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Frères Lebrun : ce que la psychologie observe sur les frères et sœurs qui passent leur vie en compétition
2024 European Table Tennis Championship, day 6, Linz, Austria - 20 Oct 2024

Depuis plusieurs années, les frères Lebrun font autant équipe qu’ils s’affrontent lors des différentes compétitions auxquelles ils participent. Le 18 octobre, il affrontait le Suédois Anton Kallberg en finale des championnats d’Europe de tennis de table. Il succède ainsi à son frère qui avait été sacré vainqueur deux ans plus tôt. La veille, les deux frères faisaient équipe pour remporter le titre en double. Tantôt en équipe, tantôt l’un contre l’autre, les athlètes sont autant liés par le sang que par la compétition. Mais, même sans les compétitions internationales, il arrive que certains frères et sœurs soient constamment dans l’affrontement et la rivalité. 

Le regard des parents et la naissance de la compétitivité 

Que ce soit consciemment ou inconsciemment, le traitement parental n’est pas toujours le même entre les enfants. En raison du genre, des traits de personnalité, de l’âge des parents, de la situation économique ou de tout autre facteur qui peut peser sur le comportement. En conséquence, les différences de traitement parental sont associées au bien-être individuel et à la qualité des relations fraternelles durant l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte. Une étude publiée dans le Journal of Marriage and Family montrait comment les différences de traitement alimentaient les difficultés émotionnelles et comportementales. En conséquence, le sentiment d'injustice peut alimenter la rivalité, même si les parents ne cherchent pas volontairement à créer de compétition. Par ailleurs, la comparaison affaiblit l’intimité au sein de la fratrie et donc les relations. 

En parallèle, une étude publiée dans la revue Social Development a montré que la perception d'équité parentale est plus fortement liée à l'estime de soi et à la qualité des relations fraternelles que les différences objectives de traitement. En d’autres termes, ces résultats suggèrent que se sentir injustement traité peut être particulièrement important pour comprendre la dévalorisation personnelle et la détérioration des relations fraternelles. 

Se comparer aux autres, un mécanisme naturel 

S’il paraît logique de regarder du côté du modèle parental pour expliquer les relations entre les frères et sœurs, lorsqu’il est question de comparaison et de compétitivité, la famille n’est pas le seul lieu mis en cause. Même lorsque les parents ne comparent jamais leurs enfants, ceux-ci peuvent se comparer spontanément. C’est notamment ce que démontre le psychologue Leon Festinger avec sa théorie de la comparaison sociale. Selon lui, les individus cherchent à évaluer leurs propres opinions et capacités, notamment en se comparant à d'autres personnes. 

Les frères et sœurs sont naturellement des figures importantes de la comparaison. Les chercheurs à l’origine de l’étude publiée dans le Journal of Marriage and Family montrent que les frères et sœurs jouent plusieurs rôles dans le développement de l'enfant, notamment celui de partenaires sociaux, de modèles et d'objets de comparaison sociale. La comparaison, la jalousie et la compétitivité entre frères et sœurs et donc, dans une moindre mesure, naturelle et, surtout, indispensable au développement.

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