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Gomis : "Ne pas tomber dans les pièges liés à la vie de footballeur"

Formé à l’AS Saint-Étienne, Bafétimbi Gomis fait désormais partie du comité de solidarité de l’UNFP et intervient auprès des clubs et des joueurs sur des missions spécifiques avec l’unique syndicat du football professionnel français. Une mission sur laquelle il est revenu dans le podcast de l'Union nationale des footballeurs professionnels.

Bafétimbi Gomis : "C’est une marque de confiance et un honneur que l’UNFP ait fait appel à moi. Mon rôle consiste à apporter un soutien à des jeunes joueurs ou à des joueurs plus expérimentés qui souhaitent suivre des formations ou qui se trouvent dans le besoin, dans des situations précaires. Dans le football, il y a des parcours faits de réussites, mais aussi de moments difficiles. Je pense que c’est aussi notre rôle d’être présents. Je ne suis évidemment pas seul : je suis accompagné de nombreux anciens joueurs. L’objectif est de venir en aide à cette nouvelle génération, de leur apporter un soutien et de contribuer à leur reconversion. Cela permet de faire émerger de belles histoires, avec de futurs entraîneurs, de futurs dirigeants, mais aussi des personnes qui se tournent vers d’autres métiers ou changent de secteur d’activité pour se réinventer. Je trouve cela très positif.

Beaucoup de gens ont l’image des footballeurs millionnaires mais souvent, nous les joueurs, nous n’avons pas reçu d’éducation financière. On ne nous apprend pas à nous exprimer ni à gérer les problèmes auxquels nous pouvons être confrontés durant notre carrière. Certains, parfois mal entourés, tombent aussi dans les pièges liés à la vie de footballeur. Tous les joueurs ne réalisent pas non plus les carrières que l’on voit dans les médias, avec des contrats mirobolants. Une infime minorité gagne des millions. Ce n’est pas facile et tout le monde n’aura pas la chance de jouer à Marseille, à Lyon, à Monaco ou au PSG. Bien-sûr, il existe aussi d’autres clubs qui travaillent bien, où les joueurs sont privilégiés. Vivre de sa passion, se lever tous les matins pour faire ce que l’on aime, c’est une chance. Mon père, par exemple, n’a pas eu cette possibilité. Mais, quelle que soit la rémunération, cela ne dure qu’un temps et il faut préparer l’après-carrière. C’est ce que nous nous efforçons de faire avec l’UNFP.


Le joueur doit conserver cette passion, parce qu’avant tout, le football est un jeu. Pour réussir sportivement ou financièrement, il faut la garder. C’est aussi la performance qui permet de retrouver sa place dans l’équipe et de décrocher de grands contrats (...) Mais on ne réussit pas seul. C’est là tout l’enjeu. J’ai réussi grâce au soutien de mes parents, qui m’ont donné une belle éducation, mais aussi grâce à l’UNFP, qui m’a donné les moyens de m’exprimer et m’a prodigué de précieux conseils sur la ligne de conduite à adopter. Derrière chaque réussite, il y a des personnes qui travaillent dans l’ombre. L’UNFP joue pleinement ce rôle.

Je pense qu’il faut toujours essayer de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Le football est le reflet de la société. Les problèmes que l’on rencontre dans celle-ci se retrouvent aussi dans le football même si les gens ont le sentiment que l’économie d’échelle n’est pas la même. Pour autant, je suis conscient qu'il faut garder à l’esprit que, lorsqu’on joue au football, on a la chance de se lever le matin et d’être très bien payé pour vivre de sa passion. Quand je pense à mes camarades de classe ou à mes anciens coéquipiers qui auraient rêvé de jouer à ce niveau, que ce soit en Ligue 1, en Ligue 2 ou dans un championnat de première division, je me dis que c’est une chance qu’il faut garder à l’esprit.

Pour ma part, le football m’a donné un passeport, et c’est l’une des plus grandes richesses qu’il m’ait apportée. À la fin d’une carrière, ce ne sont pas les titres qui restent, mais les expériences que l’on a fait vivre à sa famille, les émotions que l’on a procurées et celles que l’on a ressenties. C’est cela qui compte au bout du compte. Le reste, on l’oublie : le nombre de buts, les titres remportés… Ce qui demeure, ce sont les émotions. Aujourd’hui, lorsque je me rends à Geoffroy-Guichard, à Marseille ou à Lyon, les échanges avec les supporters me le rappellent. On ne se souvient plus forcément du match ni du but, mais on se souvient de ces moments-là."      

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