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l'essentiel À La Réunion, 28 membres de l’association Canal de Vie ont terminé la Diagonale des Fous en poussant une joëlette avec des personnes en situation de handicap à son bord. Un défi sportif et solidaire mené en soutien à Loïc Liber, grièvement blessé lors des attentats de Montauban en 2012.
Trois jours à lutter contre la pente, la boue et la fatigue sur les sentiers de la Diagonale des Fous. Au terme de 107 km, l’épuisement a laissé place à l’émotion et à la fierté d’avoir relevé le défi. Créée en 2012, l’association Canal de Vie s’est donné pour mission de se mobiliser autour de Loïc Liber, seul militaire survivant des attentats de Montauban. Pour ses membres, cette aventure sportive avait donc un autre sens : témoigner leur soutien à celui qui continue de les inspirer.
"C’est une bénédiction pour lui de savoir que des projets sont réalisés en son nom. Il en retire une grande fierté", explique Éric Bermont, le président. Du 15 au 18 octobre, une joëlette baptisée "Gwadalette" en hommage aux origines guadeloupéennes de l’ancien militaire, a transporté tour à tour huit personnes à mobilité réduite. Parmi les 28 héros, trois étaient eux-mêmes en situation de handicap. Les autres participants se sont répartis les différentes tâches logistiques, de la préparation des repas à la gestion du matériel, en passant par la communication.
Après un départ donné à 21h30, l’équipe a avalé les sept premiers kilomètres sous les acclamations d’une foule nombreuse. "On a rarement l’occasion de vivre ça dans le milieu de la course à pied", raconte Éric Bermont. Malgré des conditions éprouvantes, le groupe a rejoint l’Îlet à Malheur, dans le cirque de Mafate, un lieu isolé accessible uniquement à pied ou en hélicoptère, pour passer la première nuit. Le lendemain, un incident aurait pu mettre fin à leur périple : l’un des bras de la joëlette a cédé. Un habitant est alors venu à leur secours en fabriquant une pièce de remplacement avec des barreaux de vélo. Les membres de Canal de Vie ont ensuite rejoint La Possession, pour une deuxième nuit de repos dans un gymnase, avant d'entamer la dernière étape. Au petit matin, il a fallu puiser dans les dernières réserves d’énergie pour repartir. À l’approche de l’arrivée, des personnes en fauteuil roulant, munies de béquilles ou porteuses de handicaps invisibles les ont rejoints. Tous ont franchi ensemble la ligne d’arrivée, dans un ultime élan collectif.
Pour Éric Bermont, cette performance doit beaucoup à Loïc Liber, dont le courage continue d’inspirer les membres de l’association. "On l'a fait pour lui, car son état de santé décline, mais il continue de se battre" confie-t-il. Au-delà du défi sportif, le président entend aussi faire reconnaître l’engagement de l’ancien militaire, qui a suivi à distance la progression des participants grâce aux photos et aux vidéos reçues. Déjà décoré de la médaille militaire, il mérite, selon lui, de recevoir la Légion d’honneur. "Il a été blessé au nom de la France. Il est temps qu’il reçoive la reconnaissance de l’État" estime son ami de toujours.
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