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Rugby – Pro D2 : mené de 22 points après le retour de mi-temps, à Montauban, le Racing Club Narbonnais a montré un caractère énorme pour récolter un point de bonus défensif important
Entré en jeu à la 56e minute, Apisai Naqalevu a réveillé le Racing à Montauban pour obtenir un bonus défensif à Sapiac grâce au doublé du Fidjien. Un beau symbole. L'Indépendant - Jennifer Barcelo

Pour ce déplacement à Montauban, ce vendredi soir à Sapiac, le Racing Club Narbonnais est allé chercher son deuxième point de bonus défensif de la saison à l’extérieur (33-28), après celui à Aix-en-Provence.

Entre la satisfaction et les regrets, il n’y a souvent qu’un seul pas. C’est un peu la soirée vécue par le Racing Club Narbonnais, à Sapiac ce vendredi soir. Face à une équipe de Montauban invaincue à domicile, les Audois ont accroché un deuxième point de bonus défensif cette saison à l’extérieur (33-28). Après celui à Aix-en-Provence, ce 14e point au classement est important pour la suite de la saison. D’autant plus que le retour bredouille n’est pas passé loin lorsque les Tarn-et-Garonnais passent la surmultipliée au retour des vestiaires et augmentent l’écart au score de trois points d’avance à la pause, à 22 après 47 minutes. Deux essais encaissés en quelques minutes, et les orange et noir prenaient un gros coup sur la tête (33-11).

Le doublé dévastateur de Naqalevu

"En connaissant cette équipe, il ne lâche jamais rien", disait le manager Jacques Delmas. Lui, il connaît très bien son équipe. Mieux que personne sûrement. Ses joueurs lui ont fait honneur, surtout ils lui ont montré que ce fameux caractère, demandé toutes les semaines depuis le début de la saison, n’avait pas été qu’un feu de paille contre Brive vendredi dernier (victoire 34-26). Même menés de 22 points, les Narbonnais ont relancé la machine, dans le sillage d’un Apisai Naqalevu déchaîné à son entrée en jeu (56e). Le Fidjien a tout simplement transcendé son équipe, un réveil à coups d’auto-tamponneuse et d’un doublé en quatre minutes (61e et 65e, 33-25). Et puis, après la sirène, et ce carton rouge pour le pilier droit remplaçant de l’USM Amone (80e), Thibault Santoro s’occupe de ramener le Racing à seulement quatre points de Montauban pour empocher ce bonus défensif (33-28).

"Je suis satisfait, prendre un point nous le fêtons. Nous avons bu une bière ensemble, c’est toujours important. Nous avions fait pas mal de coaching, c’était prévu, nous comptons sur tout le monde", soulignait le manager Jacques Delmas. Et au second capitaine de la soirée, après la sortie sur blessure de Stefan Buruiana – touché aux cervicales –, Jules Veyrier de poursuivre : "Quand nous revenons d’aussi loin, c’est qu’il y a du caractère. Nous savons que si nous ne l’avons pas, c’est compliqué en tant que promu. Nous devons le garder, le construire et ne surtout pas le lâcher. L’apport du banc a amené une nouvelle dynamique. Des gros-porteurs nous ont mis dans l’avancée. Et puis, à Aix nous l’avons déjà fait, à Colomiers aussi nous étions revenus. Nous savons ce dont nous sommes capables, ce que nous valons et quand on se met dans le sens de la marche, tout le monde suit".

Je pense que nous aurions pu le faire.

Sauf que dans cette satisfaction, il y a aussi une part de frustration. Non pas de prendre un point de bonus défensif, mais justement d’en prendre qu’un seul. Parce que cette équipe de Montauban a flanché sur la fin de match, elle a été prise par le défi physique mis par le Racing et ce diable d’Apisai Naqalevu. En fin de match, les dix dernières minutes, Narbonne tient le ballon, pilonne la ligne d’en-but de l’USM et s’envoie dans la bataille coûte que coûte pour faire sauter le verrou. Mais les orange et noir ont perdu 14 ballons en tout, donc plusieurs dans les zones de marque. Comme ces deux percées d’Axel Bévia sans suite (7e et 27e), ces deux touches perdues dans les 22 mètres adverses (24e et 49e), cette perte de contrôle de Morgan Maga (39e), ces minutes passées proche de l’en-but (54e). "J’avais dit que je voulais repartir sans regrets, ni remords, je pense que nous en avons un petit peu", pestait Delmas. "Nous avons vu que dans la zone de marque, nous nous sommes précipités. Je l’ai dit à Pablo (Barbaste), nous aurions dû retrouver notre organisation, être patient et construire. Je pense que nous aurions pu le faire".

C’est cette exigence qui amènera le Racing Club Narbonnais vers son objectif de maintien et surtout vers ses ambitions de batailler partout, tout le temps et d’exister. Mais disons-le, ce bonus défensif à Montauban, pas grand monde n’aurait misé dessus. Pourtant, comme à Aix-en-Provence, ces Narbonnais l’ont fait. Et dans une soirée où Béziers (25-27) et Nevers (12-33) ont perdu à domicile. Et pour la suite, ça compte.

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