Retour
À la veille du déplacement à Angers, le silence est assourdissant du côté de l’OM : rien n’est prévu pour marquer les dix ans de Frank McCourt à la tête du club. Le propriétaire américain, lui, se fait discret au moment où ses choix sont passés au crible. Il y a dix ans, son arrivée au Vieux Port avait déclenché un vrai enthousiasme, après les années Margarita Louis-Dreyfus, jugées moins passionnées. Aujourd’hui, personne ne sort le champagne.
Le bilan, lui, est sans appel sur un point : malgré des centaines de millions d’euros injectés, le Bostonien n’a toujours pas décroché le moindre trophée, et ce n’est pas cette saison que la page se tournera. Pour l’économiste du sport Vincent Chaudel, interrogé par Le Figaro, c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué.
« C’est l’histoire d’un rendez-vous loupé, car il y avait des moyens. Malgré des résultats sportifs décevants, des crises, des droits TV proches du néant et un football français en difficulté, l’investisseur est là, a mis l’argent et n’a pas fait du Gérard Lopez, qui a coulé les Girondins de Bordeaux. Il y a eu des erreurs, mais surtout il n’y a aucun héritage. Pas d’achat du stade ou du centre de formation. Avec Jacques-Henri Eyraud, McCourt a eu quelqu’un du business qui a fait des erreurs sportives. Avec Longoria, il a eu quelqu’un de sportif qui a fait des erreurs de business. Il n’a pas trouvé les bonnes personnes au bon moment ni au bon endroit »
Reste la question qui plane sur la Commanderie : dans quelle catégorie Stéphane Richard, nommé en mai dernier, finira-t-il par se ranger ? L’ancien patron d’Orange hérite d’un club qui a pris de la valeur mais qui n’a rien gagné, d’un propriétaire en retrait et d’un public lassé des promesses. Le dixième anniversaire passera sans fanfare. Le onzième dépendra de ce que Richard saura en faire.