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PORTRAITS. À 42 ans, elle découvre le jiu-jitsu, à 16 ans, il collectionne les podiums : pourquoi les sports de combat séduisent de nouveaux profils dans le Gers

l'essentiel Alors que le Gascogne Fight Team, implanté à Auch et à Barran, fait peau neuve cette saison, le club attire des pratiquants aux profils variés. Parmi eux, Pauline, enseignante de 42 ans et ancienne adepte de la boxe thaïlandaise, et Sofian, 16 ans, qui commence à se faire une place dans le monde de la compétition. Deux parcours différents, mais une même passion qui les lient. Portraits croisés.

Elle n’a pas la hargne d’une combattante. Loin s'en faut. Pourtant, sur le tatami, Pauline enchaîne les prises techniques, cherche à déstabiliser son adversaire et tente de prendre le dessus, sans jamais perdre son calme. Derrière chacun de ses mouvements se dessinent concentration, maîtrise et discipline. Une philosophie qui semble parfaitement incarner celle de la Gascogne Fight Team, un club implanté à Auch et à Barran, où sont dispensés des cours de MMA et de jiu-jitsu brésilien, avec ou sans kimono (gi et no-gi).

Au début du mois de septembre, Pauline a poussé pour la première fois les portes du club. Depuis, elle ne manque presque aucune occasion de fouler le tatami. "C’est très convivial, tout se fait dans la bienveillance. En même temps, c’est un sport très technique, qui demande beaucoup de rigueur. Ici, nous sommes guidés, nous pratiquons en sécurité et tout se fait dans le respect", confie cette ancienne enseignante.

Pauline espère apprendre encore plus au sein de la Gascogne Fight Team.
Pauline espère apprendre encore plus au sein de la Gascogne Fight Team. DDM SEBASTIEN LAPEYRERE

Une discipline qui n’a pourtant rien d’une découverte pour cette sportive habituée aux sports de contact. "J’ai longtemps fait du rugby, puis je me suis tournée vers la boxe thaïlandaise. Mais le club a fermé, alors j’ai cherché une autre activité et je suis tombée sur la Gascogne Fight Team", raconte-t-elle.

Et si les prises peuvent parfois impressionner les spectateurs, Pauline tient à déconstruire certaines idées reçues sur les sports de combat. "Ce n’est pas fait pour faire mal. On s’entraîne avec des partenaires, dans le respect de chacun." Une approche qui semble l’avoir définitivement conquise. Alors que le club propose des entraînements tout au long de la semaine, elle essaie désormais de s'y rendre aussi souvent que son emploi du temps le lui permet.

La compétition en ligne de mire

La même passion anime Sofian. À quelques pas de Pauline, le jeune homme s'entraîne sur le même créneau horaire et enchaîne les prises avec tout autant d'application. Pourtant, ses ambitions diffèrent de celles de l'ancienne enseignante. Car, au-delà du plaisir de pratiquer, Sofian a déjà pris goût à la compétition. Et ses premiers résultats sont prometteurs. "J'ai participé à plusieurs compétitions. J'ai terminé premier en kimono, deuxième en no-gi (sans kimono) et troisième lors d'une autre compétition", raconte-t-il avec fierté.

Sofian participera bientôt à une nouvelle compétition.
Sofian participera bientôt à une nouvelle compétition. DDM SEBASTIEN LAPEYRERE

Sur le tatami, pas question pour autant de brûler les étapes. Ce jour-là, les exercices se concentrent sur les techniques permettant d'amener un adversaire au sol et de se défendre. Un apprentissage indispensable pour ce jeune compétiteur, bien décidé à poursuivre sur sa lancée.

Un club qui veut faire tomber les préjugés

Une ambition partagée par les deux coprésidents du club, Iskander Senoussi et Pierre Grimaldi d'Esdra. Fondée il y a quelques années à Barran par le second et Théophile Joullié, l'association a récemment changé d'identité pour devenir la Gascogne Fight Team. Une nouvelle appellation qui accompagne son développement à Auch, où se concentre désormais une grande partie de ses adhérents.

Sofian, 16 ans, a déjà foulé quelques podiums.
Sofian, 16 ans, a déjà foulé quelques podiums. DDM SEBASTIEN LAPEYRERE

"Nous avons décidé de changer d'identité et de nous rapprocher d'Auch, où nous comptons le plus d'adhérents, notamment des jeunes. Notre objectif est de fédérer davantage de personnes autour de cette discipline sportive et martiale", expliquent les deux coprésidents. Car si le MMA et le jiu-jitsu brésilien suscitent un intérêt grandissant, les préjugés ont encore la vie dure. "Ce sont des disciplines qui se sont surtout développées ces dernières années en France. Il y a encore une certaine méconnaissance et parfois une mauvaise image, héritée notamment des débuts du free-fight. Nous essayons justement de dédramatiser tout cela", soulignent-ils.

Les deux coprésidents du club, Iskander Senoussi et Pierre Grimaldi d'Esdra.
Les deux coprésidents du club, Iskander Senoussi et Pierre Grimaldi d'Esdra. DDM SEBASTIEN LAPEYRERE

Pour cette nouvelle saison, la Gascogne Fight Team entend également franchir un cap sur le plan sportif. Après de premières participations l'an dernier, ses membres souhaitent multiplier les déplacements en compétition, notamment à Bordeaux, Tours ou Perpignan.  Mais cette volonté de développement se heurte à une difficulté bien connue des associations sportives : le manque de créneaux et d'infrastructures disponibles. "Il y a déjà beaucoup de clubs d'arts martiaux à Auch, entre le taekwondo, le karaté ou encore la boxe. Ce n'est donc pas évident de se faire une place lorsqu'on représente une discipline encore relativement nouvelle", reconnaissent-ils.

Les dirigeants tiennent néanmoins à saluer le soutien de la municipalité, qui leur permet aujourd'hui de disposer d'un gymnase. À terme, ils espèrent toutefois bénéficier d'une salle équipée de tatamis permanents. "Pour le moment, nous devons les installer et les ranger à chaque entraînement. Avoir une salle où ils pourraient rester en place serait un vrai confort. Mais nous sommes déjà contents de ce que nous avons et nous avons conscience que nous faisons notre place petit à petit."

Autre défi pour l'association : attirer davantage de femmes sur les tatamis. Avec environ cinq pratiquantes pour une vingtaine d'hommes, la discipline reste encore majoritairement masculine. Mais à en juger par l'aisance de Pauline sur le tatami, la Gascogne Fight Team dispose déjà de quelques arguments pour convaincre les plus hésitantes de franchir le pas.

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