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Avec 102 points d’avance sur son coéquipier George Russell, le jeune pilote italien dispose d’une première balle de match, dimanche à Austin, pour le Grand Prix des États-Unis
Qui pourra empêcher Kimi Antonelli de devenir, à 20 ans, le plus jeune champion du monde de l’histoire de la Formule 1, effaçant des tablettes un certain Sebastian Vettel, couronné à 23 ans en 2010 ? A priori, pas grand monde. Sinon personne. À six Grand Prix du baisser de rideau, le pilote italien bichonné par Mercedes possède 102 points d’avance sur son coéquipier, le Britannique George Russell, 111 sur Lewis Hamilton (Ferrari), 119 sur Max Verstappen (Red Bull) et 139 sur Lando Norris (McLaren), les seuls à pouvoir mathématiquement lui disputer le titre mondial.
Et encore, les mathématiques ne seront d’aucun secours à la concurrence. Pour que Hamilton, Verstappen ou Norris dépassent Antonelli, il faudrait que le pilote italien s’effondre et ne marque quasiment plus aucun point jusqu’à la fin de la saison. Un scénario de science-fiction. Et George Russell n’est pas mieux loti. Parce qu’Antonelli pourrait être sacré dès le Grand Prix des États-Unis, dimanche à Austin. Pour cela, il devra franchir en premier le drapeau à damier, sans que George Russell ne fasse mieux qu’une 9e place, son résultat lors du dernier GP, à Singapour, après être parti du fond de la grille.
Ce scénario paraît en tout cas plus crédible que ceux promettant une folle remontée du peloton des poursuivants. Car en dépit du sursaut d’orgueil de Max Verstappen, vainqueur consécutivement à Sepang et Singapour, Kimi Antonelli surfe sur une dynamique incroyablement positive. Trahi à une seule reprise par sa monoplace Mercedes, à Barcelone (contre trois fois pour Russell), le pilote italien a fait preuve d’une constance redoutable cette année. Et il a signé d’authentiques exploits, comme en septembre à Monza. Parti de la 19e place, Antonelli avait réalisé ce dimanche-là un come-back inédit en F1 pour s’imposer et devenir le premier Italien vainqueur à Monza depuis Ludovico Scarfiotti en 1966, faisant chavirer le cœur de milliers de tifosis plutôt portés à s’enthousiasmer pour les monoplaces de la Scuderia Ferrari…
Vainqueur de huit Grand Prix cette saison, auxquels il faut ajouter six podiums, le petit prodige Antonelli a mûri à la même vitesse que la monoplace qu’il pilote. Et pour sa deuxième saison dans la reine des compétitions motorisées, le gamin, titulaire du permis de conduire deux mois à peine avant de se lancer en F1, s’apprête à entrer de plain-pied dans le cercle très fermé des champions du monde. Ce qu’aucun Italien n’a accompli depuis Alberto Ascari en 1953.