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"L’an dernier, j’ai voté pour lui. Il n’y avait pas mieux, il était le meilleur", confie Simon Ngapandouetnbu. L’an passé, le gardien de Montpellier a porté sa voix à celui de Rodez, Quentin Braat, pour désigner le meilleur gardien de Ligue 2. Ni abstention, ni vote blanc, un bulletin sincère.
Les gardiens se défient de loin, dans un miroir inspirant. Pour mieux se révéler à eux-mêmes. "Entre gardiens, on a une petite compétition. Je vais essayer de faire mieux que lui. Cela m’encourage", précise l’international camerounais (24 ans, 2 sélections).
Ce lundi, au cœur des retrouvailles entre Rodez et Montpellier, les deux hommes rebattent les cartes. Depuis l’été, l’un brille par défaut, l’autre dilate sa présence. La blessure de Quentin Braat, dès la 1e journée, a plombé la défense aveyronnaise, la plus poreuse de Ligue 2 (18 buts). Simon Ngapandouetnbu verrouille à cinq tours l’Héraultaise. Cinq buts encaissés, cinq clean sheet en huit journées et une autorité exponentielle.
Le retour du premier à Saint-Étienne n’a pas épargné la défaite (2-0) aux siens, mais a rassuré. "Dans un puzzle, il peut y avoir des pièces essentielles. Quand vous les perdez, ça peut changer le visage d’une équipe", remarque Zoumana Camara, le coach montpelliérain.
Cet ancien international U19, champion d’Europe au côté de Mbappé, a longtemps attendu son heure. À Niort, où Braat (29 ans) a fait la paire avec Mathieu Michel, ou Oviedo. "Il avait besoin de temps de jeu pour prendre confiance. Aujourd’hui, cet athlétique gardien (1,94 m, 90 kg) est complet. Et c’est un bon mec. Notre brochette de gardiens, à Niort, a gardé un groupe sur WhatsApp", sourit la doublure montpelliéraine.
Longtemps calfeutré dans l’ombre à Marseille, notamment de son idole Steve Mandanda, "Simon" avance à grands pas. Un an après son arrivée, et une adaptation en Ligue 2, il prend un peu plus de place dans le but de Montpellier. "Il me fallait une saison pour m’acclimater. Pour comprendre l’attente du coach, la Ligue 2. Depuis, j’ai progressé au niveau de la concentration. Au niveau de la confiance en moi et celle de mes coéquipiers. Ça aussi me rassure", avoue-t-il. Une saison pour apprivoiser le métier.
Simon Ngapandouetnbu rassure derrière une défense solide autour d’un axe complémentaire Laporte-Mouanga. Et écope quand elle dérive un peu comme devant Grenoble (2-0). "Par sa sûreté, ses arrêts décisifs, il a encore pris plus d’envergure", apprécie Camara.
Sous son flegme et son style, trahis encore par quelques trous de concentration, il affiche une autre maturité. Le Franco-camerounais grandit aussi derrière les Lions Indomptables. Titulaire devant la Côte-d’Ivoire, pour sa 2e sélection dans une cage ouverte au renouvellement, il voit plus loin. Prêt à relever cet autre gant.