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Elle est bien ancrée dans le paysage du football amateur, la bouteille d’eau plastique. Sur la touche, près du but ; parfois agitée pour fêter une victoire dans les vestiaires ; parfois à l’abandon le long de la main courante.
Au Trégor FC (Tréguier, Bretagne), c’est fini. La saison dernière, les joueurs locaux (l’équipe première évolue en Régionale 3) ont adopté la gourde. Et en ce début de saison, le président Pierrick Famel a envoyé un mail aux futurs adversaires des équipes séniors :
Le club ne fournit plus de bouteilles d’eau. S’ils ont des gourdes, ils viennent avec leur gourde, comme ça ils peuvent mettre ce qu’ils veulent dedans, du jus de fruits, un peu de sucre… S’ils n’ont pas de gourdes, on leur en met à disposition, ils prennent l’eau au robinet.
Un choix déjà mis en place au CS Rospez, par exemple.
Un choix écologique et économique : « Ça évite d’avoir des bouteilles vides qui traînent partout, et d’avoir du gaspillage avec des bouteilles qui sont parfois à moitié pleines », expose Pierrick Famel. Il y a une logique :
Les enfants à l’école de foot, ils sont déjà à la gourde depuis plusieurs saisons. Ils n’ont pas de bouteille d’eau. Ce n’est pas cohérent que les gamins aient une gourde, mais qu’en arrivant en senior, ou en foot à onze jeune, ils repassent à la bouteille d’eau.
Le patron du Trégor FC insiste, il n’est pas là pour donner des leçons aux autres clubs : « Je fais mon tripot et chacun balaye devant sa porte ». Mais il met en avant une façon de faire qui n’a « rien d’un grand changement, juste une habitude à prendre. Ce sont des choses qui vont se mettre en place progressivement », imagine-t-il. Et ce même si « en économie financière, sur un budget, c’est ridicule, mais c’est toujours ça de gagné (lire par ailleurs, ndlr) ».
Petite exception : pour une question d’organisation, seuls les arbitres se voient octroyer une bouteille d’eau, « on ne connaît pas trop les arbitres à l’avance ».
Calculer combien de bouteilles d'eau consomme un club de football amateur, ça ne coule pas de source. La soif varie selon les périodes de l'année : "Si c'est en plein hiver, personne ne boit, si c'est en pleine chaleur, tout le monde boit", schématise Pierrick Famel. À Tréguier, "on utilisait à peu près une palette et demie d'eau par saison". À raison de 84 packs de 6 bouteilles d'1,5 L par palette, cela représente, grosso modo, 756 bouteilles, soit 1 134 L d'eau.
Lors de la première journée de la saison en championnat de Régionale 3, Tréguier a reçu le voisin de Servel-Lannion. « Ils avaient vu le mail et ils ont prévu leur eau ». Pierrick Famel n’a « pas eu de retour négatif. Je pense que les gens ont pris conscience qu’il faut faire attention ».
Au Trégor FC, l’arrêt de la bouteille plastique n’est pas lié à la sécheresse des derniers mois, mais cette dernière tend à valider cet ajustement de pratique. « Je n’ai plus un joueur qui demande une bouteille d’eau », constate le président, dont le club recense aux alentours de 240 licenciés.