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« Je voulais être judokate » : Romane Leveau, passée par le VSF, est aujourd’hui joueuse professionnelle… de football
Romane Leveau a connu une montée historique avec l'US Saint-Malo.
Romane Leveau a connu une montée historique avec l’US Saint-Malo. ©Photo transmise à la rédaction

Un tatami, une pelouse… Le terrain de jeu était hétérogène pendant l’enfance de Romane Leveau.
L’enfant de Ceton (Orne) était une dingue de judo. Elle a même été championne de France par équipes avec l’ASN judo de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).
Une carrière en judogi l’attendait, mais aujourd’hui, c’est bien crampons aux pieds qu’elle s’exprime.
La footballeuse de l’US Saint-Malo, passée par le VSF de La Ferté-Bernard (Sarthe), vit un rêve éveillé en Arkema Première League (Division 1).

Le judo, une prescription médicale lorsque la footballeuse pro Romane Leveau avait 3 ans

Sur internet, l’identité numérique de Romane Leveau est double. Il y a évidemment cette footballeuse talentueuse qui déboule sur les côtés de l’US Saint-Malo. Mais il y a aussi la Romane Leveau, visage juvénile, en judogi sur les podiums régionaux et même nationaux.

R. Leveau vice-championne de France La sociétaire du Judo-club de Nogent-le-Rotrou Romane Leveau. - romaneleveaufranc2019eugsel
Romane Leveau avait également terminé vice-championne de France Ugsel. ©Photo d’archives Action-Echo

Vérification faite, c’est bien la même personne. Les facultés physiques de la Cetonnaise étaient supérieures à la moyenne. Sa rigueur aussi. Son investissement certainement. « J’ai commencé le judo sur prescription médicale », retrace-t-elle. Enfin, c’est ce qu’on lui a raconté.

J’avais 3 ans, et le médecin avait préconisé ça car j’étais trop introvertie.

La thérapie sociale est excellente, Romane s’ouvre aux autres. Plus que ça, elle se révèle un potentiel de championne.

« Je ne voyais que par le judo »

Championne régionale d’abord, puis de France par équipes avec les minimes. « Avec Luc Garo, j’avais la chance d’avoir un entraîneur formidable. »

Romane s’imaginait alors faire carrière dans ce sport qu’elle chérissait tant. « Je voulais être judokate professionnelle, c’était ma vocation. Je ne voyais que par le judo. Mon palmarès était plus important en judo qu’en foot. »

Comment a-t-elle effectué la bascule ? Ses débuts dans le foot sont du simple mimétisme de fratrie.

Mon frère en faisait à Ceton, il m’avait convaincue d’en faire avec lui.

Aujourd’hui, ce doit être lui qui envie sa sœur. « On jouait dans le jardin et on était dans la même équipe. J’avais 12 ans. »

La petite Ornaise n’avait aucune espèce d’ambition dans le ballon rond. « C’était de la détente, j’allais jouer avec mon frère, c’était mes plus belles années. Ce n’était vraiment pas prise de tête. »

Une détection avec une clavicule cassée

Née du « mauvais » côté de la frontière, Romane habitant dans l’Orne, elle ne peut intégrer la section judo du collège Pierre-Brossolette, à Nogent-le-Rotrou, en Eure-et-Loir…

Avec sa soif de sport, elle intègre celle de football à La Ferté-Bernard en s’inscrivant au collège Notre-Dame. « Et puis, je me suis prise au jeu. » Elle vivra une saison au VSF, entre 2018 et 2019.

J’étais en U14, et j’alternais entre une entente masculine avec Vibraye, et quelques matchs avec les catégories féminines supérieures.

Quand vient la détection départementale obligatoire à effectuer dans la saison, c’est la tuile. « Je m’étais cassé la clavicule au judo. Mais j’y suis allée quand même, je n’avais pas le choix. J’étais strappée, j’avais le bras en compote. Et j’ai quand même été retenue pour la détection régionale. »

Une licence Staps en poche

Derrière, tout s’enchaîne ! Le Mans FC la repère. Elle y fera toutes ses classes de la Régionale 2 à la Division 2. Et donc son contrat professionnel. « J’étais une des premières dans le club à signer ce contrat. C’était une chance incroyable. »

Sur son côté, Romane Leveau fait des dégâts avec son volume de courses.
Sur son côté, Romane Leveau fait des dégâts avec son volume de courses. ©Photo transmise à la rédaction

En parallèle, elle fait ses études au Pôle Espoir de Rennes (Ille-et-Vilaine) où elle obtient sa licence de Staps APA (Parcours Activité Physique Adaptée-Santé). Et le judo est encore là, avec des entraînements à Chartres (Eure-et-Loir)… « Mais ça devenait trop dur de tout concilier, ils m’ont demandé de faire un choix. »

Des passages en équipes de France

Le bon choix, puisqu’elle a découvert les catégories de jeunes de l’équipe de France jusqu’en U19. « C’était une bonne expérience, mais vraiment très stressante. »

Il y a aussi eu l’équipe de France militaire avec la Coupe du Monde à Amsterdam en 2023, où les Bleues ont été jusqu’en finale. « Il y avait un état d’esprit que j’ai adoré même si je n’étais que remplaçante. »

Une grosse blessure et une année blanche vont noircir sa fin d’aventure au Mans FC, le club ne comptant plus sur elle…

C’était aussi une fin de cycle. Ils ont eu raison, je n’aurais jamais pris cette décision moi-même. J’ai un amour énorme pour ce club, sans eux, je n’ai pas de carrière.

Après ce coup de massue, son portable sonne directement. « Saint-Malo me proposait un projet. Le club avait des valeurs familiales semblables à celles du Mans. J’ai foncé ! »

Un sacré rebond à l’US Saint-Malo

À froid, la piston gauche reconnaît : « je n’ai même pas eu à douter. À me poser de question sur mon avenir, un potentiel métier… » Un rebond immédiat ! Et quel rebond ! Elle a sauté sur un véritable trampoline.

Dès le premier match avec Saint-Malo, je marque. Rapidement, j’enchaîne, je fais des passes décisives…

Du plaisir et de la confiance dans son jeu qui sonne le grand retour de Romane Leveau ! « Cette saison 2025-2026, elle a été révélatrice. Je sentais que je devenais une autre joueuse. »

Romane Leveau en plein match contre Rodez.
Romane Leveau en plein match contre Rodez. ©Photo transmise à la rédaction

Une grande Romane Leveau dans un collectif soudé, ça donne une saison historique pour les Diablesses (surnom de l’équipe féminine de l’US Saint-Malo). « On monte en Première Division avec un des plus petits budgets de D2. Et un point devant Le Mans… »

« Un nouveau monde »

L’ancienne joueuse du VSF reconnaît avoir passé « plusieurs mois sur un nuage ». Mais le début de la saison est compliqué et les favorites du championnat arrivent au calendrier.

On ressent la différence. C’est un nouveau monde. Le gap (fossé, NDLR) est énorme. Athlétiquement déjà. Mais on va prendre ce qu’il y a à prendre. On va essayer de gratter des points.

Les Malouines comptent déjà une victoire au compteur face à Montpellier (Hérault). « Notre capacité mentale, c’est notre force. On va tout faire pour déjouer les pronostics. »

Le judo l’inspire au quotidien

Footballeuse professionnelle, son quotidien est encore marqué par son passé de judokate. « Physiquement, je ne peux pas dire que ça m’aide. Mais mentalement, le judo m’aide. Je vis encore judo, ses valeurs m’animent. C’est une source mentale permanente pour moi. »

Elle aimerait d’ailleurs remonter sur les tatamis, mais le risque de blessure est trop grand…

C’est vraiment à contrecœur que je ne peux plus en faire.

L’attaquante reconvertie piston ne regrette rien de son parcours, ni de ses choix. « Le football m’offrait une plus grande sécurité… Il est plus médiatique, je peux ne faire que ça au quotidien. » Posée, elle remarque, « si ça se trouve, je n’aurais même pas eu de carrière en judo ».

« Garder en tête que ça peut s’arrêter »

Grâce au développement du foot féminin, Romane est heureuse de pouvoir en vivre. « Il y a eu un boom, il y a quelques années. Là, je trouve que ça stagne. Et on se fait dépasser par plein de pays en Europe. »

Mais il y a plein de paramètres. « Il faut garder en tête que ça peut s’arrêter. Donc je fais des formations Cned (Centre national d’enseignement à distance) en parallèle. »

Sacrée maîtrise technique pour Romane Leveau !
Sacrée maîtrise technique pour Romane Leveau ! ©Photo transmise à la rédaction

La Cetonnaise va maintenant vivre une saison pleine en Première Division et donner le meilleur d’elle-même pour poursuivre sa progression continue depuis sa plus tendre enfance.

« Si on m’avait dit, quand j’arrive au Mans en R2, que je serais aujourd’hui professionnelle… » Comme quoi rien n’est impossible, même pas le maintien des Diablesses ?

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