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Top 14 – "Peut-être qu’à Montpellier et au Racing, on s’était un peu trompés" : qu’est-ce que l’USAP a changé pour repartir de Toulouse avec un point de bonus défensif
L’essai de Lorencio Boyer-Gallardo est l’illustration du jeu simple mais efficace des Catalans à Toulouse. USAP

Malgré la défaite bonifiée (38-33) sur la pelouse du Stade Toulousain, l’USAP a peut-être trouvé une première réponse à ses difficultés à l’extérieur. Les Catalans ont mis l’accent sur l’agressivité et le combat plutôt que les stratégies complexes. Avec seulement 37 % de possession et beaucoup de cœur, l’USAP a peut-être trouvé son potentiel à exploiter.

Le rugby a parfois cela de paradoxal : malgré les analyses poussées, les heures de réflexion des managers et les stratégies élaborées — dépossession, repossession, intensité courue ou combattue, guerre des airs —, il se résume parfois à des fondamentaux simples : l’agressivité et le combat. Deux fondamentaux régulièrement évoqués, mais qui ne sont pas toujours placés au cœur du jeu.

Laurent Labit l’a concédé ce samedi en conférence de presse après la défaite bonifiée des siens sur la pelouse du Stade Toulousain (38-33). "C'est aussi de notre responsabilité qu’on n’ait pas réussi à faire une telle prestation lors des précédents déplacements, avoue le manager de l'USAP. Peut-être qu’à Montpellier et au Racing, on s’était un peu trompés. On avait insisté un peu trop sur la stratégie, sur le rugby, sur ce qu’il faudrait faire pour essayer de gagner, et pas assez sur l’agressivité, l’état d’esprit qu’on doit avoir avant de parler du jeu. On s’est préparés cette semaine en faisant l’inverse, en priorisant plutôt la physicalité, le combat, la dureté."

Une méthode différente, née des désillusions (50-13 à Montpellier, 55-25 au Racing 92) et des insuffisances relevées par le staff dans la préparation des déplacements. Ce dernier a donc changé de braquet. Pas de grand focus sur l’occupation et la discipline avec une réflexion poussée sur un banc expérimenté comme dans l’Hérault ; pas de grand discours sur l’importance de la possession face aux gros porteurs racingmen ; ni d’occupation à outrance pendant 40 minutes et d’un jeu rapide pendant les 40 autres à Paris.

Un jeu plus minimaliste

À Toulouse, c’était un spécifique solidarité et épaules chaudes. "On l’a vu sur le jeu : on a manqué de précision. Mais en termes de caractère on repart avec ce qu’on était venu chercher", poursuit Labit. Et les chiffres sont éloquents : l’USAP n’a jamais eu aussi peu le ballon (37 %) ni subi autant (34 % d’occupation), a perdu 14 ballons et offert des essais aux Toulousains (Lebel après une pénaltouche pas trouvée et deux essais en contre après un turnover dans la zone 40-40). Pourtant, elle a fini plus fort physiquement et ne meurt qu’à cinq points.

Les Catalans avaient annoncé la couleur : leur déplacement en Haute-Garonne devait servir de test mental. Ils ont eu des réponses parce qu’ils ont résisté pendant 21 minutes sans attaquer, puis ne se sont pas écroulés alors qu’ils étaient menés 38-7 à la 52e minute. À force de subir, ils ont plié et se sont désunis défensivement, avec moins de 80 % de plaquages réussis… sans jamais rompre.

Ballon en main, l’USAP a privilégié le pragmatisme : des séquences rapides lorsqu’elle conservait ses munitions et un minimum de ballons rendus à l’adversaire (14 coups de pied, son plus faible total de la saison). Elle a joué simplement, en envoyant souvent des joueurs lancés à hauteur. C’est comme ça que Lorencio Boyer-Gallardo a passé la ligne, que Mathieu Tanguy a franchi dans l’axe et que Maëlan Rabut est allé à l’essai, notamment. Elle s’est aussi nourrie d’un turnover toulousain. Une efficacité redoutable avec cinq essais en sept entrées dans les 22 m rouge et noir.

"On est capables de faire de belles choses et on le prouve souvent à domicile, avec notre public, analyse Laurent Labit. Et par moments, à l’extérieur, on part sur des stratégies de pur rugby et on oublie parfois de mettre toutes les valeurs et toutes les qualités d’un match. On est capables de le faire chez nous ; à l’extérieur, on ne le fait pas." Dans la méthodologie de travail, dans l’approche rugbystique et dans les têtes, l’USAP s’est trouvé un match référence à l’extérieur pour réussir à le faire. Ce n'est pas un hasard non plus s’il survient après une trêve européenne et avec un groupe de 23 joueurs proche de celui qui avait le mieux fonctionné à domicile. Le tout face à un Stade Toulousain diminué, contrairement à Montpellier qui pouvait compter sur son orgueil touché après la défaite à domicile face à Pau, ou au Racing 92 qui avait tous ses meilleurs porteurs sur le pont. L’USAP a néanmoins peut-être trouvé son déclic. "On ne veut pas traîner le passé. Mon problème, c’est depuis que je suis arrivé", insiste Labit. Le staff catalan tient peut-être enfin les premières clés pour résoudre ce problème.

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