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C’est un paradoxe comme seul le mercato sait en fabriquer. Frenkie de Jong n’a pas disputé la moindre minute avec le FC Barcelone cette saison, et pourtant son nom circule à nouveau du côté de Londres. Selon Football Insider, Chelsea devra mettre sur la table au moins 50 millions de livres pour convaincre le Barça de lui ouvrir la porte en janvier. Les Blues seraient même prêts à lui proposer un contrat très copieux.
Pour comprendre l’ironie de la situation, il faut revenir au mois de juillet. Touché au genou pendant la Coupe du monde, le milieu néerlandais a continué à jouer, jusqu’à la 110e minute du seizième de finale perdu aux tirs au but face au Maroc. Le verdict est tombé à son retour en Catalogne : rupture du ligament latéral interne du genou droit, et plusieurs mois d’absence.
Au Barça, la pilule a eu du mal à passer. Certains se sont interrogés sur son implication, et le joueur a pris la parole pour se défendre, renvoyant la responsabilité vers le staff médical des Oranje. « Parfois, il y a des choses que vous ne pouvez pas contrôler », a-t-il plaidé. Une ligne de défense qui n’a pas forcément convaincu tout le monde en interne.
Puis est venu le bras de fer. De Jong a refusé de passer sur la table d’opération, persuadé qu’un traitement conservateur suffirait. Le staff médical et la direction du club, eux, estimaient que l’intervention était la seule solution fiable. Un conflit public, rare à ce niveau, qui a laissé des traces.
Aujourd’hui, le Barça attend toujours. Le retour du Batave a encore été repoussé avant la réception de Getafe, et Hansi Flick, soucieux de ne prendre aucun risque, pourrait patienter jusqu’au déplacement à Alavés, le 1er novembre. D’ici là, le calendrier catalan (Galatasaray, le Betis, le PSG puis le Clasico) se jouera sans lui.
Alors, pourquoi Chelsea se positionnerait-il sur un joueur de 29 ans en convalescence ? Parce que, sur le papier, les Blues tiennent peut-être une fenêtre de tir unique. Les relations entre le joueur et son club se sont abîmées, De Jong fait partie des plus gros salaires de l’effectif, et le Barça, toujours sous la contrainte du fair-play financier espagnol, ne crache jamais sur une rentrée d’argent.
Il y a aussi l’argument sportif. Avant ses pépins, De Jong restait l’un des meneurs de jeu reculsés les plus élégants d’Europe : relance propre, conduite de balle, intelligence de placement. Un profil rare. Et donc cher.
Reste l’évidence : recruter un joueur qui n’a pas encore retrouvé la compétition relève du pari. Cinquante millions de livres pour un milieu dont personne ne connaît le niveau de forme actuel, c’est un coup de poker. Un coup de maître, peut-être. Ou un fiasco retentissant.
Pour l’heure, il ne s’agit que d’une piste. Mais si De Jong rejoue en novembre et retrouve vite son niveau, le dossier pourrait s’emballer à l’approche de l’hiver. À Barcelone comme à Londres, on surveillera ses premiers pas avec la plus grande attention.