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Huit Ultim au départ de la Route du Rhum, deux constructions en vue : les trimarans géants en vogue

Malgré un contexte économique impitoyable, notamment pour les monocoques, les trimarans Ultim, deux fois plus chers, attirent les sponsors et une vague de projets. Mais la flotte est-elle si solide ?

Pourquoi les Ultim sont-ils en vogue ? C’est presque mystère et boule de gomme… Le contexte économique...

Pourquoi les Ultim sont-ils en vogue ? C’est presque mystère et boule de gomme… Le contexte économique qui assèche les budgets des autres classes leur passerait-il au-dessus de la grand-voile ? Leur construction coûte pourtant deux fois plus cher (15 à 20 millions) que celle d’un Imoca, les bateaux du Vendée Globe, et tout est à l’avenant : l’équipe à terre, les voiles, le développement des appendices…

Fiabilité

Jérémie Beyou a une théorie claire, d’autant que ce skipper, fidèle aux monocoques mais lâché dans un mois par Charal, aimerait racheter l’un des bateaux prochainement remplacés par les nouveaux en projet. « Les Ultim sont de plus en plus fiables, ils terminent plus souvent leurs courses. Les teams et les sponsors ont confiance et en construisent de nouveaux. »

Enchaînement vertueux, « la possibilité de racheter des bateaux de seconde main peut permettre à des sponsors qui n’étaient pas déjà dans le milieu d’y rentrer de manière assez rapide et efficace » et nourrit la flotte, tandis que le challenge sportif devient attractif : « ce qui me freinait jusque-là, c’est que la classe Ultim était pauvre en nombre, précise Jérémie Beyou. Maintenant, je retrouve ce qui m’intéresse : la confrontation, une classe dynamique avec beaucoup de monde au départ. »

« Je retrouve ce qui m’intéresse : la confrontation, une classe dynamique, beaucoup de monde au départ. »

Et c’est là qu’il faut commencer à relativiser ce dynamisme. Certes, les Ultim seront huit au départ du Rhum quand ils n’étaient que quatre il y a un an à la Café L’Or, cinq à la Jacques Vabre 2023. Mais ils étaient déjà huit au Rhum 2022, six sur l’Arkea Ultim Challenge, tour du monde en solitaire donc sélectif. Le tableau n’est pas nouveau et, surtout, le niveau de la classe (en voile, synonyme de catégorie) est hétérogène.

Les derniers nés, SVR-Lazartigue et Banque Populaire lancés en 2021, Sodebo en 2019, en attendant Gitana 18, se disputent les victoires. Actual, l’ex Gitana 17, de 2017, pourtant gagnant de l’Arkea Challenge 2024 et tenant du titre de la Route du Rhum 2022, paraît un brin distancé depuis son changement de nom.

La perf vient à qui a les moyens de financer les coûteux changements d’appendices (foils, safrans, dérive centrale), qui impliquent des changements de voile. Sodebo, qui a les moyens, a beaucoup progressé et vient de s’emparer du trophée Jules Verne (record autour du monde en équipage, en 40 jours et 10 heures).

Une bataille ou non ?

Les anciens au départ n’ont pas évolué aussi vite : Idec Sport, tenant du Jules Verne avant Sodebo, au départ du Rhum avec Alexia Barrier ; l’ex-Macif, aujourd’hui Armand Thierry, détenteur du trophée Saint-Exupéry tour du monde en solitaire avec François Gabart, en 42 jours et 16 heures, Liamm, de Guirec Soudée, le Sodebo de 2014…

« Cela va être une classe drôlement compétitive, intéressante sportivement autant que techniquement. Dès qu’on me dit ça, ça me titille beaucoup », savoure Jérémie Beyou.

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