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Personne ne l’attendait ce jeudi matin. Le 15 octobre, à deux jours de la réception de Dunkerque, Waldemar Kita s’est présenté au centre sportif de la Jonelière. Selon Ouest-France, le président du FC Nantes a d’abord longuement échangé avec Grégory Poirier au bord du terrain. Il s’est ensuite adressé pendant un bon quart d’heure aux joueurs et au staff technique.
Qu’a-t-il dit ? Un message d’encouragement, rapporte Foot-National. Et pas un mot sur le seul sujet qui agite Nantes depuis trois semaines : d’après l’entraîneur, la vente n’a pas été évoquée. En conférence de presse, Poirier a d’ailleurs ramené tout le monde au terrain : « Je ne suis là que depuis cinq matchs », a-t-il rappelé, cité par Foot-Sur7.
Le contraste est saisissant, et il n’a échappé à personne dans le vestiaire. D’un côté, un président qui se montre au plus près du groupe. De l’autre, un dossier de cession qui patine. Le 29 septembre, la famille Kita a signé un protocole de vente avec Phenix Sports Invest. Ce pool d’investisseurs réunit des capitaux français, portugais et luxembourgeois, sous la direction de l’homme d’affaires portugais Paulo Tavares. Le montant évoqué tourne autour de 100 millions d’euros. Mais le comité social et économique du club a rendu un avis défavorable à l’unanimité, et la DNCG doit encore se prononcer.
Le feuilleton a même pris un tour franchement électrique ces derniers jours. Après une sortie offensive contre ses détracteurs, Paulo Tavares a supprimé son compte X le lundi 12 octobre. Dans les tribunes, la Brigade Loire avait déployé contre Reims des banderoles visant à la fois les Kita et le futur repreneur. Ambiance.
Pourquoi venir maintenant ? Rarement une visite présidentielle aura suscité autant de questions. On peut y voir une façon de rassurer un groupe fragile. Ou plutôt de rappeler qui tient encore les clés, après dix-neuf ans de règne, tant que la DNCG n’a pas tranché. Les deux lectures se défendent.
Sur le terrain, l’urgence est bien réelle. Relégué en Ligue 2 le 8 mai après treize saisons consécutives dans l’élite, le FCN est 13e après huit journées. Il revient de loin. Fin août, il était dernier avec un seul point en quatre matchs. Depuis, il a gagné cinq places avec Poirier, nommé le 25 août après le limogeage de Michel Der Zakarian. Le 0-0 contre Reims a montré une équipe plus difficile à manœuvrer.
L’entraîneur a fixé sa barre : prendre quatre points tous les deux matchs. Samedi à 14 h, face à Dunkerque (11e), il devra encore faire sans Mathieu Cafaro, Tylel Tati et Alexis Mirbach, et Sekou Doucouré est incertain. Ensuite, les Canaris iront à Saint-Étienne le 24 octobre, dans un Geoffroy-Guichard qui affiche déjà complet.
Le discours du président a été entendu. Reste à savoir si les joueurs l’ont écouté comme celui d’un patron, ou comme celui d’un partant.