voiture. Ce n'est pas un hasard s'il peut aborder tous les sujets avec Kimi Antonelli, tout en sachant qu'il ne pourra jamais troquer un titre du Grand Chelem contre une victoire en F1. Les champions connaissent leurs limites.

Initialement publié par Vanity Fair Italie

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