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Il perd tout et revient in extremis sur la Route du Rhum : l'histoire inspirante du skipper marseillais Nicolas Rouger
Nicolas Rouger Demain c'est loin
Après avoir tout perdu en 2023, le skipper Nicolas Rouger revient de loin. Grâce à son team, à ses soutiens et ses partenaires historiques, il s’aligne pour la deuxième fois à la Route du Rhum, en Imoca. ©Le Pays Malouin / B.R. 

Automne 2022, Nicolas Rouger vit « un rêve éveillé » en participant à sa première Route du Rhum. Été 2023, tout s’écroule. Son Imoca, avec lequel il visait le Vendée Globe 2024, a été « cassé en deux » sur un chantier naval de Marseille. Le bateau a chuté de cinq mètres lors d’une manutention. « Je perds tout à 45 ans. »

Le skipper doit rembourser un demi-million. Il en sera au point « de ne pas avoir 20 balles à Noël pour payer un cadeau à ma fille ». Sa traversée du désert va durer trois ans. Pour vivre, il enchaîne les chantiers.

À deux doigts de perdre sa maison

Début 2026, Nicolas Rouger est à deux doigts de perdre sa maison. Au culot, il obtient un répit auprès de sa banque. L’espoir renaît. Mais le déclic viendra des organisateurs de la Route du Rhum, qui lui offrent une wild card, le 15 juin. « Je me suis dit, là, on peut repartir. » Mais il faut faire vite.

Deux de ses partenaires historiques acceptent de rempiler. « Il restait trois bateaux à vendre. » Il obtient celui avec lequel Guirec Soudée a bouclé le Vendée Globe 2024. Un Imoca de 2007 qui a aussi gagné la Route du Rhum, en 2010, avec Roland Jourdain.

Les piliers du team marseillais sont là et bien là, prêts à écrire avec Nicolas Rouger « la plus belle histoire du prochain Vendée Globe ». Ils ne seront pas de trop pour aller récupérer le bateau « en kits » à Concarneau, puis pour le remonter à Port-la-Forêt, en un temps record. « On a eu une aide incroyable. » In extremis, le skipper assure sa qualification avant d’arriver à Saint-Malo, la semaine dernière.

IAM comme parrains

Sur le village, son bateau est à quai, entre le Malizia 4 de l’Allemand Boris Hermann et l’Allagrande Mapei de l’Italien Ambrogio Beccaria. Le sien s’appelle, comme en 2022, Demain c’est loin. Référence à un morceau de ses parrains, le groupe marseillais IAM. « Ils ne m’ont pas lâché », savoure Nicolas Rouger.

Le skipper peut toujours compter, aussi, sur l’artiste sétois Hervé di Rosa, avec qui il a monté en 2021 un modèle de financement pas banal. Le peintre, connu pour ses personnages appelés les « René », a réalisé la voile du bateau. « Il y a mis 180 de ses p’tits bonhommes et m’a dit qu’ainsi je ne serais jamais seul. »

Cette voile en coton, aujourd’hui stockée au musée Paul Valéry à Sète se vend, à la découpe, à 20 000 € le m2. Chacun de ces morceaux est une œuvre d’art qui vient abonder le budget de Demain c’est loin.

Nicolas Rouger Demain c'est loin
Demain c’est loin, un morceau du groupe IAM mais aussi le nom du bateau de Nicolas Rouger,  ©Benoit Begou

Mélange des genres

Le projet a été conçu dans un esprit d’ouverture et de mélange des genres. « Je veux que l’art et la culture financent les dernières aventures humaines. » C’est aussi ce qui avait convaincu IAM de suivre Nicolas Rouger : l’envie d’intéresser à la course au large par le biais des cultures urbaines. « La voile, oui, ça a un côté égoïste. Mais embarquer le maximum de gens, c’est déjà une victoire. »

Ancré à La Ville-ès-Nonais

Il ne lui a pas fallu longtemps pour se faire des supporters dans la région malouine et en particulier à La Ville-ès-Nonais. C’est là, dans cette petite commune des bords de Rance, qu’il loge jusqu’au départ vers la Guadeloupe. Le courant est bien passé au bistrot des 2 Ponts. De fil en aiguille, un échange a été organisé avec les habitants et les enfants de la commune.

« On s’était dit qu’on ferait un tirage au sort pour leur permettre de découvrir le bateau. Mais en les voyant, on n’a pas eu le cœur de faire ça, on prend tout le monde ! »

En racontant son histoire, en clamant qu’aucune barrière sociale ne peut empêcher de réaliser ses rêves, Nicolas Rouger s’est attiré la sympathie. « Ce que je veux, c’est raconter une belle histoire. Et on serait vraiment des enfoirés si on ne partageait pas tout ça. »

Contact : Élodie Avanian au 06 19 87 29 45 – Instagram @nicolasrougernavigateur

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