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Il a gagné des titres, soulevé la Coupe du monde et dirigé les Bleus pendant quatorze ans. Pourtant, Didier Deschamps n'a jamais échappé aux critiques, même lorsque les résultats étaient au rendez-vous. Ce 15 octobre 2026, jour de ses 58 ans, l'ancien sélectionneur peut regarder son parcours avec fierté. Mais le champion du monde 1998 a aussi quelques vérités à partager sur la façon dont les Français jugent la réussite.
Une nouvelle étape vient d'être franchie dans le dossier opposant l'ancien patron des Bleus à Daniel Riolo. Selon Le Parisien, Didier Deschamps s'est désisté de son appel. L'audience, initialement prévue le 13 janvier 2027, n'aura donc finalement pas lieu. L'information, révélée par L'Équipe puis confirmée par le quotidien, met fin à la perspective d'un deuxième procès.
L'affaire remontait à la Coupe du monde 2022, après le forfait de Karim Benzema, victime d'une déchirure à la cuisse gauche. Daniel Riolo avait alors qualifié Deschamps de "menteur", l'accusant d'avoir voulu écarter l'attaquant du Real Madrid. Le compagnon de Géraldine Maillet avait également évoqué les affaires VA-OM et le dopage à la Juventus Turin. Poursuivi pour diffamation, il avait été relaxé en janvier 2026. La 17e chambre du tribunal de Paris avait jugé ses propos "péjoratifs mais pas diffamatoires".
Ce désistement intervient alors que Didier Deschamps se prépare à tourner la page de l'équipe de France. Son avocate, Me Isabelle Wekstein, a confirmé cette volonté auprès du Parisien-Aujourd'hui en France. "Après 14 années couronnées de succès à la tête de l'Equipe de France, Didier Deschamps a envie de tourner la page", a-t-elle déclaré.
Son conseil a toutefois rappelé que les juges auraient reconnu une volonté de jeter le discrédit sur son client, ainsi que le préjudice subi. Elle souligne que les règles du droit de la presse sont particulièrement strictes. Une appréciation sévère des propos ne suffit donc pas toujours à obtenir une condamnation. Malgré les débats suscités par ses choix tactiques, le technicien laisse derrière lui un bilan impressionnant, avec notamment une Coupe du monde remportée en 2018.
L'an dernier, dans les colonnes du Figaro, puis relayé par Parlons Basket, Didier Deschamps avait justement pointé une différence de mentalité qui l'agace. "Je ne critique pas la presse française en général, cela fait partie de la culture. C'est : 'oui, mais…' À l'étranger, il n'y a pas de 'mais'. C'est 'oui, tu as gagné, tu as gagné. Point !' Si tu n'es pas bon, tu te fais défoncer, il n'y a pas de soucis. Ce n'est pas uniquement valable que sur le sport. C'est culturel. Je suis français et fier de l'être, mais sur la réussite, il y a toujours ce fameux 'mais', ajouter quelque chose de négatif ou suspect."
Le message est clair : pour lui, les succès méritent d'être salués sans chercher systématiquement la petite bête. Il reconnaissait pourtant que la presse étrangère pouvait se montrer très virulente. Mais, dans ses échanges avec les médias étrangers, il avait constaté "une certaine admiration pour les résultats des Bleus". Une sortie cash qui résume bien sa vision : on peut être fier de la France tout en regrettant sa tendance à minimiser les victoires.