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Quelques minutes plus tard, l’ancien gardien de l’Olympique de Marseille s’est retrouvé, de facto, titulaire sur le pré de Jean-Dauger, multipliant les remontées endiablées et les dribbles dans l’attaque adverse, devant un public conquis. « C’est fabuleux de voir ces familles avec leurs enfants, il n’y a rien de plus beau que de les voir avec le sourire », se réjouit-il.
« On essaie d’apporter du bonheur à ces enfants malades, de leur amener un petit plus », appuie son cousin Bernard, qui appartient à l’équipe logistique depuis deux décennies. Ensemble, ils tentent de soulager les familles, de les soutenir en leur apportant ces petites bulles d’oxygène. « Il faut qu’ils pensent à eux, ils en ont besoin », poursuit-il.
Installés dans une loge dédiée, les bambins sont descendus afin de procéder à l’entrée des joueurs, t-shirts fluo flanqués du sanglier (la mascotte de l’asso) sur les épaules. Les parents, eux, observaient depuis les tribunes. Comme Mickaël, père d’Angelina et membre de la structure depuis 15 ans. « À l’époque, le quotidien était très compliqué, il y avait pas mal de moments durs à l’hôpital, avec beaucoup de soins », rembobinait le Marseillais, à l’instant même où la foule acclamait Zinédine Zidane, l’enfant de la Cité phocéenne.
Aujourd’hui âgée de 21 ans et toujours handicapée au niveau de la jambe, Angelina est devenue maman. Sa présence au sein de l’asso lui a permis d’y puiser une certaine force. De dépasser ses limites, aussi. « J’ai pu accomplir des choses que je ne pensais pas pouvoir faire. J’ai réussi à skier, sourit-elle. Même s’il y avait des points difficiles, des alternatives handi-ski subsistaient. »
À l’instar des précédentes éditions (de Lens à Monaco, en passant par Bordeaux ou Toulouse), les proches d’Angelina sont venus en nombre à Bayonne. À commencer par son compagnon Simao et son cousin Artus. « L’asso lui a beaucoup apporté, c’est sa deuxième famille », lâche Davy, son oncle toulonnais, habitué à se rendre dans un autre antre du rugby : le stade Mayol. « La preuve, elle est là, elle a tenu à venir, à faire la route. Elle est tout droit venue de Marignane », rappelle-t-il.
« C’est vraiment le moment où on se retrouve tous », embraye Angelina, reconnue par les différents sportifs. « Ça fait tellement d’années qu’on les voit », blague-t-elle. Les autres gamins ont également pu approcher de près ces légendes, ces stars des ballons rond et ovale. Avant, pendant et après. En plus de ces séquences occasionnelles, des voyages sont régulièrement organisés, comme des semaines en montagne, à Serre Chevalier.
De quoi nouer de fortes amitiés. « On est contents de se revoir, on en profite pour se retrouver et passer du bon temps ensemble. Même entre parents, on a créé des liens qui sont indestructibles », insiste Pamela dont le fils, né à cinq mois et demi, a attrapé un virus à la naissance. « Grâce à l’asso, il a pu s’intégrer, faire des rencontres, voir d’autres enfants avec des problèmes ou des handicaps qui ne sont pas comme le sien. Il a eu une autre image. » « On peut se dire qu’il y a parfois plus grave que nous », relativise Angelina.
« Les enfants atteints par la maladie ont cette fibre qui n’existe pas chez les autres », ajoute Pamela, ravie de se retrouver dans la capitale labourdine. « On a été très surpris de partir aussi loin mais partants à fond la caisse parce qu’on voulait connaître cette très belle région, où les gens sont très attachants », glisse la sexagénaire originaire de l’île de Beauté, sociétaire de l’asso d’Olmeta depuis 2009.