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Platini, Noah, Zidane, Worley… depuis 70 ans, le bataillon de Joinville forme l’élite du sport français à Fontainebleau
Près de 200 anciens et actuels membres du bataillon de Joinville étaient réunis à Fontainebleau, pour les 70 ans du bataillon de Jojnville, mardi 13 octobre
Près de 200 anciens (Michel Platini, Daniel Biget ou Eric Carrière) et actuels membres de l’unité (Luka Mkheidze) étaient réunis à Fontainebleau, pour les 70 ans du bataillon de Joinville ©AMSD et JVC/RSM77

Connaissez-vous le point commun entre Zinédine Zidane, Tessa Worley, Michel Platini, Clarisse Agbégnénou ou encore Yannick Noah ? Au-delà d’être des champions dans leurs disciplines sportives respectives, ils sont tous passés par le bataillon de Joinville (BJ). Cette unité militaire d’exception qui, comme son nom ne l’indique pas, est basée à Fontainebleau (Seine-et-Marne) depuis 1967, implantée au camp Guynemer, au sein de l’Académie militaire des sports de la Défense (AMSD).

A Fontainebleau, le bataillon de Joinville, pépinière de talents, a fêté ses 70 ans

Mardi 13 octobre 2026, près de 200 champions d’hier, passés par le bataillon de Joinville et sportifs d’aujourd’hui qui brillent sur la scène nationale et internationale, étaient réunis pour célébrer les 70 ans du BJ. Créée à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) en 1956, l’unité permettait à l’origine aux jeunes sportifs de poursuivre leur carrière, tout en accomplissant leur service militaire.

Michel Platini, passé par le bataillon de Joinville en 1975 est revenu à Fontainebleau pour célébrer les 70 ans de l'unité, ici avec le général Cyrille Becker, commandant de l'AMSD
Michel Platini avec le général Cyrille Becker ©JVC/RSM77

« C’est l’histoire singulière de la rencontre entre les Armées et le sport de haut niveau, entre le service de la Nation et la quête de l’excellence », résume le général Cyrille Becker, qui commande l’AMSD. Deux mondes aux valeurs communes qui, au sein de cette unité, feront naître une véritable pépinière de talents. À la fin du service militaire, en 2002, le bataillon est mis en sommeil, mais son bilan parle pour lui.

Près de 20 500 athlètes passés par le BJ, 45 médailles olympiques, 312 titres mondiaux et près d’un millier de titres nationaux et internationaux. Parmi les figures passées par le camp Guynemer, un certain Michel Platini, qui est revenu au BJ, 51 ans après son passage à Fontainebleau, en 1975.

Michel Platini, passé par le bataillon de Joinville en 1975 était de retour à Fontainebleau pour célébrer les 70 ans de cette unité militaire d'exception
Michel Platini, passé par le bataillon de Joinville en 1975 était de retour à Fontainebleau pour célébrer les 70 ans de cette unité militaire d’exception © Olivier TARBES/AMSD

Le « mur Platini » : mythe ou réalité ?

« J’ai gardé d’excellents souvenirs d’Avon et de Fontainebleau : le bataillon de Joinville, ça marque un homme à vie », confie-t-il. Son passage a même créé une légende au camp Guynemer : le « mur Platini » où Platoche aurait peaufiné sa manière de tirer les coups francs. Interrogé sur son fameux mur, il reste d’abord mystérieux en souriant : « Mythe ou réalité ?….» avant de corriger : « non, j’ai découvert ça dans la presse, je n’ai pas tiré mes coups francs ici… »

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Le « mur Platini », sur lequel de nombreux footballeurs ont joué à Fontainebleau… mais pas Platoche ! ©JVC/RSM77

Mais finalement, qu’importe pour le général Becker : « Il faut laisser vivre la légende et ce qui est sûr, c’est que de nombreux footballeurs l’ont utilisé, nuance-t-il. C’est d’ailleurs pour ça qu’il n’a jamais été détruit. Il restera pour toujours le ‘mur Platini’, au nom de celui qui jouait en D2 à son arrivée au BJ et qui sera sélectionné en équipe de France en quittant Fontainebleau ».

« Un tremplin pour les champions »

Eric Carrière garde de très bon souvenir de son passage à Fontainebleau
Eric Carrière garde de très bon souvenir de son passage à Fontainebleau © Olivier TARBES – OTA AMSD

Eric Carrière non plus n’a pas usé le ‘mur Platini’… «Je n’étais pas un tireur de coups franc, plaisante l’ancien international français qui a évolué à Nantes, Lyon ou encore Lens. Le bataillon de Joinville a été une expérience très enrichissante : je n’oublierai jamais les championnats du monde militaires en Iran… On finit 3e et ça restera gravé dans ma mémoire. Ça fait drôle de revenir ici : c’était Roger Lemerre qui était le responsable à l’époque. »

Le terrain d'honneur porte le nom de Roger Lemerre, passé par le bataillon de Joinville comme joueur puis entraîneur de l'équipe de France militaire
Le terrain d’honneur porte le nom de Roger Lemerre, passé par le bataillon de Joinville comme joueur puis entraîneur de l’équipe de France militaire © Julien van Caeyseele/RSM77

D’ailleurs, gare à celui qui foulait le terrain sans lui avoir demandé l’autorisation. Le stade d’honneur porte désormais le nom de l’ancien sélectionneur, passé par le BJ comme joueur, puis entraîneur national. Mais il n’y a pas que le football qui compte au BJ : des dizaines de fédérations y ont envoyé leurs athlètes.

Jean-Michel Oprendek, ancien escrimeur et entraîneur a passé 9 ans dans l'encadrement du bataillon de Joinville, à Fontainebleau
Jean-Michel Oprendek, ancien escrimeur et entraîneur a passé 9 ans dans l’encadrement du bataillon de Joinville, à Fontainebleau © Julien van Caeyseele/RSM77

L’escrimeur Jean-Michel Oprendek, qui sera ensuite entraîneur, y a passé 9 ans dans l’encadrement : « Je n’oublierai jamais la complicité, la cohésion et la bonne humeur, souffle-t-il. Le bataillon de Joinville a toujours été un tremplin pour les futurs champions ! » Le mur des champions où ont signé les athlètes passés par le BJ en est la preuve.

Les bataillons de Joinville, Antibes et Fontainebleau sont basés au camp Guynemer, au sein de l'Ecole interarmées des sports, à Fontainebleau
Les bataillons de Joinville, Antibes et Fontainebleau sont basés au camp Guynemer, au sein de l’Ecole interarmées des sports, à Fontainebleau © Julien van Caeyseele/RSM77

« Cet anniversaire est l’occasion de faire se rencontrer les anciens athlètes et ceux de la nouvelle génération, explique le capitaine Édouard Billé, commandant du bataillon de Joinville. Yannick Noah, Jackson Richardson, Henri Leconte… ils ont marqué le sport français et le BJ continue sa mission : former les champions de demain. » Alain Prost, Guy Forget, Stéphane Diagana : la liste des célébrités du bataillon est longue.

Daniel Biget, le doyen du bataillon de Joinville
Daniel Biget, le doyen du bataillon de Joinville © Julien van Caeyseele/RSM77

« Le bataillon de Joinville, ça endurcit un bonhomme, confirme Daniel Biget, 99 ans, doyen du BJ. C’est la sublimation par le sport. » Tous les membres, passés ou actuels du BJ sont unanimes. « Ici, toutes les conditions sont réunies pour progresser et réussir, confie le sergent Luka Mkheidze, champion de judo triple médaillé olympique, à Tokyo (2020) et Paris (2024). Entraide, respect, effort : je me suis facilement retrouvé dans les valeurs militaires. »

Le sergent Luka Mkheidze, champion de judo, médaillé de bronze aux Jeux de Tokyo 2021, vice-champion olympique et champion olympique par équipes mixtes aux JO de Paris 2024
Le sergent Luka Mkheidze, champion de judo, médaillé de bronze aux Jeux de Tokyo 2021, vice-champion olympique et champion olympique par équipes mixtes aux JO de Paris 2024 © Julien van Caeyseele/RSM77

Pour le second maître Hugo Boucheron, son passage à Fontainebleau lui a permis de réaliser son rêve olympique. « C’est une chance unique pour une carrière, tonne le champion olympique d’aviron en deux de couple à Tokyo, en 2020. On côtoie des champions et ça fait prendre en maturité, en expérience. J’ai découvert ici le monde militaire, mais toujours avec beaucoup de bienveillance ».

Le second maître Hugo Boucheron, champion olympique en deux de couple lors des JO de Tokyo en 2021
Le second maître Hugo Boucheron, champion olympique en deux de couple lors des JO de Tokyo en 2021 © Julien van Caeyseele/RSM77

Le bataillon de Joinville, Armée des champions

Même pendant la mise en sommeil, du bataillon de Joinville, l’Armée a continué de soutenir des champions. Il sera réactivé en 2015 et est désormais accompagné de la mention « Armée des champions » vu le palmarès de ceux qui sont passés ou qui passent toujours dans ses rangs.

Le bataillon de Joinville a été créé en 1956 à Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne, avant de s'établir à Fontainebleau
Le bataillon de Joinville a été créé en 1956 à Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne, avant de s’établir à Fontainebleau © Olivier TARBES/AMSD

« L’Armée et le sport partagent bien des points communs, comme le dépassement de soi, le goût de l’effort où la fierté du drapeau et de la Nation, conclut le général Cyrille Becker. Ces sportifs sont des exemples pour la jeunesse en continuant de transmettre ces valeurs grâce au sport de haut niveau. »

Le bataillon de Joinville est une des trois composantes essentielles de l‘École interarmées des sports (EIS) qui regroupe également dans la cité impériale le bataillon d’Antibes – pour la formation des moniteurs de sport militaire – et le récent bataillon de Fontainebleau, qui s’occupe de la reconstruction des blessés par le sport.

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