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Cinq minutes et vingt-sept secondes. C’est la durée du discours que Michael Carrick a prononcé vendredi en ouverture de sa conférence de presse, avant même la première question des journalistes, rapporte l’Irish Times. Humilité, résilience, mérite : l’entraîneur de Manchester United a tout déroulé. Avec un message central, adressé à ses joueurs.
« Le sentiment que tout vous est dû ne peut pas exister dans ce club. Si ce n’est pas votre cas, ce n’est pas votre place. »
Difficile de ne pas y voir une réponse aux critiques de la semaine. Après la débâcle de Côme (4-1) en Ligue des Champions, Bruno Fernandes avait publiquement remis en cause les choix tactiques de son entraîneur. Interrogé sur une éventuelle mise à l’écart de son capitaine, ou sur un retrait du brassard pour le déplacement à Bournemouth, Carrick n’a rien exclu. « Je ferai toujours ce qui est le mieux pour le club », a-t-il simplement répondu.
Une phrase qui ne rassure personne, ou plutôt qui inquiète tout le monde. Le capitaine portugais avait déjà été étrillé par Jamie Carragher sur CBS Sports Golazo, qui jugeait son attitude indigne : « Ce n’est pas ce qu’un capitaine de Manchester United devrait faire. »
Pour appuyer son propos, Carrick a convoqué les grandes figures du club. Ryan Giggs, Wayne Rooney, Sir Alex Ferguson, Sir Matt Busby, Sir Bobby Charlton : autant d’exemples, selon lui, d’abnégation et de dévouement à l’institution. « Ça n’a jamais été une question de Ryan Giggs », a-t-il glissé, en insistant sur l’idée que le collectif passe avant les individualités.
L’ancien milieu a aussi voulu couper court aux rumeurs de fracture interne. « Le vestiaire n’est pas divisé. Nous devons simplement revenir à ce que nous savons faire de mieux, et nous y arriverons. » Avant de se poser en paratonnerre : il tiendra le parapluie, quitte à se mouiller lui-même, pour que les autres restent au sec.
Outre-Manche, la séquence a laissé les observateurs partagés. Certains y ont vu un coup de force salutaire, la preuve d’un entraîneur qui reprend la main. D’autres, un discours de survie, prononcé par un homme qui sent le sol se dérober sous ses pieds. Les deux lectures se tiennent.
Le contexte, lui, ne lui laisse aucun répit. Treizième de Premier League avec seulement deux victoires en onze matchs, United a déjà dressé une liste de remplaçants potentiels. Et selon le Telegraph, deux d’entre eux, Julian Nagelsmann et Eddie Howe, jugeraient certains joueurs mancuniens trop bavards, et estimeraient qu’il faudrait les remettre à leur place. Tous deux seraient ouverts à la discussion si le club les approchait.
Carrick, lui, se dit sûr de pouvoir inverser la tendance, à 100 %. Il sera bien sur le banc dimanche à Bournemouth, dans un match aux allures de quitte ou double. Rarement un entraîneur aura joué aussi gros sur un seul discours. Le vestiaire va forcément en parler. Reste à savoir s’il l’aura entendu.