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C’est une image que personne n’avait jamais vue. Lors du dernier Clasico face au Real Madrid, Gavi est resté sur le banc pendant toute la rencontre, sans entrer en jeu. Une première depuis ses débuts avec le FC Barcelone, souligne Africa Soccer, qui parle d’un épisode inédit dans sa carrière.
Le milieu espagnol n’a été titularisé qu’à deux reprises cette saison, pour un temps de jeu très limité. Et selon le journaliste Juan Jesus, cité par Sports Illustrated, il serait contrarié par ce rôle réduit, même si Hansi Flick l’a rassuré sur son importance au sein du groupe.
Le discours de Flick n’a pas varié depuis la rentrée. « Gavi a une grande ambition et veut toujours jouer », déclarait l’entraîneur allemand en septembre, cité par Africa Soccer. Avant d’ajouter une phrase qui avait marqué les esprits : l’équipe « fonctionne bien dans sa configuration actuelle et il doit l’accepter ». Flick a aussi discuté en privé avec son joueur de la concurrence au milieu.
Une concurrence devenue féroce. L’arrivée de Rodri cet été, en provenance de Manchester City, a profondément modifié la hiérarchie au milieu de terrain, rapportait déjà Africa Soccer. Le champion du monde espagnol s’est imposé comme l’un des leaders du vestiaire, réduisant d’autant l’espace pour Gavi.
Le paradoxe est cruel. Avant le match face au Real, Gavi avait lui-même affiché sa détermination : « Dans les Clasicos, il faut aller à la guerre. » Il n’a finalement pas pu prendre part à la bataille. Une situation difficile à vivre pour un joueur qui incarne, depuis ses débuts, l’ADN combatif du Barça.
Le contexte n’aide pas. Après deux défaites contre le PSG et le Real Madrid, le Barça traverse sa première crise de la saison, et chaque choix de Flick est scruté. Le barbecue organisé mercredi soir au centre d’entraînement visait justement à resserrer les liens.
Faut-il pour autant imaginer un départ ? Gavi est sous contrat jusqu’en 2030, et rien n’indique, à ce stade, que le Barça souhaite s’en séparer. Le joueur reste l’un des symboles de La Masia, et ses graves blessures passées expliquent aussi en partie la prudence du staff.
Mais la question se pose. À 22 ans, Gavi a besoin de jouer, et la dernière Coupe du monde, remportée par l’Espagne, a rappelé à quel point la concurrence est rude en sélection. Un temps de jeu insuffisant pourrait le pousser à réfléchir à son avenir.
D’autant que son profil reste très recherché. Milieu infatigable, capable de presser haut et de répondre au défi physique, Gavi ferait le bonheur de nombreux clubs européens. Mais à Barcelone, l’émotion autour de l’enfant du club rend tout départ difficile à imaginer pour les supporters.
Le vestiaire va en parler. Et le prochain match face à Alavés dira si Flick choisit de le relancer. La pilule est dure à avaler pour l’enfant du club.