Retour
Le Stade Rennais jouera plus tôt que prévu. Beaucoup plus tôt. À la demande de la préfecture des Alpes-Maritimes, le déplacement à Nice, initialement programmé samedi à 17h15, a été avancé à ce vendredi soir, 19 heures, rapporte Lensois.com. Et la réception de l’Olympiakos en Ligue Europa, prévue jeudi 5 novembre, se tiendra finalement le mercredi 4 novembre à 16h30 au Roazhon Park, selon Foot Mercato.
En cause, un contexte social tendu. Selon Morning Foot, la France connaît depuis plusieurs semaines des manifestations contre la vie chère et des mobilisations étudiantes, et un appel à la grève nationale a été lancé pour le 5 novembre, jour initialement prévu pour le match européen. Les préfectures privilégient la prudence, et les forces de l’ordre sont mobilisées ailleurs.
Interrogé en conférence de presse, Franck Haise aurait pu pester contre ces bouleversements. Il a fait exactement l’inverse. « On ne va pas se plaindre pour un entraînement en moins », a lancé l’entraîneur rennais, cité par Foot Mercato. Avant de prendre de la hauteur : « C’est le contexte en France qui est autrement plus important qu’un entraînement de moins. »
Et de conclure, sans détour : « Il y a des choses bien plus importantes, bien plus graves à résoudre, plutôt qu’un match de foot. » Un discours rare dans un milieu où chaque modification de calendrier provoque habituellement des protestations.
Haise ne nie pas pour autant les désagréments. Il reconnaît que ces décalages pénalisent surtout les supporters, contraints de revoir leur organisation. Un match européen un mercredi à 16h30, c’est une tribune forcément moins garnie, et des fans obligés de poser leur après-midi. L’autre option, jouer à l’étranger, aurait été pire, estime-t-il.
Rennes n’est pas le seul concerné. Ce week-end, Lyon-Angers a été décalé au dimanche et Lorient-Brest au lundi 2 novembre, à la demande des préfectures du Rhône et du Morbihan. En Ligue 2, Reims-Sochaux a lui aussi été repoussé. Le calendrier de la Ligue 1 est chamboulé, et personne ne sait encore combien de temps cela durera.
Sur le plan sportif, le changement n’est pas anodin. Avancer un match de 22 heures, c’est une séance de récupération en moins, une préparation raccourcie, et un déplacement à organiser dans l’urgence. Face à un adversaire de Ligue 1 à l’Allianz Riviera, chaque détail compte.
L’adversaire n’est d’ailleurs pas anodin pour Haise, qui a dirigé Nice avant de rejoindre la Bretagne. Un retour sur la Côte d’Azur qui aura forcément une saveur particulière, même avancé de vingt-deux heures.
Cette décision des préfectures n’est pas sans conséquence pour les diffuseurs et les clubs, qui doivent réorganiser billetterie, sécurité et logistique en quelques jours. Mais face aux impératifs d’ordre public, le football n’a guère son mot à dire.
Reste que le message de l’entraîneur rennais tranche avec l’époque. Dans un football souvent replié sur lui-même, Haise rappelle une évidence : le terrain n’est pas tout. Une sortie qui ne devrait pas faire polémique. Ou presque.