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Au Chili, une "sirène des glaces" attire les nageurs dans l'eau gelée
Bárbara Hernández a établi plusieurs records du monde Guinness, dont celui de la plus longue distance parcourue à la nage par une femme en eau glacée, en 2025.

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La natation en eau glacée est une discipline sportive qui se développe de plus en plus au Chili. Elle consiste à nager dans une eau à moins de 5 °C, le plus souvent sans combinaison, et peut provoquer une sensation d’étouffement ainsi qu’une accélération du rythme cardiaque.

Au Chili, la nageuse Bárbara Hernández, âgée de 40 ans, a largement contribué à populariser cette pratique. Surnommée la "sirène des glaces", elle a établi plusieurs records du monde Guinness, dont celui de la plus longue distance parcourue à la nage par une femme dans une zone glacée, en 2025. Inspirés par ses exploits, des clubs et des athlètes se rassemblent peu à peu autour de cette discipline, faisant des fjords, des montagnes et des parcs nationaux de Patagonie des lieux de pratique inattendus.

La championne a découvert la nage en eau glacée en compétition en 2014, lorsqu’elle a été invitée à participer à une course dans un plan d’eau situé face au glacier Perito Moreno, en Argentine. Entre la peur, la beauté des paysages et le défi sportif, elle a immédiatement été conquise et a remporté la course haut la main. À peine sortie de l’eau, transie de froid, elle a éclaté de rire et n’avait déjà qu’une envie : replonger. "Ce jour-là, j’ai découvert que le froid n’était pas seulement une limite. Il pouvait aussi être un lieu pour découvrir ce dont j’étais capable", a-t-elle expliqué à Bloomberg.

La natation en eau glacée, une discipline qui nécessite de "persévérer malgré les signaux d’alarme"

Brûlures, difficultés à respirer, jambes qui s’alourdissent… Dans les colonnes du média américain, Bárbara Hernández a expliqué comment elle parvient à rester dans l’eau glacée alors que tous ses instincts la poussent à en sortir. Pour tenir, elle se concentre notamment sur le bruit de sa respiration et les battements de son cœur. L’immersion dans une eau aussi froide peut en effet provoquer une sensation d’étouffement et une accélération du rythme cardiaque. La circulation sanguine vers la peau ralentit également, le corps cherchant à préserver ses organes vitaux. Mais la championne a appris à ne plus lutter contre le froid, mais à l’affronter.

"Par grand froid, ce n’est souvent pas la vitesse qui compte, mais la capacité à persévérer malgré les signaux d’alarme", indique-t-elle. Le plus difficile était de trouver les fonds nécessaires pour continuer la compétition. Outre les frais de déplacement, les grandes traversées en eau libre peuvent coûter cher, entre les droits d’inscription, les permis, les équipes d’assistance et les bateaux d’accompagnement.

Malgré ces obstacles, elle a remporté plusieurs championnats du monde et est devenue la première Sud-Américaine à relever le défi de l’Oceans Seven, qui consiste à traverser à la nage sept détroits parmi les plus difficiles au monde. Pour la psychologue de formation, "il ne s’agit ni de la médaille ni du record du monde Guinness, mais du message que véhicule tout ce que nous faisons". Cette reconnaissance lui permet aujourd’hui de faire entendre sa voix en faveur de l’action climatique et d’un accès plus large aux sports extrêmes de plein air, notamment pour les femmes.

Des exploits qui ont contribué à populariser la nage en eau froide au Chili

Le Chili jouit d'une réputation de "bout du monde", en raison de sa situation géographique à l'extrême sud des Amériques, et son relief long et étroit se prête parfaitement aux aventures en plein air. Du sandboard dans le désert d'Atacama aux randonnées dans le parc national Torres del Paine, en passant par le surf à Pichilemu et le ski à Valle Nevado, l'offre touristique chilienne lui a valu d'être désigné première destination mondiale de tourisme d'aventure pour la septième fois aux World Travel Awards 2025.

Et les exploits de BárbaraHernández ont permis de mieux faire connaître la nage en eau froide au Chili. En août, 108 nageurs chiliens ont participé à la Coupe du monde de natation hivernale 2026 à El Calafate, en Argentine, selon les organisateurs, contre 52 l'année précédente. Les participants ont parcouru des distances allant jusqu'à 450 mètres dans les eaux d'une piscine flottante presque glaciale au pied du glacier Perito Moreno avec une course de 300 mètres en eau libre. Les nageurs étrangers s'y intéressent de près, d'après Melisa Alvarado, membre de l'équipe de soutien d'Hernández et organisatrice d'un Ice Mile à Puerto Natales, l'édition 2025 comptait un participant international, un nageur australien.

"Bárbara a ouvert la voie à ce sport au Chili. Elle nous a fait prendre conscience que nous disposions à Magallanes des mêmes conditions naturelles que les pays nordiques. Cela permet à Puerto Natales et à la Patagonie de s’ouvrir au monde entier, et c’est vraiment exceptionnel", a confié Melisa Alvarado. De son côté, María Silvia Muñoz souligne que la discipline attire de plus en plus de pratiquants grâce à une visibilité accrue. "De plus en plus de gens osent se lancer. La discipline a connu une croissance fulgurante", a-t-elle conclu.

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