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Souvent, il a galéré sur la Route du rhum, malgré une deuxième place en 2010 : forfait un mois avant l’édition 2014, pour une blessure à la main ; chavirage, en 2018 ; casse au départ, en 2022. Mais pas question pour le « Chacal » d’abdiquer : « Depuis quatre ans, on a amélioré le bateau, au niveau des foils, safrans, dérive, et j’ai appris à mieux le dompter. » Banque Populaire XI a aussi été doté de caméras thermiques et d’un système d’ultrasons pour éviter les collisions : « À tout moment, on risque de taper un mammifère marin, un conteneur, une bille de bois… », explique le vainqueur du Vendée Globe 2016-2017, qui, avec ces innovations, espère titiller le tenant du titre, Charles Caudrelier (52 ans), et son Gitana 18 (record de la transat, avec 6 jours, 19 h, 47 min et 25 s).
Détenteur du Trophée Jules-Verne et du record (tour du monde en équipage, sans escale, ni assistance, en 40 jours, 10 h, 45 min et 50 s), le skipper de Sodebo Ultim 3 attaque sa… 8e édition ! La première s’était achevée en 1998, sur une victoire en Imoca (monocoques) : « Je remplaçais Yves Parlier, blessé. Sans doute faut-il de tels moments, dans la vie, pour qu’une carrière bascule… » La suite de son parcours sur le Rhum sera marquée, entre autres, par trois troisièmes places, en maxi-trimaran. Et une fidélité rare à son sponsor : « Je suis habité par la relation tissée depuis vingt-sept ans avec les trois soeurs qui dirigent Sodebo. On s’est écoutés, entendus, on a grandi ensemble, j’ai répondu à leurs exigences… » Pour être à son maximum, le marin s’appuie sur un préparateur mental. Pas n’importe lequel : « C’est celui de Léon Marchand. »
Télé 7 Jours a un peu influé sur son destin. Il y a deux ans, nous organisions une interview croisée entre elle et l’expérimentée Samantha Davies, avant le Vendée Globe. « C’était rigolo, car je lui avais demandé, entre autres, si elle emportait une ou deux paires de bottes… » Aujourd’hui, Violette Dorange est à la barre d’Initiatives-Coeur, le monocoque que skippait l’Anglaise, à l’époque. Bien sûr, impossible de rivaliser avec les Ultim. Mais Violette vise le top 10 en Imoca, pour cette première expérience. Ses aînés sont admiratifs. « Elle est bluffante dans sa façon d’avancer, sans griller les étapes, » dixit Le Cléac’h. Pour Coville : « Elle est arrivée par la fenêtre de l’influence, du média, avec une capacité à émouvoir et à fédérer. Mais elle bosse beaucoup, et c’est pour ça qu’elle progresse vite. »