Retour
La scène a de quoi surprendre. Entré à la 70e minute à la place d’Álvaro Carreras lors de la victoire du Real Madrid face au RB Leipzig (4-1), Marc Cucurella a été accueilli par une impressionnante bronca à chacune de ses prises de balle. Dans son propre stade. Mais selon Marca, relayé par Foot Mercato, les sifflets ne venaient pas des supporters madrilènes.
Le mystère s’est vite dissipé. Le dispositif de sécurité prévoyait environ 2 000 supporters de Leipzig dans le haut de la tribune nord. Mais plusieurs centaines d’autres avaient obtenu des billets via la revente, et se sont retrouvés dispersés aux quatre coins du Bernabéu. Résultat : l’impression que les huées venaient de partout.
Et pour cause. Les fans allemands avaient un compte à régler avec le latéral espagnol. Un vieux compte, ou plutôt une plaie jamais refermée.
Retour en juillet 2024. Quart de finale de l’Euro, Espagne-Allemagne, prolongation. Une frappe de Jamal Musiala touche la main de Cucurella dans la surface. L’arbitre ne siffle rien. L’Espagne se qualifie, avant de remporter le tournoi. L’UEFA reconnaîtra plus tard que l’action aurait dû être sanctionnée d’un penalty.
Depuis, Cucurella est devenu l’ennemi public numéro un outre-Rhin. Il avait déjà été copieusement sifflé lors de la suite de la compétition, et chaque match face à une équipe allemande ravive la rancune. La pilule n’est toujours pas passée, plus de deux ans après.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Une fois l’origine des sifflets comprise, les supporters du Real Madrid ont pris le contre-pied. À chaque intervention de Cucurella, ils l’ont applaudi, créant une véritable bataille sonore dans l’enceinte madrilène. Une manière de protéger l’un des leurs. Joli geste.
Le latéral peut d’ailleurs se consoler avec un autre motif de fierté : il figure parmi les nommés au Ballon d’Or 2026, avec trois autres joueurs du Real. Un statut que peu auraient imaginé il y a encore quelques années, quand il était régulièrement critiqué en Premier League.
Cet épisode rappelle à quel point certaines décisions arbitrales laissent des traces durables. Une main non sifflée, et c’est une carrière entière qui se retrouve marquée du sceau de la polémique dans un pays tout entier. Cucurella le sait. Et visiblement, il s’en accommode.
Les réseaux sociaux se sont rapidement emparés de la scène. Les vidéos de la bronca, puis de la riposte des supporters madrilènes, ont circulé en masse dans la soirée. Beaucoup y ont vu une forme de baptême du feu réussi pour un joueur encore relativement nouveau au Bernabéu, et désormais adopté par son public.
Dimanche, au Camp Nou, l’ambiance sera tout autre. Pas de supporters allemands, mais des Catalans peu enclins aux cadeaux face à un joueur du Real. Le latéral espagnol connaît la musique. Après tout, il commence à avoir l’habitude des stades hostiles.