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Justement, d’où viennent cette débauche d’énergie, cette envie et cette hargne que vos joueurs sont capables de mettre pendant plus de 90 minutes ?

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Je crois que c’est un ensemble de choses. Il y a forcément une vie de groupe qui a bien pris, et très vite. Depuis les premières semaines, on sent bien que quelque chose se met en place. Après, il n’y a pas de miracle. Quand on est capable de courir comme ça pendant 90 minutes, c’est que ça travaille, que ça bosse et que les joueurs enchaînent les efforts. C’est pourtant un groupe de vrais footballeurs amateurs, avec des conditions de travail qui ne sont pas les mêmes qu’à un niveau supérieur. Je suis très content de ce qu’ils font depuis le début de l’année et je ne suis pas surpris de ce qu’ils sont capables de faire, notamment sur le plan physique.

À l’intersaison, il y a eu beaucoup de mouvement dans l’effectif. Comment fait-on pour réussir à reconstruire un groupe aussi soudé ?

C’était forcément un risque, imposé aussi par des réalités financières qui concernent tout le monde aujourd’hui dans le football. Le président a toujours une vision juste et un temps d’avance dans ce genre de schéma. Derrière, il faut simplement mettre les bons éléments au bon endroit. Il y a des anciens qui sont de vrais leaders de vestiaire et des jeunes qui sont très respectueux de tout ce qu’on met en place, qui sont là pour prendre du plaisir, travailler et progresser. La saison est encore très longue, mais on peut déjà dire que le passage à cette nouvelle ère commence bien.

Actufoot • Berni riviera

Quand tu changes 75 % de ton effectif, que tu coupes tous tes contrats fédéraux, que tu enlèves six ou sept anciens qui étaient pourtant des piliers à ce niveau et que tu fais le choix de la jeunesse, tu ne sais pas trop à quoi t’attendre

Hervé Berni, entraîneur de Riviera

Tu t’attendais à ce début de saison ?

Je ne m’attendais à rien. Quand tu changes 75 % de ton effectif, que tu coupes tous tes contrats fédéraux, que tu enlèves six ou sept anciens qui étaient pourtant des piliers à ce niveau et que tu fais le choix de la jeunesse, tu ne sais pas trop à quoi t’attendre. J’ai toujours été quelqu’un de plutôt positif et constructif. J’attendais de me laisser surprendre, ou en tout cas de voir ce qui allait se passer. Pour le coup, pour l’instant, c’est plutôt très agréable.

Quand le président vient te voir et te dit qu’il va falloir changer certaines choses, est-ce que tu te mets à douter à un moment donné ?

Je ne doute pas parce qu’aujourd’hui, je suis dans un schéma de vie global qui fait que je suis très bien ici. Je n’ai pas du tout envie de vivre autre chose. Je suis très bien avec Cédric (Messina) et avec la direction. Je n’ai donc aucune autre ambition que de rester ici et de continuer à faire évoluer ce projet, encore une fois avec un président avec lequel c’est agréable de travailler.

Quand on voit que tu es dans le top 5 du championnat, notamment après cette victoire 10-2 à domicile contre le Gallia Lucciana, quelles ambitions as-tu envie d’avoir ?

Sans faire de langue de bois, ce serait trop dangereux d’envisager autre chose que l’objectif pour lequel on avait commencé, c’est-à-dire le maintien. Ça va très vite, cinq journées, c'est rien. Je regardais les classements et je comparais les saisons, il y a des équipes qui sont descendues alors qu’elles étaient dans les trois premières après cinq journées. Ça arrive tous les ans. Je pense qu’il ne faut surtout pas s’enflammer. Il faut prendre beaucoup de plaisir et ne pas gâcher ce plaisir en étant trop humble. Il faut apprécier ce qu’on fait et assumer que c’est bien. Maintenant, l’idée, c’est que ça se poursuive. Je pense qu’on était totalement inconnus, tout le monde nous voyait peut-être déjà en bas du classement. Les équipes ont commencé à nous prendre plus au sérieux, donc les matchs seront sûrement un peu plus difficiles. On a maintenant deux matchs contre les deux premiers, Marseille et Berre. Ce sera vraiment intéressant pour nous situer et évaluer notre valeur face aux équipes du haut de tableau.

Actufoot • Riviera equipe2026 CDF

Ce championnat a un peu changé, avec de nouvelles équipes. Comment le juges-tu ?

Il est très homogène. Je pense que tout le monde peut battre tout le monde. Les leaders ne s’envolent pas et les équipes du bas de tableau ne sont pas complètement décrochées. Finalement, chaque week-end apporte une vérité différente de celle de la semaine précédente. Nous, on gagne 10-2, mais vous savez très bien que ce n’est pas du tout la valeur de cette équipe du Gallia Lucciana, qui est une très belle équipe habituée depuis des années à jouer à ce niveau. Je suis sûr qu’elle fera d’ailleurs un bon match contre Berre. Il faut sans cesse se remettre en question, retravailler, aller chercher le détail et chercher à progresser. C’est ce qui est le plus difficile dans le football amateur, parce qu’on n’a pas l’apport ni l’accompagnement mental du haut niveau.

Quand on gagne 10-2 contre un adversaire, est-ce qu’il n’y a pas un risque de s’enflammer ?

Je ne crois pas, parce que j’ai la chance de choisir mes effectifs depuis des années et que j’ai l’ambition de travailler avec des gens qui réfléchissent. C’est ce qui m’arrive depuis dix ans, puisque c’est ma dixième année comme entraîneur. J’ai toujours eu des effectifs qui me ressemblaient en termes de réflexion et d’approche. J’ai eu un peu de mal avec les gens qui ne réfléchissent pas, ou peu. Je ne pense donc pas que ce groupe puisse tomber dans ce piège-là. Après, on ne sera pas à l’abri d’une baisse de régime à un moment donné. Vous connaissez aussi la réalité énergétique et émotionnelle de ce genre de journée en Coupe de France. Est-ce qu’inconsciemment, ça va tirer un peu ? Est-ce que, demain, on va tomber sur une équipe d’un bon niveau ? Est-ce que les joueurs risquent de garder ce match en tête ?

On s’est positionnés pour Tahiti. Ce serait un rêve ultime pour nous de vivre une semaine avec les gars, pour tout ce que cela représente

Hervé Berni, entraîneur de Riviera

C’est le risque qu’on prend quand on passe des tours, et c’est pour ça que c’est la première année où je joue vraiment la Coupe de France. Jusqu’à maintenant, j’ai toujours eu des ambitions de montée dans mes clubs, notamment ces dernières années, et j’y suis d’ailleurs toujours parvenu. Quand on cherche à monter, c’est difficile, à nos niveaux, de jouer sur deux tableaux. Cette année, le schéma est un peu différent. J’ai un groupe très étoffé, avec beaucoup de jeunes. On s’est donc donné la possibilité de croire qu’on pouvait aller chercher quelque chose et passer des tours. Après, on ne maîtrise pas tout.

Justement, le tirage va avoir lieu cette semaine. Est-ce que tu espères quelque chose de particulier ?

Pour être tout à fait honnête avec toi, on a un doux rêve. Il y a quelques semaines, le président, qui est toujours aussi visionnaire, m’a demandé : « Est-ce que tu valides notre positionnement sur Tahiti ? » J’ai répondu : « Bien sûr. » On s’est donc positionnés pour Tahiti. Ce serait un rêve ultime pour nous de vivre une semaine avec les gars, pour tout ce que cela représente. Après, si l’on parle du niveau des équipes, affronter une formation de très haut niveau serait forcément intéressant. Mais si on pouvait vivre ce rêve avec ce groupe magnifique, ce serait vraiment génial.

Propos recueillis par Ridha Boukercha

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