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« Depuis toujours, je rêve de devenir footballeur » : de Tuffé à Brest, Noé Verron, l’ascension d’un buteur irrésistible
Noé Verron au contact de son adversaire.
Noé Verron au contact de son adversaire. ©Photo transmise à la rédaction

Derrière la maison familiale de Bouër (Sarthe), il ne pouvait en être autrement : la partie enherbée est cernée de part et d’autre par deux buts.
Ici, le football est plus qu’une passion. Julien Verron chausse encore les crampons chez les vétérans à Vibraye. Mais c’est plus le fiston qui intéresse : Noé.
À 17 ans, le jeune attaquant d’1,94 m, au physique longiligne, performe au Stade Brestois 29. De retour en Sarthe pour une grande fête familiale, Noé s’est confié sur cette vie de jeune footballeur. Toujours avec l’humilité qui le caractérise.

Des débuts à Tuffé, un passage à Connerré, deux ans à La Ferté-Bernard…

Sa première licence est enregistrée à Tuffé où le paternel foule déjà la pelouse à l’époque. Chez les « petits », Noé croisera la route d’un certain Nino Borée (lire par ailleurs). La destinée des deux copains est d’ailleurs assez folle. Se recroiseront-ils sur les pelouses professionnelles dans les quelques années ?

En U10, Noé enfile un nouveau maillot, celui de l’ES Connerré. Et après deux ans, toujours les mêmes couleurs rouge et noir, mais du VSF à La Ferté-Bernard, cette fois-ci.

En U14, c’est à Arnage que Noé débarque. La bougeotte certains diront, la débauche surtout dans ce milieu concurrentiel où les bonnes performances sont scrutées.

Finalement, je ne joue pas pendant six mois, car j’ai eu la maladie d’Osgood-Schlatter (souci au genou, ndlr).

Noé revient en fin de saison, marque, et récupère sa place. Avant une saison historique en U15. « Nous sommes montés en R1, et je suis appelé pour aller passer des tests au Mans FC. »

Repositionné numéro 9 grâce à Sébastien Étiemble

Après une nouvelle blessure (fracture d’un os sous le pied), il intègre les U17 nationaux avec « un but marqué alors qu’on était à 10 contre 11 contre Versailles ». Mais la suite, il la garde en travers de la gorge. « On devait jouer le PSG le match d’après, et je ne suis pas dans le groupe. »

En juin 2025, Noé se fait opérer de ce pied gauche, son pied fort, qui le fait souffrir… Toujours en U17 nationaux, il affole les compteurs. « Je marque presque à tous les matchs. »

Quand Noé évoque le ballon rond et quelques matchs, il y a toujours un rapport aux statistiques. « J’avais marqué un but… j’avais marqué un doublé. » La rage du buteur, un appétit sans fin ! Et pourtant, ce n’est que sur « le tard » que Noé est passé numéro 9.

C’est Sébastien Étiemble qui m’a repositionné, car j’étais milieu. Il a trouvé que j’avais le sens du but.

Le flair de l’entraîneur était le bon semble-t-il… Car il enfile les buts comme des perles le gamin ! Il fouille dans son téléphone, « je note mes statistiques. J’avais marqué 16 buts en 19 matchs. »

Un tournoi sous le maillot de Monaco

Des performances qui plaisent au-delà de la Sarthe… Mon entraîneur au Mans FC, Grégory Cerdan, me dit de le rejoindre dans son bureau. « Franchement, je ne savais pas pourquoi… » La nouvelle tombe, le club « sang et or » a reçu un appel de l’AS Monaco pour que Noé aille faire un essai.

Après une mûre réflexion familiale, le jeune joueur va passer trois jours là-bas.

J’ai même participé à un tournoi en Guadeloupe avec le maillot de Monaco. On avait été en finale contre Lens, j’avais pas mal marqué. J’avais fait mes preuves.

Alors qu’il s’attend à signer en Principauté, c’est une autre destination qui s’offre à lui… Moins reluisante certes : il y a un an, il signe au Stade Brestois 29.

« Loïc Le Pape, le scout du Grand Ouest pour Monaco, avait signé comme directeur du recrutement à Brest entre-temps. Et comme il voulait me faire venir à Monaco, il m’avait gardé dans ses papiers. »

Noé Verron avec le maillot du Stade Brestois 29.
Noé Verron avec le maillot du Stade Brestois 29. ©Photo transmise à la rédaction

« Le train était en gare »

L’offre du Stade Brestois ne se refuse pas… Le club est en Ligue des Champions à l’époque, Le Mans n’a toujours pas regagné l’élite… « C’est un club familial, ça compte aussi. » Quand Julien commente de son côté, du point de vue du papa.

On ne se voyait pas lui refuser. Le train était en gare, tu ne sais pas s’il va repasser.

Pour sa première titularisation, l’attaquant sarthois fait trembler les filets de l’En Avant Guingamp. « Un lob magnifique », sourit-il.

Derrière, l’ancien Manceau glane ses premiers entraînements en U19, termine la saison en grapillant quelques minutes avec les « grands ».

Un passage en équipe de France

Entre-temps, Noé a porté le maillot bleu. Pas celui du Sporting Club Tufféen qu’il connaît bien. Le « vrai », de l’équipe de France ! « C’est vrai, j’ai oublié d’en parler », se marre-t-il. C’est dire l’ego effacé du jeune homme qui aime peu se mettre en avant.

« J’étais arrivé en octobre à Brest, et trois mois après on m’appelle en équipe de France, je n’y pensais même pas. Je savais que Brest était un bon choix, mais de là à aller en équipe de France tout de suite… » Julien, le papa, glisse en passant : « on était au courant, mais on ne lui avait pas dit. »

C’est le midi, au lycée, Noé commence à recevoir plusieurs messages de félicitations. « Je m’étais dit qu’ils s’étaient trompés. » Mais non, l’attaquant a bien chanté la Marseillaise le temps d’une sélection en U17. « On avait fait deux partout contre une équipe universitaire. »

Maintenant, Noé a un petit œil sur les sélections qui tombent… Il n’a pas été rappelé depuis. « Il y a la Coupe du Monde U18 à la fin du mois de décembre. Peut-être que… »

Un entraînement avec les pros et de l’humilité

En attendant, Noé le sait, il faudra faire ses preuves sur le terrain. Marquer, encore et toujours. Il sait pouvoir compter sur le soutien de son club. « J’ai participé à une séance avec les professionnels. C’était exceptionnel de jouer, mais aussi profiter des conseils de joueurs de L1. »

Il avait évidemment un œil attentif sur son « clone », Ludovic Ajorque. Les deux ont le même profil, grand, buteur, gaucher… Et si Loïc le Pape a fait venir Noé à Brest, il y a une raison.

L'imposant Noé Verron au duel avec le gardien adverse.
L’imposant Noé Verron au duel avec le gardien adverse. ©Photo transmise à la rédaction

Si du haut de ses 17 ans, le capitaine de l’équipe U19 du SB29 affiche une certaine confiance, celle du buteur face à la cage, le Brestois reste cependant très modeste.

Et le papa assure le rôle du sage. « Il n’est pas arrivé encore, ça peut aller très vite dans les deux sens ». Le fiston le sait : « depuis toujours, je rêve de devenir footballeur, mais ce n’est pas fait encore ».

Chaque jour qui passe le rapproche un peu plus de son rêve, et de bonnes nouvelles sont peut-être à venir…

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