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Plabennec y reprend goût. Pour la deuxième saison consécutive, le club breton a atteint le septième tour de la Coupe de France. Stoppé il y a un an par Les Herbiers (N1) au huitième tour (1-2), le Stade attend pour le moment de connaître son adversaire du septième prévu le week-end des 14-15 novembre. C'est ce mercredi 28 octobre à 10h30, au stade Roland-Garros de Paris, que le groupe entraîné par Yann Pennes va découvrir l'identité de son futur adversaire dans la compétition. Gare, en tout cas, à celui qui croisera la route de la formation finistérienne ! Le Stade Briochin peut en témoigner.
Après avoir écarté trois de ses acolytes du championnat de Régional 1, le Stade Plabennecois s'est offert le scalp de Saint-Brieuc (National 1) à l'issue de la séance de tirs au but. Le quart de finaliste de l'édition 2025 mis à terre, tout un club regarde désormais vers la suite avec appétit. Et nostalgie ! Car dans cette commune située à une vingtaine de minutes de Brest, on se souvient encore parfaitement de l'épopée de 2009-2010, durant laquelle deux clubs de l'élite du football français avaient été terrassés par les hommes de l'entraîneur d'alors, Franck Kerdilès. Aux commandes de l'équipe fanion depuis 2005, le technicien réussit un premier tour de force en grimpant en National (aujourd'hui Ligue 3) en 2009.
C'est avec ce statut de petit nouveau au troisième échelon hexagonal et de plus petit budget (800.000 euros) que Plabennec, présent trois fois en 32e de finale (1990, 1991, 2006) et une fois en seizièmes de finale (2004) précédemment, démarre la Coupe de France à l'automne. Au septième tour, il prend le dessus sur Montgermont (DES, ex-Régional 2) puis Concarneau (CFA 2, ex-National 2) au huitième. Les portes des 32e de finale s'ouvrent en grand début janvier 2010 et s'invite alors une écurie de Ligue 1 au stade de Kervéguen : l'OGC Nice. Même pas peur. Devant 3000 spectacteurs, les Bretons piègent des Aiglons débarqués sur place trois heures seulement avant le coup d'envoi. Sur une pelouse grasse et à peine déneigée, les deux adversaires se rendent coup pour coup en début de partie. Emmené notamment par Didier Digard, Julien Sablé ou encore David Ospina, Nice pense faire le plus dur quand Loïc Rémy trouve l'ouverture (13e, 0-1).
Les hommes de Didier Ollé-Nicolle passent proches de doubler la mise, mais Plabennec tient bon et s'enhardit. Juste avant la pause, le capitaine local Jean-Marc Abiven surgit pour égaliser (45e). La partie bascule aussitôt dans la folie puisque les locaux prennent l'avantage quelques secondes plus tard. Contre son camp, le malheureux Gérald Cid prend à contre-pied Ospina et pousse un peu plus des Aiglons sans réaction ou presque en deuxième période vers la sortie. Les coéquipiers de Laurent David, l'actuel coach des Herbiers, tiennent leur exploit (2-1) et filent en seizièmes de finale pour poursuivre leur aventure.
Aventure qui se transforme en épopée. Au prochain tour, Plabennec, à la lutte pour le maintien en National, hérite de l'AS Nancy Lorraine, un autre pensionnaire de Ligue 1. Le mercredi 27 janvier, c'est au stade Marcel-Picot que le club breton s'apprête à écrire l'une si ce n'est la plus belle page de son histoire. En Meurthe-et-Moselle, une ASNL certes remodelée par Pablo Correa déjoue et se retrouve dos à dos avec son visiteur du jour à la pause (0-0). L'entraîneur franco-uruguayen fait trembler les murs de l'enceinte nancéienne, mais rien n'y fait : ses joueurs n'y sont pas. Il y a bien une réaction d'orgueil au retour des vestiaires, mais la formation du troisième échelon sent qu'un coup est à faire.
Alors encore quelques secondes, à nouveau, Franck Kerdilès et les siens forgent leur destin. Vincent Créhin est le premier à dégainer à l'heure de jeu (60e), avant que Jean-Michel Abiven ne refroidisse pour de bon l'antre des Rouge et Blanc timidement garni par moins de 5.000 spectateurs (61e, 0-2). "Plabennec mérite largement sa qualification", concède alors l'entraîneur local, tandis que son homologue plabennecois salue une "bande de copains." Parmi les principaux héros de la soirée, Vincent Créhin est sur son nuage : "Battre Nancy après Nice, une nouvelle Ligue 1, c'est clair que cela fait plaisir et venir chercher la victoire ici, ce n'était pas évident. Pour moi, il ne s'agit pas du tout d'un hold-up. Cette victoire n'est certes pas intervenue devant notre public mais nous avions une soixantaine de supporters, cela fait du bien".
Malheureusement pour l'attaquant et sa bande, c'est à nouveau loin du Finistère que la prochaine étape s'inscrit au calendrier. Le 10 février, l'AJ Auxerre d'Ireneusz Jeleń et Benoît Pedretti, future troisième de Ligue 1, met fin à la belle histoire bretonne à l'Abbé-Deschamps (0-4). Mais l'essentiel est ailleurs pour le club, maintenu pour une deuxième saison consécutive en National. S'il n'y en aura pas de troisième, d'autres aventures auprès de la Vieille Dame enrichissent par la suite l'histoire plabennecoise. Par trois fois, ce bastion du football fédéral (à un niveau national de 1993 à 2025) atteint les seizièmes de finale de la compétition : deux fois de suite en 2013 et 2014, puis en 2023. Sans oublier le 32e de finale de 2015.
Un amour de la Coupe de France que souhaite entretenir le groupe actuel. Mais sans s'enflammer. "Pas d'euphorie", a appelé l'entraîneur Yann Pennes auprès de Ouest-France après la qualification contre le Stade Briochin. Car "ce que l’on a réalisé face à Saint-Brieuc, c’est une belle performance, mais ce n’est pas un exploit", a affirmé le coach finistérien, conscient "qu'on ne fait que recueillir les fruits de l’héritage du club en Coupe de France." Présent sur le banc depuis 2024, Yann Pennes ambitionne sans aucun doute d'ajouter sa pierre à l'édifice à cette belle histoire qui commence à durer entre la Vieille Dame et son club.
Lors de l'édition 2009-2010 de la Coupe de France, Plabennec, alors pensionnaire de National, avait terrassé deux clubs de Ligue 1 pour se hisser jusqu'en huitièmes de finale de la compétition. Deux exploits restés dans les mémoire dans le Finistière.