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Rugby – Pro D2 : "Sur un malentendu, tout peut se passer", à Montauban, le Racing Club Narbonnais veut montrer un visage séduisant loin du Parc des Sports
Hugo Goyenech sera une nouvelle fois à la baguette du jeu du Racing, aux côtés du demi de mêlée Pablo Barbaste (ici à sa gauche). L'Indépendant - Jennifer Barcelo

Ce vendredi soir (19 h 30), sur la pelouse de Sapiac, le Racing Club Narbonnais défie le relégué de Top 14 Montauban pour se prouver que la prise de conscience collective contre Brive (victoire 34-26) est aussi de rigueur à l’extérieur.

"Match après match". C’est sûrement la phrase la plus langue de bois dans le sport professionnel, que ce soit de la bouche des joueurs ou des entraîneurs. Cette façon de montrer que chaque match est important. Au Racing Club Narbonnais, cette semaine, ce n’est pas le même discours. Après la belle victoire contre Brive vendredi dernier au Parc (34-26), le déplacement à Montauban pour cette neuvième journée est étroitement lié à la réception de Nice dans deux semaines à l’Egassieral. Ou plutôt à "cette finale de bloc", comme l’appelle le manager Jacques Delmas.

"Nous avons besoin de voir tout le monde, certains ont besoin de temps de jeu. Nous l’avons vu, quand certains réintègrent le groupe, nous sentons qu’ils manquent de compétition. Et puis, comme à certains postes, il n’y a pas pléthore, nous sommes obligés de cibler certains joueurs, de les protéger plus que les mettre au repos, en vue du match de Nice", clarifie Delmas. Un choix assumé donc de réaliser un nouveau turnover à l’extérieur, de faire 13 changements dans le XV de départ et de ne laisser enchaîner que l’ouvreur Hugo Goyenech et le centre Faletoi Peni.

Pour le reste, le staff du Racing a fait des choix en connaissant de la capacité des joueurs mis sur le terrain. Tous – sauf le troisième ligne centre Phil Talaileva qui connaîtra sa première feuille de match – ont déjà des minutes en Pro D2 cette saison. Treize étaient de la partie à Aix-en-Provence (défaite 47-42), le même nombre à Colomiers il y a deux semaines (défaite 49-28). C'est d’ailleurs de cette prestation décevante en Haute-Garonne que le manager de Narbonne veut se servir pour se rendre à Montauban. "J’espère que nous avons su retenir la leçon. Nous n’avions pas mis les ingrédients là-bas, c’est de notre fait. Et puis, il y a eu une prise de conscience des leaders (contre Brive), nous avons compris que nous pouvions faire les choses. J’ose espérer que nous saurons mettre les choses en place", argue Delmas.

Un quatrième gros morceau en quatre matches

Montauban est un nouveau gros morceau. Le quatrième en quatre matches sur ce deuxième bloc. Relégués du Top 14, les Tarn-et-Garonnais ont su retrouver de l’allant avec une sixième place, cinq victoires et trois défaites. Surtout, le succès renversant contre Oyonnax la semaine dernière (24-23), quand les Aindinois étaient toujours invaincus et menés 7-20 à la pause, fait office de véritable lancement de la saison pour l’USM. Et puis, à Sapiac, ça peut piquer, c’est bien connu. "C’est une équipe costaud, nous ne devons pas nous tromper de stratégie, prendre les choses en main. Si nous y allons avec un manque d’investissement, nous risquons de nous faire rouler dessus. Il y a eu une prise de conscience collective, je veux que nous soyons dans la continuité. Le plus important est l’état d’esprit, avoir envie de jouer au rugby, mettre notre jeu en place, essayer de contourner cette grosse densité adverse. Il faut essayer de les faire courir, pour y parvenir, il faut avoir le monopole du ballon", confie Jacques Delmas.

Et pour mettre ces ingrédients, le manager du Racing compte sur son capitaine d’un soir, l’international roumain Stefan Buruiana. Jamais le dernier pour mettre la tête où certains ne mettraient pas un orteil. Le discours du talonneur est assez clair avant ce match : "Nous y allons pour montrer que nous sommes là, nous voulons faire un coup là-bas, montrer que nous existons. Nous voulons prendre du plaisir, s’encourager. Si nous pouvons mettre le pied dans la porte, nous le ferons". Pour réussir le défi à Montauban, remplir le contrat de présenter un visage bien plus séduisant que la dernière sortie à Colomiers, Narbonne doit montrer que la victoire contre Brive n’était pas seulement due à la prise de conscience des leaders, mais de tous les éléments du groupe. Et si tous les ingrédients sont mis sur la table, comme dit Jacques Delmas, toujours bien inspiré : "Sur un malentendu, tout peut se passer".

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