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En France, « il y a des carences sur le poste de talonneur, sur le lancer », alors l’entraîneur de rugby rochelais Laurent Albinet a inventé un appareil dédié à la touche
Laurent Albinet a créé une structure pouvant monter jusqu’à 5 mètres de haut et qui peut également être utilisée par les demis de mêlée.

Ancien talonneur du Stade Rochelais de 1999 à 2008 (234 matchs), Laurent Albinet a mis au point Sniper performance rugby pour aider les lanceurs à progresser, qu’ils soient jeunes ou seniors, amateurs ou professionnels

Pardon pour le jeu de mots, mais en ce mois d’octobre 2026, l’ancien talonneur rochelais Laurent Albinet s’est enfin lancé. Après 9 saisons et 264 matchs pour la caravelle, cela fait dix-huit ans qu’il entraîne des jeunes jaune et noir (il coache actuellement les Crabos avec Brice Dulin). Dix-huit ans qu’il réfléchit sur comment les faire progresser, notamment en ce qui concerne les lancers en touche. Mais cela ne fait que quatre ans qu’il a mis sur...

Pardon pour le jeu de mots, mais en ce mois d’octobre 2026, l’ancien talonneur rochelais Laurent Albinet s’est enfin lancé. Après 9 saisons et 264 matchs pour la caravelle, cela fait dix-huit ans qu’il entraîne des jeunes jaune et noir (il coache actuellement les Crabos avec Brice Dulin). Dix-huit ans qu’il réfléchit sur comment les faire progresser, notamment en ce qui concerne les lancers en touche. Mais cela ne fait que quatre ans qu’il a mis sur les rails sa société Sniper performance rugby, qui propose une structure métallique pouvant monter à 5 mètres de haut, dédiée à ce geste si particulier – même si elle permet aussi aux demis de mêlée de travailler leur passe.

L’appareil est innovant mais si simple en apparence, avec ses trois cibles en forme de cercles où envoyer le ballon, sa possibilité d’être réglé en hauteur et ses roulettes pour le déplacer, que l’on se demande pourquoi il n’avait pas vu le jour avant, à La Rochelle ou ailleurs. « J’imagine que certains talonneurs y ont pensé, mais ils ne l’ont pas fait en se disant que ça allait être compliqué à mettre en place. Comme moi… confie le Gersois d’origine. Je me mettais des barrières, je pensais que c’était irréalisable. Mais j’allais le regretter si je ne le faisais pas. »

Ludique, précis et technique

Finalement, une fois qu’il y a sérieusement réfléchi, « ça m’a pris quatre ans. Deux ans pour que ça mûrisse et que je mette les idées sur un document. Il a fallu un an pour formaliser tout ça, mettre au propre, faire des dessins. Ensuite, constructeur, premier prototype, deuxième prototype, qui est le bon… Puis il y a eu les formalités, les papiers, l’administration, les mises en conformité, la création d’entreprise, le comptable, le juridique, l’avocat. Il faut bien se blinder… »

« J’aimais bien finir un match avec zéro lancer loupé. C’était mon dada de lancer »

Il a aussi fait tester sa structure aux principaux intéressés, les talonneurs, mais aussi les demis de mêlée. L’aspect ludique est évident, car ceux-ci peuvent se défier, compter les points à mesure que leurs ballons atteignent la cible et tombent dans la cheminée. Mais l’intérêt réside surtout dans la grande précision et la technique que cela réclame. « J’aimais bien finir un match avec zéro lancer loupé. C’était mon dada de lancer, ça demande de l’entraînement, pose Laurent Albinet. Et j’aime la formation, amener les gamins au plus haut niveau. »

Les tests sont positifs

Ses deux marottes ont donné naissance à son appareil, qui peut être utilisé des moins de 13 ans aux seniors, des clubs amateurs aux sélections en passant par les pros. D’ailleurs, les remarques constructives de ceux du Stade Rochelais (où il est salarié), après des tests positifs, l’ont poussé à mettre des mains devant le second cercle pour simuler le contre adverse.

« La première cible, c’est la zone 1 et 2, premier et deuxième sauteurs. La deuxième, c’est celle où un talonneur doit lancer dans un espace invisible en permanence. Ça permet de faire tous les types de lancers : tendu, semi-lobé et lobé. La dernière, celle du fond, c’est la zone 4-5, où il faut beaucoup de vitesse. C’est pour cela qu’elle est un peu plus haute », détaille le Rochelais.

Concrètement, le but est que le geste soit le plus mécanique et le plus précis possible. « Je fais beaucoup de stages, je vois beaucoup de choses. Il y a des carences sur le poste de talonneur, sur le lancer. C’est pour ça aussi que je me suis mis à réfléchir encore plus à cet appareil-là. Ça va permettre à ces jeunes d’être performants, de travailler et d’être accompagnés. J’ai créé une fiche technique, il y a un travail physique, un travail visuel et un travail mental. C’est complémentaire. » Et c’est concret, désormais.

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