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« On était tous les deux toute la deuxième partie de course, dans les cinq derniers kilomètres », rembobine de quelques minutes Gaspard Cothias...
« On était tous les deux toute la deuxième partie de course, dans les cinq derniers kilomètres », rembobine de quelques minutes Gaspard Cothias-Faure, le coureur en tête, originaire de Pau. « On n’arrivait pas à se départager avant le dernier kilomètre. On essayait de s’attaquer, un peu comme on le fait à vélo. On attaque et on voit si ça revient derrière. On en était là quand on est rentré dans l’enceinte du Stade de France. » Avant d’arriver sur la piste, les athlètes traversent environ 500 mètres de tunnel. « C’est à ce moment-là qu’il a porté une attaque tranchante où il a réussi à me distancer. Il a commencé à prendre deux, trois secondes d’avance sur moi. »
Quelques instants plus tard, pourtant, Abubakr Abdallah pénètre sur la piste d’athlétisme… derrière son concurrent. La faute à une erreur d’appréciation que d’autres concurrents ont commise ces deux dernières années sur les Voies royales de Saint-Denis. « J’ai vu qu’il se trompait de chemin en suivant la moto qui nous ouvrait la route pendant toute la course. Au moment de rentrer sur la piste, elle a pris une sorte de déviation, comme le font les motos suiveuses à l’arrivée d’une étape du Tour de France. »
Alors qu’il ne reste que 300 mètres à parcourir, le Béarnais apparaît donc en premier sur l’ovale dyonisien, mais il commence à cogiter. « C’est en arrivant dans la dernière ligne droite que j’ai commencé à voir tous les gens m’acclamer et où je me suis dit ‘‘Oh là là ! Mais moi, je devais finir deuxième de cette course, en fait.’’ Dans ma tête j’étais déjà résigné à finir deuxième, je savais qu’il était meilleur que moi. Je le vivais un peu comme une imposture. Je voulais lui rendre ce qui lui appartenait, en quelque sorte. »
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— STADION (@stadion_actu) October 11, 2026
Alors qu’Abubakr Abdallah se trompe de parcours dans le dernier virage, Gaspard Cothias-Faure, en position de gagner… lui laisse la victoire dans les derniers mètres sur les 10 km des Voies Royales de Saint-Denis ! 🤝
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Gaspard Cothias-Faure passe alors de 20 kilomètres à l’heure… à zéro, et laisse son coriace adversaire du jour le dépasser, l’accompagnant même de ses applaudissements. « Personne n’a vu ce qui s’était passé dans le tunnel, donc personne ne comprenait ce que je faisais », sourit cet ingénieur en informatique de 28 ans, adepte d’athlé et de cyclisme depuis ses jeunes années paloises entre l’école Pierre-et-Marie-Curie, le collège Clermont et le lycée Barthou. « À la fin, on est restés ensemble jusqu’au podium. On a pu expliquer ce qui s’était passé. C’était assez cocasse. »
Interrogé par les médias franciliens, présents sur place, le vainqueur final a confié sa reconnaissance. « J’ai beaucoup apprécié son geste, a expliqué Abubakr Abdallah. D’abord, j’étais là pour participer, mais j’étais très heureux de gagner. » Le vrai Coubertin de l’épreuve n’aurait pas été contre, lui non plus, ce qui souligne encore sa manœuvre peu commune. « J’ai déjà gagné un trail et un semi-marathon qui se terminait aussi sur la piste du Stade de France il y a deux ans, mais c’est quand même assez rare de gagner ! », confie celui qui avait commencé la course avec son paternel sur les sentiers de l’agglo paloise.
Cette fois, la victoire est ailleurs, ainsi que le soulignent les nombreuses réactions d’internautes ayant vu la vidéo. « Les deux ont gagné », « un acte classe de fair-play », « j’expliquerai à mon fils que c’est aussi ça être un homme », lit-on entre autres commentaires laudateurs. « Pour le coup, tu te trompes devant moi, je prends le ruban », peut-on aussi relever, dans un autre genre. « C’est assez drôle de voir tout ce buzz autour de la vidéo », s’amuse Gaspard Cothias-Faure, en plein quart d’heure warholien.