flag
back Retour
"Je sentais qu'il fallait dire stop" : Michael Leconte tire sa révérence après un dernier défi réussi
Michael Leconte arrête la compétition après 19 triathlons Ironman.
Michael Leconte arrête la compétition après 19 triathlons Ironman. © Lucas FARCY

Il voulait terminer sur une bonne note. Après 20 ans à enchaîner les performances impressionnantes en triathlon XXL, au format Ironman (3,8km de natation, 180km de vélo et 42km de course à pied), Michael Leconte vient d’enchaîner trois épreuves en quatre mois. « C’était mon but ultime, avant la fin de ma carrière de compétiteur », résume-t-il.

Michael Leconte a fait son dernier triathlon au Mont-Saint-Michel le 10 octobre 2026. « Mon temps n’est pas mauvais, 11h45′, je suis plutôt content surtout qu’il y a eu beaucoup de vent et que la partie vélo affichait un dénivelé assez important finalement ». Avant cela, l’habitant de Saint-Pierre-en-Val avait terminé le triathlon de Tours le 14 juin, puis l’Embrun Man le 15 août, l’une des épreuves les plus célèbres et difficiles, qui se déroule dans les Hautes-Alpes. « J’avais oublié que c’était aussi difficile », sourit Michael Leconte, qui avait déjà terminé cette épreuve il y a un peu plus de 15 ans. « Je l’ai terminé en 14h13′. J’étais crevé après ça ». La gestion de la fatigue a été l’un des points difficiles de ce défi, avec seulement deux mois entre chaque épreuve : « pendant cette période, il faut récupérer, puis se remettre à l’entraînement », résume-t-il.

« L’élastique était bien tendu »

Avec cet ultime défi réussi, Michael Leconte semble heureux de tourner la page : « ça faisait deux ans que je cogitais. Je sentais que l’élastique était bien tendu et qu’il fallait dire stop ». Sur le plan sportif, le corps des triathlètes est épuisé et la préparation a souvent des répercussions sur d’autres pans de la vie : « depuis 2 ans, je voyais que je commençais à m’isoler ». À l’origine, le triathlon Ironman a pourtant été salvateur pour Michael Leconte, qui a fait sa première compétition en 2008 à Nice. « Je me suis lancé là-dedans à cause d’une épreuve de vie. J’avais besoin d’un défi, pour voir où j’en étais physiquement et psychologiquement ». L’entraînement intensif lui offre alors la possibilité de ne « penser qu’à ça ». S’ajoute à cela des rencontres sur les épreuves, ou avec les associations locales auprès desquelles il s’entraîne, comme le club de natation de Friville-Escarbotin où il verra notamment nager le médaillé olympique Jérémy Stravius.

Fort d’une longue expérience dans le cyclisme, Michael Leconte réalise d’emblée de belles performances, ce qui le motive à poursuivre (son meilleur temps sera 9h35′ à Barcelone en 2018). « Quand on a goûté au triathlon, on rentre dans un cycle infernal », glisse l’athlète qui a dû conjuguer les entraînements -jusqu’à 20h par semaine- avec son travail en équipe à l’usine Verescence de Mers-les-Bains avec une organisation en 5×8 qui implique du travail de nuit. Une passion qui l’aura aussi amené à voyager, de Nice à Gravelines et de Copenhague aux Îles Canaries.

Michael Leconte a passé la ligne d'arrivée pour la dernière fois le 10 octobre en Normandie.
Michael Leconte a passé la ligne d’arrivée pour la dernière fois le 10 octobre en Normandie. ©Transmis par ML
Le triathlète et ses médailles glanées depuis 2018.
Le triathlète et ses médailles glanées depuis 2008. ©Transmis par ML

« J’ai plus de temps et j’ai envie d’aider »

Si Michael Leconte arrête la compétition, il ne laisse pas tomber le sport pour autant et s’est notamment mis au full-contact au sein du club du Tréport. « Et j’ai plus de temps maintenant, j’ai envie d’aider une association, ou pourquoi pas faire du sauvetage en mer, donner un coup de main aux Restos du cœur… ».

Il retiendra de sa carrière les bons moments, sans oublier les sacrifices : « ce sport, c’est un combat contre soi-même. Niveau psychologique, c’est 50 %. Il reste 40 % pour le physique et les 10 % qui restent, c’est un grain de folie. Depuis quelque temps, je n’avais plus trop envie, ça devenait une contrainte et de ne plus voir personne, c’est chiant ».

Cette souffrance dans l’effort a toujours été compensée par la joie de terminer et les encouragements de ceux qui l’accompagnent. À ce titre, le triathlète a pu compter sur les soutiens infaillibles de son parrain, sa cousine, ses amis, David Robart de la Team Baie de Somme ou le club de natation de Friville. Autant de soutiens qui lui ont permis d’atteindre l’âge de 50 ans avec 19 triathlons Ironman à son palmarès.

Vous aimerez peut-être

Route du Rhum: disparitions tragiques, exploits fous et arrivées à couper le souffle, l'histoire ...

GEO il y a 5 heures

Il va relier deux bouées de la Route du Rhum en courant : le courageux défi de Thomas en Bretagne

Actu il y a 3 heures

Œil de lynx et adaptabilité : à la découverte du tir à l'arc 3D avec la nouvelle championne du mo...

Actu il y a 5 heures

Rendez-vous populaire en Gironde, ces courses de Noël signent leur grand retour en 2026

Actu il y a 6 heures