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Nous y sommes ! Alors qu’elle scrute chaque année avec envie le Super Bowl et son fameux half time show, la France finit par accueillir sur son territoire la NFL et un match de football américain. Bon, ce ne sera pas vraiment LE Super Bowl, la grande finale du sport le plus suivi aux États-Unis, qui attire près de 200 millions de téléspectateurs dans le monde, mais ce 25 octobre sera néanmoins à marquer d’une pierre blanche dans le paysage médiatico-sportif local. “Ce match n’est pas seulement un grand événement, c’est l’événement sportif de l’année à Paris, s’enflamme Rémi Reverchon, présentateur de “NFL Extra” sur la chaîne beIN Sports. Qu’une ligue aussi puissante, qui écrase toutes les autres, comme la NBA, vienne chez nous, c’est absolument exceptionnel.”
Alors que la NBA s’est internationalisée depuis bien longtemps avec une présence aux Jeux Olympiques, des légendes comme Michael Jordan, LeBron James ou Kobe Bryant, et des joueurs de toutes nationalités permettant une diffusion de son championnat aux quatre coins du monde, la très américaine NFL semblait plus autosuffisante, moins dépendante de l’export. 23 milliards de dollars de revenus en 2024, contre 12 pour la NBA, et des contrats TV qui rapportent jusqu’à 110 milliards : c’est un colosse qui débarque chez nous, plein d’assurance. “On a fait des sondages en France : 12 millions de personnes se disent intéressées par la NFL et 2 millions se disent ‘avides’, nous indique Brett Gosper, le grand patron de la ligue en Europe et Pacifique-Asie. Les gens adorent ce sport de contacts et ce n’est pas parce qu’il y a le rugby en France que le football américain ne marchera pas, bien au contraire.”
Vue générale du Super Bowl LX opposant les Seattle Seahawks aux New England Patriots le 8 février 2026 à Santa Clara, en Californie.© Perry Knotts, NFL
Conscient de devoir s’extraire un peu de son marché américano-américain, le foot US a investi le Mexique en 2005, l’Angleterre en 2007, avant d’accélérer la cadence : Allemagne (2022), Brésil (2024), Espagne (2025). Cette saison, la NFL passera par Rio, Melbourne, Mexico, Londres (3 matchs), l’Allemagne, l’Espagne et la France, pays où la comparaison avec le rugby sera inéluctable. La dimension physique, les contacts, le ballon ovale, les plaquages, les gabarits multiples, le jeu de gagne-terrain, balle en main, sont évidemment des points communs. Sauf que nos compatriotes semblent avoir toujours beaucoup de mal à saisir les règles du football américain… “Oui, la NFL est encore obscure pour les Français, admet Rémi Reverchon. Il y a un côté haché très américain : action par action, temps mort régulier, quatre quart-temps… Ce n’est pas un sport linéaire comme le football ou le rugby. Mais quand je regarde du rugby, une fois sur deux je ne sais pas pourquoi l’arbitre siffle une pénalité…” Nous non plus, en fait. “Les diffuseurs auront un rôle important à jouer, on va travailler là-dessus pour que ce soit compréhensible, que la base soit assimilée, assure Brett Gosper. Et c’est toujours plus simple de faire comprendre les choses quand cela se déroule chez vous. On sera en France, avec les équipes NFL, les gens verront les choses ‘en vrai’, cela finira par leur parler.” LA règle la plus basique à saisir ? Lorsqu’une équipe attaque, elle a quatre tentatives pour parcourir dix yards (un peu moins de dix mètres) avec le ballon, et si elle y arrive, elle gagne de nouveau quatre tentatives et recommence ainsi pour aller jusqu’au touchdown, c’est-à-dire à l’essai. Si elle n’y arrive pas, le ballon change de mains et l’autre équipe tente sa chance. Il appartiendra aux diffuseurs d’expliquer les autres subtilités, pas forcément plus indéchiffrables qu’au rugby. Des chaînes de télé qui n’ont jamais été aussi nombreuses en France à s’enticher de la NFL.