Retour
L’affaire a fait le tour d’Europe, elle connaît désormais un premier dénouement. Selon Foot Mercato, les Mossos d’Esquadra, la police catalane, ont identifié le supporter du FC Barcelone qui a frappé Eduardo Camavinga avec la hampe d’un drapeau, dimanche, lors de la victoire du Real Madrid au Camp Nou (1-2). Les services de sécurité du Barça ont participé à l’identification.
La scène s’est produite pendant les célébrations du but décisif de Kylian Mbappé, dans une action où Camavinga avait pesé. Penché au-dessus de la balustrade, le supporter a brandi sa hampe en direction du milieu français, rapporte le site indien Khel Now. Ses coéquipiers l’ont aussitôt éloigné de la ligne de touche.
Le détail ne passera pas inaperçu. L’agresseur appartiendrait à un groupe d’animation de la Grada 1957, la tribune des supporters les plus fervents du Barça. Un symbole embarrassant pour un club qui a beaucoup misé sur cette tribune pour retrouver une ambiance digne de son statut.
Le gendarme du football espagnol n’a pas tardé à réagir. Selon The Athletic, cité par Khel Now, la Liga a transmis l’incident au comité de discipline de la Fédération espagnole (RFEF). L’arbitre Juan Martínez Munuera a, lui, décrit la scène dans son rapport d’après-match, tout comme les jets d’objets.
Pour le supporter, l’addition risque d’être salée. En vertu de la loi espagnole sur le sport, il encourt une amende comprise entre 3 000 et 60 000 euros, assortie d’une interdiction de stade de six mois à deux ans, précise Foot Mercato. Le dossier sera également examiné par la commission de discipline du club catalan, qui pourrait ajouter ses propres mesures.
Le Barça, de son côté, n’est pas à l’abri. Le club attend la décision du comité de la RFEF et s’expose à une sanction disciplinaire, dont la nature reste inconnue à ce stade.
Sur le terrain, ce Clasico a fait mal aux Blaugrana : deuxième défaite en une semaine, après la claque reçue à Paris en Ligue des champions (4-2). En dehors, il pourrait coûter plus cher encore, en image comme en sanctions.
Côté madrilène, on attend désormais des actes. L’image d’un joueur visé par un objet en pleine célébration rappelle les heures sombres du Clasico. Et ravive un débat ancien : celui de la sécurité des joueurs aux abords des tribunes, notamment lors des célébrations près des supporters adverses.
Pour la Liga, l’enjeu dépasse ce seul incident. L’instance présidée par Javier Tebas a fait de la lutte contre les violences et les comportements haineux dans les stades l’un de ses chevaux de bataille, et elle ne peut se permettre de laisser passer un tel geste lors de l’affiche la plus regardée du championnat.
Le verdict de la RFEF est attendu dans les prochains jours. D’ici là, le Barça va devoir gérer une crise de plus. Et à Madrid, ça sent la poudre.