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"Le championnat du quartier, ça ne m'intéresse pas" : à 80 ans, Daniel Faubert marche au mental et aux records
Daniel Faubert
Daniel Faubert détient de nombreux records en marche athlétique. Ces exploits ont été reconnus en septembre dernier à l’occasion des Trophées des sportifs de Bayeux, où il a remporté le titre de sportif senior de l’année.  © Jeanne CRIDLING

Le parisien, portais d’adoption depuis quatre ans maintenant, s’apprête à fêter ses 80 ans. Difficile à croire, l’ancien médecin militaire paraît 10 ans de moins. À l’évidence, le sport entretient la santé et le physique, et au vu du CV sportif de Daniel, il lui reste encore de belles années à venir.  » Mon objectif ? Battre tous mes records.  » Accro à la performance, il vient tout juste de pulvériser un record mondial. 

« Il faut aimer se faire mal »

Daniel fait ses premiers pas sportifs vers l’âge de 8 ans en s’essayant à la gymnastique et à l’athlétisme. Son parcours sera toutefois jalonné de plusieurs parenthèses, à commencer par ses études de médecine qui, par manque de temps, le tiennent éloigné des terrains. Devenu ensuite père de quatre enfants, il choisit de faire de sa vie de famille la priorité.

1980 marque les débuts d’une épopée sportive, empreinte de nombreux records dans ce sport qui rendra accro Daniel : la marche athlétique. « J’avais une maison en Champagne. Devant chez moi passaient les marcheurs de l’épreuve sportive Paris-Colmar, ça m’a donné envie d’essayer la marche athlétique. »

À l’aube de ses 34 ans, Daniel a désormais un nouvel objectif : parcourir ces 500 kilomètres reliant la région parisienne à l’Alsace. « Je m’entraînais 10 heures par semaine. » Ces heures à marteler le bitume génèrent chez Daniel cette « envie de se surpasser. J’ai découvert des sensations uniques, il faut aimer se faire mal « , s’amuse-t-il en replongeant dans ses souvenirs.

La douleur prend un sens, heureusement, sinon les femmes n’accoucheraient qu’une seule fois.

Dans ce sport, au-delà de la technique, le mental est l’une des clés de la réussite, notamment sur des épreuves d’endurance extrême. Son mental, Daniel l’a mis à l’épreuve en 1986, sur le parcours du Paris-Colmar.

« J’ai eu un décollement de l’épiderme sous le pied. Ça m’a fait une énorme ampoule que j’ai traînée dès les premiers kilomètres. On serre les dents, pas le choix. » Passés les 250 kilomètres, il fera une pause de trois heures pour les soins obligatoires, et une dernière pause d’une heure à 100 km de l’arrivée. Résultat : Daniel bat son propre record en terminant le parcours en 69 heures et 45 minutes.

Abandonner n’a jamais été une option pour Daniel. Quelle que soit la douleur, rien ne saurait entamer sa détermination à décrocher un classement à la hauteur de ses ambitions. Car pour lui, une seule chose compte : « C’est la place ». Pari réussi, puisqu’il s’empare d’une très belle 5e position sur 30 participants.

« Le championnat du quartier, ça ne m’intéresse pas »

Nouvelle pause dans le parcours de Daniel, et pas des moindres. Pendant 15 ans, il laisse ses chaussures de marche sur le bas-côté. « Je n’avais plus du tout envie » confie-t-il. Mais l’addiction au sport le rattrape vite. Jet-ski, danse sportive, golf… Il s’essaie à une multitude d’activités, avec une constante : le goût de la compétition. « Le championnat du quartier, ça ne m’intéresse pas », affirme cet éternel challenger qui a besoin de se dépasser. Sans enjeu, « pas la peine de faire du sport ».

6 records et un rêve 

Fin juin 2025, Daniel retrouve l’envie de marcher. « Au bout de trois semaines, j’ai fait une épreuve en Seine-Maritime, de quatre heures. » Puis, toujours en 2025, direction les 100 km et les 24 heures de marche de Lipsheim (Bas-Rhin). Spécialiste des épreuves de 100 km, Daniel bat un record du monde dans sa catégorie (les 78 ans). Le 18 octobre dernier, sur cette même compétition, Daniel a signé une nouvelle performance : 12 h 57 sur 100 km, battant ainsi le record de France et du monde dans sa catégorie.

À l’aube de ses 80 ans, Daniel, détenteur de près de 6 records en marche athlétique, rêve d’une chose : « les battre tous, ceux des 5, des 10, des 21, des 100 km. » Pour lui, impossible d’envisager la suite de sa vie sans sport, « et si je suis diminué physiquement, et bien j’irai moins vite, mais je ne m’arrêterai pas. »

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