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Installé depuis cinq ans en Australie Occidentale, Mathieu Vidal a trouvé à Perth un nouveau cadre de vie, entre océan Indien, surf et grands espaces. Mais le Catalan, croisé ce mercredi avec le maillot de l’USAP sur les épaules, n’a jamais vraiment quitté ses racines.
Il y a des signes qui ne trompent pas. À l’autre bout du monde, sous le soleil de Perth, Mathieu Vidal arbore fièrement le polo de l’USAP. Cinq ans après avoir posé ses valises en Australie, le Catalan n’a rien oublié de ses origines. Pas même à des milliers de kilomètres des Pyrénées-Orientales, où il a grandi dans l’environnement d’une exploitation agricole familiale à Pézilla-la-Rivière. À l’origine, pourtant, l’aventure australienne devait être temporaire. "Je suis venu apprendre l’anglais, sortir un peu de l’exploitation agricole familiale, au Jardin Saint-Jacques, à Perpignan." Une parenthèse de quelques mois, peut-être d’un an. Mais Perth a fini par le retenir. Aujourd’hui, Mathieu travaille dans le secteur de la construction, notamment de hangars et de bâtiments résidentiels. Une nouvelle vie, à laquelle il s’est rapidement adapté. L’Australie-Occidentale lui offre un quotidien différent, rythmé par les choses simples. "C’est se lever le matin très tôt. Pour ceux qui ont la chance et le temps, aller surfer, camper le week-end, jouer avec la famille. Ici à Perth et en Australie en général, les gens se satisfont des choses plus simples." Au-delà des grands espaces, c’est aussi un autre rapport à la vie en société qu’il a découvert. Mathieu évoque une sensation de liberté et de sécurité, ainsi qu’une confiance entre les habitants qui le frappe encore aujourd’hui. Un équilibre qui explique, en partie, pourquoi le voyage initial s’est transformé en installation durable.
Mais vivre à l’autre bout du monde a un prix. Celui de l’éloignement, surtout. "La première chose qui nous manque, ce sont les parents, les sœurs, les grands-parents. Et aussi les racines catalanes qui nous manquent au quotidien." Le soleil de Perth rappelle parfois celui du sud de la France, mais il ne remplace ni les proches ni les repères d’une vie construite de l’autre côté de la planète. Le lien avec le pays, Mathieu l’entretient notamment à travers le rugby. Son polo sang et or en dit long sur son attachement à l’USAP. Et lorsque l’occasion se présente de retrouver l’ambiance catalane, le retour au bercail reste une perspective précieuse. "J’étais à Aimé-Giral le mois dernier quand je suis rentré quelques jours. La Catalogne me manque, mais j’y retournerai", glisse-t-il.
En attendant, c’est un autre rendez-vous ovale qui l’attend. À l’occasion de la journée de repos ce mercredi 21 octobre, alors que la délégation française a rejoint le littoral de l’océan Indien, Mathieu se prépare à soutenir les Bleus face à l’Angleterre. "Je vais passer la journée au stade et j’espère gagner les Anglais, pour faire la plus belle représentation possible."
À Perth, le décor est australien, mais le cœur, lui, reste catalan.